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Articles de l'auteur

Quelques publications et contributions de Igor Delanoë :

 

  • "The Syrian Crisis : a Challenge to the Black Sea Stability", Center for International and Europen Studies, CIES Policy Brief, n° 2, 2014, 8 pages.
  • "Sébastopol : de l'URSS à l'Ukraine, les enjeux du changement de souveraineté de 1991", Cahiers de la Méditerranée, n° 86, décembre 2013, pp. 141-150.
  • "Le partenariat russo-vietnamien et le retour de la marine russe dans les 'eaux bleues' ", Défense et Sécurité Internationale, n° 97, novembre 2013, pp. 54-59.
  • "Cyprus, a Russian Foothold in the Changing Eastern Mediterranean", Middle East Review of International Affairs, vol. 17, n° 2, summer 2013, pp. 84-93.
  • "Les déterminants de la posture de la Russie sur la crise syrienne", Note d'analyse, Fondation Méditerranéenne d'Etudes Stratégiques, 16 juin 2013.
  • "Flotte russe de la mer Noire : vers une "flotte forteresse" à l'horizon 2020", Revue de Défense Nationale, n° 760, mai 2013.
  • "Russie-Israël : les défis d'une relation ambivalente", Politique étrangère, vol. 78, n° 1, printemps 2013, pp. 119-130.
  • "La Russie poursuit ses ventes d'armes au régime d'Assad", Le Figaro, 18 février 2013.
  • "Le partenariat stratégique russo-syrien : la clef du dispositif naval russe en Méditerranée", Note de la FRS, note n° 6/13, 9 pages.
  • "La Russie et Israël : entre méfiance réciproque et coopération bilatérale. Les enjeux d'une relation ambivalente", Recherches et Documents, n° 6/2010, 50 pages.

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Lundi 14 avril 2014

 

Trois bâtiments français croisent actuellement en mer Noire :  le bâtiment de soutien de plongée Alizé, qui a franchi les Détroits turcs le 28 mars dernier, le navire collecteur de renseignements Dupuy-de-Laume, entré en mer Noire le 10 avril dernier, et la frégate de lutte ASM Dupleix, en mer Noire depuis ce jour.

Le destroyer américain USS Donald Cook (classe Arleigh Burke) croise également en mer Noire depuis le 10 avril dernier. (Black Sea News)

Commentaire : la Convention de Montreux (1936) interdit à ces bâtiments de séjourner plus de 21 jours en mer Noire.

 

Les essais en mer du SNLE K-551 Vladimir Monomakh (Projet 955) et du SSGN K-329 Severodvinsk (Projet 885) reprendront cet été. L'admission au service actif du K-551 est toujours prévue d'ici fin 2014 : le submersible devrait procéder auparavant à un tir de missile Boulava. On apprend par ailleurs que le quatrième Boreï, le Kniaz Vladimir (Projet 955M), a complété ses essais hydrauliques à Sevmash (essais débutés en octobre dernier). Enfin, la formation de la coque du troisième Yasen, le K-573 Novosibirsk (Projet 885.1) est achevée. (Ria Novosti)

 

Vendredi 28 mars 2014

 

Mon post sur la situation énergétique de l'Ukraine, publié par Alliance géostratégique. Il s'agit d'une analyse de l'accord signé par Viktor Ianoukovitch et Vladimir Poutine le 17 décembre dernier. Même si cet accord appartient à l'histoire, les tendances de fonds demeurent inquiétantes pour l'Ukraine qui ne bénéficiera plus de la "ristourne" sur le prix du gaz appliquée par Moscou en échange de la location de la base navale de Sébastopol. Bonne lecture!

 

Retrouvez toutes les brèves du Portail

Vendredi 28 mars 2014 5 28 /03 /Mars /2014 15:02

Au cours du référendum organisé le 16 mars dernier en Crimée, près de 96% des votants se sont exprimés en faveur du rattachement de la péninsule à la Fédération de Russie. Au-delà des débats qui entourent les circonstances dans lesquelles est intervenu ce vote, le retour de jure de la Crimée dans le giron de la Russie change la donne maritime russe en mer Noire.

 

Conséquence du résultat du référendum, le rattachement de la péninsule de Crimée et de la ville de Sébastopol à la Fédération de Russie a été officiellement signé le 18 mars 2014 à Moscou par le président Vladimir Poutine.

 

L'accroissement de la puissance maritime russe en mer Noire

 

Le rattachement de jure change la donne maritime pour la Russie en mer Noire :

 

  • La Russie devient l'Etat pontique qui possède le plus long littoral en mer Noire.
  • La Russie retrouve la pleine jouissance du meilleur port pontique, Sébastopol, et de sa base navale. Le site de Sébastopol, qui dispose de 8 baies en eau profonde, est incomparablement meilleur à celui de Novorossisk où une base navale est en cours de construction.
  • La mer d'Azov devient virtuellement une mer intérieure russe, tandis que la Russie contrôle désormais les deux rives du détroit de Kertch.
  • La Russie récupère une partie du plateau continental ukrainien. Le gisement gazier et pétrolier de Pallas situé en mer Noire au large du détroit de Kertch devient russe.

La possession du littoral constitue un des paramètres qui définissent une puissance maritime, surtout dans une mer fermée comme le bassin pontique. En ce sens, le rattachement de la Crimée accroit sensiblement la puissance maritime russe en mer Noire.

 

La fin des forces navales ukrainiennes

 

Avant la crise criméenne, la péninsule était déjà de facto sous le contrôle militaire de la Russie dont les forces armées déployées sur place surpassaient quantitativement et qualitativement les forces ukrainiennes. Compte tenu de la forte militarisation de la Crimée, le fait que l'intervention russe se soit déroulée sans combats meurtriers témoigne du dégré de préparation de cette opération et de la maîtrise des évènement par les forces russes et pro-russes.

 

Au cours des jours qui ont vu se dérouler les évènements ayant abouti au rattachement de la Crimée à la Russie, un certain nombre de bâtiments ukrainiens ont été récupérés par les Russes, ou sont passés à la Russie du fait du ralliement de leur équipage à la Russie. Les forces russes ayant saisi l'intégralité des 193 installations et sites militaires ex ukrainiens en Crimée le 26 mars dernier, un premier bilan peut donc être dressé.

Il convient de rappeler dans un premier temps que 12 000 des 15 450 hommes qui servaient la marine ukrainienne étaient déployés en Crimée. Avant la crise, les forces navales ukrainiennes étaient composées de 17 principaux bâtiments (1 frégate, des corvettes, et 1 sous-marins). Au 26 mars, la marine ukrainienne a perdu 12 de ces 17 unités au profit des forces navales russes.

Voici la liste des bâtiments récupérés par la Russie :

  • Le sous-marin classique U-01 Zaporojhie, devenu le B-435, est désormais rattaché à la 247e division des sous-marins basée à Sébastopol. Ce sous-marin avait été refité par la Russie il y a deux ans. Sa valeur opérationnelle est pratiquement nulle.
  • Le navire de commandement Slavutich
  • Le grand navire de débarquement Konstantin Olchansky
  • Le navire moyen de débarquement Kirovograd
  • Les corvettes Lutsk, Vinnitsa, Khmelnitsky, Ternopol
  • Les corvettes lance-missiles Priluki et Pridnieprovie
  • Les remorqueurs Tchernigov, Guenitchesk et Tcherkassy
  • 38 autres bâtiments de soutien.

La marine ukrainienne ne dispose aujourd'hui plus que de la base navale d'Odessa, et des navires suivants :

  • La frégate Hetman Saihadatchny
  •  3 + 3 (?) corvettes
  • 3 bâtiments de soutien, dont aucun remorqueur

Cette "marine" et en charge du littoral situé entre la frontière avec la Roumanie (ville de Sulina) et celle avec la Crimée.

L'aviation navale ukrainienne basée à terre a réussi à évacuer la base de Saki avant sa prise de contrôle par les Russes. Il en va autrement de certain systèmes d'armements (S-300, Buk-M1) probablement laissés par les Ukrainiens.

L'avenir de la marine ukrainienne est très incertain : elle a perdu ses principales infrastructures navales et ses principales unités.

 

Toutefois, la récupération des unités navales ex ukrainiennes par la flotte russe de la mer Noire ne va pas accroître la puissance de cette dernière. Si la flotte russe de la mer Noire est aujourd'hui une formation obsolète, l'ex flotte ukrainienne l'était encore plus. Les bâtiments récupérés par les Russes seront probablement canibalisés pour entretenir les unités russes en attendant l'admission au service actif de nouvelles unités prévues dans le cadre du programme d'armement 2011-2020.

 

Désormais, la Russie pourra verser de nouvelles unités, déployer de nouveaux systèmes d'armement et moderniser les infrastructures sébastopolitaines sans avoir à demander sa permission à Kiev. Il s'agit bien là d'une conséquence plus importante pour la marine russe que la récupération des unités ukrainiennes. La Russie a d'ailleurs annoncé ce jour qu'elle dénonçait une série d'accords passés avec Kiev, dont l'accord de 1997 sur le partage de la flotte ex soviétique de la mer Noire. L'armée russe a par ailleurs déployé dès le 9 mars une batterie côtière Bastion à Sébastopol, et a annoncé qu'elle entendait baser des bombardiers stratégiques Tu-22M3 en Crimée. Toutes ces mesures auraient été impossibles auparavant compte tenu des restrictions imposées aux forces russes en Crimée par les accords russo-ukrainiens (1997 et 2010).

 

Conclusion

 

Plus que sa puissance navale, c'est surtout la puissance maritime russe qui s'est accrue en mer Noire au lendemain du rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie. En revanche, le potentiel naval russe s'accroit considérablement dans la mesure où la modernisation des infrastructures navales de Sébastopol et la possibilité de pouvoir déployer de nouvelles unités sans aucune contraintes n'entravent plus le développement des forces navales russes dans le bassin pontique.

 

Sources : site officiel de la marine ukrainienne, site officiel de la flotte de la mer Noire, Ria Novosti, IHS Jane's 360.

 

Pour aller plus loin :

L'accord Poutine-Yanoukovitch et la flotte russe de la mer Noire

L'Ukraine retrouve l'usage de son unique sous-marin.

Par Khan - Publié dans : Russie-Ukraine - Communauté : Défense et Géopolitique
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Jeudi 6 mars 2014 4 06 /03 /Mars /2014 16:45

Loin des évènements qui se passent en Crimée et en Ukraine, et alors même que Paris a déclaré que la France n'entendait pas remettre en question le contrat signé avec la Russie au sujet des deux BPC de type Mistral, le premier BPC russe, le Vladivostok, a effectué sa première sortie en mer hier mercredi en fin de journée.

 

Vladivostok-mars-2014.jpg

 

Le Vladivostok photographié le 5 mars 2013 prenant la mer. Source : Libération.

 

Le navire devrait effectuer des essais en mer jusqu'à samedi. Rappelons que le Vladivostok a été mis à l'eau le 15 octobre dernier par le chantier naval STX de St Nazaire, et qu'il doit être remis à la Russie à l'automne prochain. Le second Mistral, le Sébastopol, a été mis sur cale au mois de juin 2013, et doit être livré à la Russie en 2015.

 

Source : Arm-Tass.

Par Khan - Publié dans : BPC pour la Russie - Communauté : Défense
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Lundi 10 février 2014 1 10 /02 /Fév /2014 11:51

La flotte de la mer Noire est mobilisée dans le cadre du vaste dispositif de sécurité qui entoure les JO de Sotchi. Les bâtiments russes assurent une présence dans la partie orientale du bassin de la mer Noire, un région qu'ils connaissent très bien, et où ils vont croiser deux bâtiments de l'US Navy.

 

Le ministère de la Défense russe avait annoncé voilà plusieurs mois que la flotte de la mer Noire serait mobilisée pour assurer le volet maritime du dispositif de sécurité entourant les JO. A l'ouverture des jeux, le vendredi 7 février, ce sont 7 bâtiments de guerre russe qui croisaient au large de Sotchi :

 

- le croiseur lance-missiles Moskva (navire amiral),

- la frégate Pitlivy,

- le petit navire de lutta ASM Alexandrovets,

- le petit navire de lutte ASM Mouromets,

- le remorqueur Kovrovets,

- le remoqueur Turbinist,

- le navire de renseignement Priazovié

 

Sont également rendus disponibles 9 bâtiments stationnés à la base navale de Novorossisk (notamment ceux de la 41e brigade des corvettes lance-missiles), distante de 113 milles nautiques de Sotchi, ainsi que 8 navires du service des gardes frontières du FSB. Rappelons également que le croiseur nucléaire lance-missiles Pierre de Grand (flotte du Nord), qui croise en Méditerranée orientale, fait également partie du dispositif.

 

Tout en assurant une présence au large de Sotchi, ces navires vont être aménés à côtoyer deux bâtiments de l'US Navy, la frégate USS Taylor et le navire de commandement amphibie USS Mount Whitney  (navire amiral de la VIe flotte). Ces deux bâtiments ont franchi respectivement le Bosphore le 5 et 4 février dernier. D'après le site officiel de l'Eucom, le commandement opérationnel américain pour l'Europe, leur présence n'est pas liée à la tenue de JO. Leur déploiement en mer Noire s'inscrit dans le cadre d'une "mission de routine visant à établir et améliorer la coopération, les entrainements mutuels et l'interopérabilité avec les nations partenaires et les alliés". Il n'en demeure pas moins que depuis leur arrivée en mer Noire, ces bâtiments ont réalisé des évolutions au large des côtes abkhazes et à 20 milles nautiques des côtes de Sotchi.

En vertu de l'article 18 de la Convention de Montreux, dont les Etats-Unis ne sont pas signataires, mais qu'ils se sont néanmoins engagés à maintes reprises à respecter, ces deux navires ne pourront rester plus de 21 jours en mer Noire. Ils ne pourront donc rester jusqu'à la fin des JO qui est prévue le 23 mars, après les paralympiques.

 

Au cours de leur séjour en mer Noire, il est également prévu que les bâtiments américains visitent les ports turcs de Sinope et Trébizonde, et très probablement le port géorgien de Batoumi. Il n'est en revanche prévu aucune visite des ports russes et ukrainiens.

Hasard du calendrier ou conséquence de l'arrivée de deux navires américains en mer Noire, la Russie a rappelé la frégate Smetlivy de Méditerranée. Le Smetlivy, qui appartient également à la flotte de la mer Noire, a franchi le Bosphore le 7 février.

 

Côté russe, la présence navale américaine en mer Noire est toujours très mal perçue. Dans le cas de l'USS Taylor et de l'USS Mount Whiney, cette présence est bien jugée comme légale, mais elle n'est une fois de plus pas "bienvenue". Dans le contexte des JO et des évenements qui se déroulent en Ukraine, ce déploiement peut en effet être interprété comme relevant plus de la diplomatie navale et de raisons politiques, que d'un déploiement purement routinier.

 

Sources : Black Sea News, Turkish Navy Net, Eurasianet.org, Eucom.mil

Par Khan - Publié dans : Actualité - Communauté : Défense et Géopolitique
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Lundi 3 février 2014 1 03 /02 /Fév /2014 10:19

Le directeur du bureau d'étude Nevkoe, Sergei Vlasov, a accordé une interview à l'agence d'information RIA Novosti dans laquelle il évoque le coût et quelques spécificités du futur porte-avions russe.

 

Le bureau d'étude Nevskoe (Saint-Pétersbourg) est le concepteur des croiseurs porte-aéronefs soviétiques qui ont été construits à Nikolaïev (Ukraine). Le bureau est aujourd'hui en charge de la conception du futur porte-avions russe. Rappelons qu'à ce jour, aucune décision politique n'a été prise quant à la construction du futur porte-avions en Russie, et qu'aucun budget n'est d'ailleurs prévu à cet effet dans le programme d'armement 2011-2020. 

 

Dans l'interview qu'il accorde à RIA Novosti le 3 février (lien vers l'interview, en russe), Sergei Vlasov évoque le coût du futur bâtiment qu'il évalue entre 100 et 250 milliards de roubles (entre €2,3 milliards et €5,7 milliards), soit du simple au plus du double. Toutefois, d'après le directeur, cette estimation ne tient pas compte de l'armement du futur porte-avions qui est susceptible de faire exploser son coût, "à moins que n'y soient installés que des systèmes de défense anti-aériens". Rappelons que dans la tradition soviétique, les porte-avions étaient des croiseurs porte-aéronefs, et qu'ils étaient donc lourdement armés. Le porte-avions Amiral Kouznetsov est ainsi équipé de missiles "tueurs de porte-avions" P-700 Granit qui peuvent emporter des charges conventionnelles ou nucléaires. Le directeur évoque la nécessité pour la Russie de disposer au minimum de 2 bâtiments basés dans les flottes du Nord et du Pacifique.

 

Le dernier chiffre officiel concernant le coût du bâtiment était celui d'environ €2 milliards, annoncé cet été à l'occasion du salon naval international de Saint-Pétersbourg (voir notre article). L'estimation basse de la fourchette évoquée par le directeur du bureau Nevskoe ne diffère donc pas tellement du coût annoncé précédement. Deux versions ont été évoquées par l'industriel : un porte-avions d'un déplacement compris entre 55 et 65 000 tonnes, qui disposerait alors d'une propulsion de type classique, ou un porte-avions d'un déplacement compris entre 80 et 85 000 tonnes, à propulsion nucléaire. Dès lors, l'estimation basse de €2,3 milliards correspondrait au coût du bâtiment à propulsion classique, tandis que le chiffre de presque €6 milliards serait le montant du porte-avions à propulsion nucléaire. D'après le directeur de Nevskoe, la version de 65 000 tonnes embarquerait entre 50 et 55 appareils, alors que sur la version de 85 000 tonnes seraient basés jusqu'à 70 avions.

 

Le futur porte-avions devrait bien être équipé d'une catapulte, électromagnétique ou à vapeur, qui pemettra à des appareils disposant d'une poussée au décollage inférieure à celle des chasseurs d'être basés à son bord. Toutefois, le directeur n'a pas écarté la possibilité qu'il y ai également un tremplin. Rappelons à ce propos que la Russie a construit un simulateur NITKA près de Ieïsk équipé d'un tremplin. On s'achemine donc vers la présence de ces deux dispositifs sur le futur porte-avions.

 

L'Amiral Kouznetsov est actuellement en déploiement en Méditerranée, et à son retour à Severomorsk, il devrait rentrer en IPER jusqu'en 2019. La Russie sera alors privée d'un outil de puissance, et la nécessité de disposer d'un second PA se fera vivement sentir. Or, d'après le directeur de Nevskoe, entre la conception de l'unité tête de série du projet et son admission au service actif, il faudra compter une dizaine d'année.

 

Source : RIA Novosti.

 

Pour aller plus loin :

La modernisation des forces de surface russes : les nouveaux projets

Une nouvelle maquette du futur porte-avions russe présentée à Saint-Pétersbourg

 

Par Khan - Publié dans : Porte-avions - Communauté : Défense et Géopolitique
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Mardi 21 janvier 2014 2 21 /01 /Jan /2014 14:56

Le volet naval du programme d'armement russe pour la période 2011-2020 prévoit la mise à niveau et la modernisation de grands bâtiments de surface construits par l'URSS, et qui sont aujourd'hui en service au sein des forces navales de la Fédération de Russie. Certaines unités, placées en réserve, pourraient également être concernées.

 

Sur les €120 milliards d'investissements dont la marine doit bénéficier d'ici 2020, près de 30%, soit €40 milliards, serviront à financer la modernisation de bâtiments de surface et de sous-marins ex soviétiques. Les unités de surface concernées par ce programme sont parmi les plus importantes; il s'agit de l'unique porte-avions russe, l'Amiral Kouznetsov, du croiseur nucléaire lance-missiles Pierre le Grand (classe Kirov), des croiseurs lance-missiles de la classe Slava, et des grands navires de lutte ASM de la classe Oudaloy. En prolongeant la durée de vie de ces unités, il s'agit pour Moscou de pallier au manque de capacités hauturières qui risque de se produire à l'horizon 2020 en raison des retards accumulés par les nouveaux projets, dont celui des frégates polyvalentes du Projet 22350. En outre, la mise sur cale d'un destroyer de nouvelle génération n'est pas prévue avant 2015/2016. En ce qui concerne le futur porte-avions, la mise en chantier de l'unité tête de série, si elle a lieu, n'interviendra pas avant 2020/2021. Moscou cherche donc à gagner "à moindre frais" du temps en attendant de disposer d'unités dites de quatrième génération.

Toutefois, les économies coûtent parfois cher...

 

Le porte-avions Amiral Kouznetsov (Projet 1143.5)

 

Le Kouznetsov devait entrer en IPER fin 2013, et être remis en service en 2018. Toutefois, cette opération a été glissée sur la période 2014-2019, et interviendra donc après que le bâtiment soit revenu de son déploiement dans les eaux méditerranéennes. Le bâtiment devrait bénéficier de l'expérience acquise par Sevmash (Severodvinsk) lors de la (longue) modernisation de l'INS Vikramaditiya (ex Amiral Gorshkov). 

Il est prévu que la propulsion du Kouznestov soit changée : le système de propuslion par chaudière à mazout et turbines à vapeur qui équipe le bâtiment est trop peu fiable. Deux options de remplacement sont envisagées : une propulsion classique (COGAG ou CODAG) ou une propulsion nucléaire. Les Su-33 devraient être remplacés par des MiG-29K, et des catapultes devraient être installées. Les missiles anti-navires P-700 Granit, qui peuvent emporter une charge conventionnelle ou nucléaire, seront enlevés afin d'augmenter la capacité du hangar du PA.

admiral kuznetsov

Le porte-avions russe Amiral Kouznetsov. Source : inconnue.

 

Les croiseurs nucléaires lance-missiles du Projet 1144.2, classe Kirov

 

Il existe 4  unités de ce type de croiseur, dont une seule, le Pierre le Grand, est en service comme vaisseau amiral de la flotte du Nord. Le ministère de la Défense russe et OSK (consortium des constructions navales) ont signé au mois de juin 2013 un contrat portant sur la modernisation du croiseur Amiral Nakhimov, qui est la seconde unité du Projet 1144.2. La première unité, l'Amiral Ouchakov (Projet 1144), a été retirée du service en 2004, et la seconde, l'Amiral Lazarev (Projet 1144.2), a été placée en réserve dans la flotte du Pacifique. La modernisation de ces 2 unités est jugée trop coûteuse compte tenu de leur état. Tandis que le bureau d'étude Severnoe (Saint-Pétersbourg) s'est chargé des aspects techniques, c'est Sevmash (Severodvinsk) qui se charge de la mise en oeuvre de la modernisation. D'après le chantier naval, ce sont 70% des équipements de l'Amiral Nakhimov qui doivent être remplacés. Les travaux ont commencé cet été à Severodvinsk, et il est prévu que le bâtiment soir remis en service en 2018.

La modernisation de ce bâtiment de 26 000 tonnes coutera très certainement plus que les 5 milliards de roubles (soit environ €120 millions) mis sur la table par la Russie à l'été 2013. Cette somme permettrait en fait de remettre l'Amiral Nakhimov en état de marche, sans lui apporter de modifications, encore moins de le moderniser. Selon les sources, le coût réel estimé d'un tel chantier se situerait plus entre 40 et 60 milliards de roubles (€950 millions et €1,4 milliard). La marine russe souhaite en effet qu'à l'issu de sa modernisation, l'Amiral Nakhimov puissent emporter jusqu'à 80 missiles de différents types. Des UKSK devraient donc être installés en remplacement des P-700 Granit, et permettraient au bâtiment de mettre en oeuvre des missiles de la famille Kalibr. Il est également prévu d'installer un complexe "Poliment-Redut" (défense anti-aérienne). Un système Pantsir-S1 navalisé devrait également être installé de même que une version navalisée du système de défense anti-aérien S-500 (si cette version est prête d'ici 2018). Le système de propulsion nucléaire du vaisseau ne sera pas changé, mais il sera réparé et modernisé. L'Amiral Nakhimov sera donc en 2018 un croiseur atomique polyvalent, capable d'opérer contre des groupes de bâtiments ennemis en mer, comme de mener des opérations contre des cibles à terre.

Après cette première modernisation, Sevmash a d'ores et déjà prévu de procéder à celle du Pierre le Grand, dont le rôle de vaisseau amiral de la flotte du Nord devrait alors être repris par le Nakhimov modernisé.

Nakhimov.jpg

L'Amiral Nakhimov amarré à Sevmash. Source : Sevmash.

 

Les grands navires de lutte ASM du Projet 1155, classe Oudaloy

 

Il s'agit aujourd'hui des principaux bâtiments hauturiers russes, avec les deux croiseurs du Projet 1164 encore en service, et avec le Pierre le Grand. Sur les 13 bâtiments construits, huit unités sont encore en service, et une est placée en réserve .

Peu de nouvelles informations ont filtré depuis l'article que nous avions consacré en mars dernier sur ce projet.

Pour rappel, le budget prévu est de 2 milliards de roubles par unité (soit environ €50 millions par unité), mais il est probable que ce budget soit sous-estimé dans la mesure où la marine souhaite en fait transformer ces bâtiments en destroyers polyvalents. Des missiles de la famille Kalibr devraient être installés de même qu'un système de défense anti-aérienne S-400 Redut, et un canon A-192. La première unité modernisée doit être remise en service pas avant 2016. Toutefois, fin 2013, les spécifications techniques de la modernisation n'étaient toujours pas prête. On ne sait également toujours pas quel chantier naval sera en charge de la mise en oeuvre de la modernisation. Il se pourrait que ce soit Yantar (Kaliningrad) ou le chantier naval du Nord (Saint-Pétersbourg).


chabanenko   Le grand navire de lutte ASM Amiral Chabanenko. Source : inconnue. Ce sont ces navires qui sont principalement mobilisés pour les missions de lutte anti-piraterie au large de la Corne africaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les croiseurs lance-missiles du Projet 1164, classe Slava

 

La marine russe dispose de 2 de ces croiseurs de 12 000 tonnes : le Moskva, navire amiral de la flotte de la mer Noire, et le Variag, le navire amiral de la flotte du Pacifique.

Fin 2011, le ministère russe de la Défense et le centre de réparation Zvezdotchka (Severodvinsk) ont signé un contrat portant sur la réparation et la modernisation de la troisième unité, le Maréchal Oustinov, rattaché à la flotte du Nord. Le bâtiment, arrivé chez Zvezdotchka en juin 2011, devait initiallement être remis à la marine fin 2013. Toutefois, le chantier naval a annoncé au mois de décembre dernier que, compte tenu de l'étendu des travaux à réaliser, le Maréchal Oustinov ne serait pas disponible avant 2015. Il est notamment prévu de réparer le système propulsion, et de procéder à la modernisation des systèmes d'armement (installation d'UKSK), de navigation et de communication. Fin juin 2013, le bâtiment a été mis à flot à Severodvinsk. Il est prévu que Zvezdotchka se charge de la modernisation des deux autres unités, le Moskva et le Variag, une fois celle du Maréchal Oustinov terminée. Peu d'informations ont filtré sur le coût unitaire de la modernisation de ces bâtiments. Il est donc difficile de savoir concrètement ce que la marine russe veut "mettre" comme nouveaux équipements (canon de 130mm, missiles Klub?).

Une quatrième unité pourrait bien rejoindre la marine russe : le croiseur Ukraine, ex Amiral Lobov, aujourd'hui amarré à quai à Nikolaïev (Ukraine) et achevé à 95% (selon le chantier naval 61 Kommunara). Kiev et Moscou négocient depuis la fin des années 2010 le rachat de ce bâtiment par la Russie après que l'Ukraine ait renoncé à le moderniser pour sa propre marine. En septembre 2013, la partie ukrainienne, qui estime que le navire est achevé à 95%, a proposé de la vendre à Moscou pour 1 milliard de roubles (environ €24 millions). Cependant, fin 2013, les négociations semblaient encore se poursuivre. La signature en décembre dernier de l'accord Poutine-Yanoukovitch pourrait toutefois accélérer le processus, Russes et Ukrainiens s'étant accordés pour intensifier leur coopération notamment dans le domaine des constructions navales.

La Russie aura besoin de ces navires en particulier pour protéger ses futurs Mistrals dont la première unité, le Vladivostok, doit être versée à la flotte du Pacifique en 2015...soit en même temps que la remise en service du Maréchal Oustinov modernisé.

Moskva.jpg

Le croiseur Moskva à Sébastopol. Source : site officiel de la flotte de la mer Noire.

 

Sources : flotprom, rusnavy.com, Interfax, russiadefence.net, Ria Novosti, veille stratégique de l'auteur.

Par Khan - Publié dans : Surface - Communauté : Défense et Géopolitique
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Jeudi 16 janvier 2014 4 16 /01 /Jan /2014 10:02

Les forces de surface russes sont encore aujourd'hui largement composées de bâtiments ex soviétiques de seconde et de troisième génération. Tout comme pour les forces sous-marines, le programme d'armement 2011-2020 prévoit la construction de nouvelles unités dites de quatrième génération, mais il est également prévu de moderniser et prolonger la durée de vie de certaines unités en service ou placées en réserve. Cet article propose un récapitulatif des l'état d'avancement des nouveaux projets en cours de développement pour les forces de surface.

 

Le plan d'armement d'Etat 2011-2020 prévoit que la Russie investisse près de €500 milliards dans la modernisation de ses forces armées, dont environ €120 milliards, soit presque 25%, rien que pour ses forces navales. Environ 47% de cette somme attribuée à la marine (soit €56 milliards) servira à financer la construction de nouvelles unités, tandis que 30% (environ €40 milliards) servira à financer la réparation et la modernisation d'unités en service ou actuellement placées en réserve. Nous proposerons bientôt un article sur la modernisation des unités ex soviétiques.


D'ici à 2020, les forces navales russes de surface doivent recevoir 54 nouveaux bâtiments de combat, dont 20 frégates, 20 corvettes, 10 petits navires lance-missiles et 4 grands bâtiments amphibies. Elles doivent également être dotées de 96 bâtiments de soutien, 21 avions et 54 hélicoptères. Il est aussi prévu de réparer, mettre à niveau et moderniser 65 bâtiments de combat et 74 bâtiments de soutien déjà existants.

Fin 2013, le ministère russe de la Défense avait passé commande pour 41 bâtiments de combat de surface, dont 2 navires d'assaut amphibies universels (les 2 BPC de type Mistral commandés à la France), 2 grands navires de débarquements, 14 frégates, 15 corvettes et 8 petits navires lance-missiles. Sur ces 41 bâtiments, 24 étaient déjà à différents stades de construction, dont les 2 BPC de type Mistral, les 2 grands navires de débarquements, 9 frégates, 5 corvettes et 6 petits navires lance-missiles. Fin 2013, 6 de ces bâtiments avaient déjà été mis à l'eau : 1 BPC, 1 grand navire de débarquement, 1 frégate, 1 corvette et 2 petits navires lance-missiles. Tout comme pour la modernisation des forces sous-marines, le programme de modernisation des forces de surface constitue un défi technique et technologique important pour le complexe militaro-industriel russe.

 

Les frégates

 

Frégates du Projet 22350, classe Amiral Gorshkov

 

Les frégates du Projet 22350 ont été conçues par le bureau d'étude Severnoye et sont construites au chantier naval du Nord (Saint-Pétersbourg). Il s'agit d'un programme entièrement nouveau et qui pose de sérieux défis à l'industrie de la défense russe.

A ce jour, le ministère russe de la Défense a signé un contrat portant sur l'achat de 8 unités. Toutefois, il a été question de considérer l'achat d'un lot de 14 unités. Quatre unités de ce projet sont en cours de construction: l'Amiral Gorshokov (navire tête de série), l'Amiral Kasatonov (mise sur cale en novembre 2009), l'Amiral Golovko (mise sur cale en février 2012) et l'Amiral Isakov (mise sur cale en novembre 2013). Mise sur cale à l'été 2006, l'Amiral Gorshkov a été finalement mis à l'eau en octobre 2010. Outre les problèmes de financements qui ont retardé la construction de cette première unité, le retard constaté dans l'admission au service actif de l'Amiral Gorshkov serait causé par l'équipementier Almaz-Antey qui n'a pas livré le complexe anti-aérien Poliment-Redut dans les délais. La livraison du canon A-192 Armat a également connu des retards qui ont repoussé d'autant le début des essais en mer.

Au mois de novembre 2013, la frégate poursuivait ses essais à quai à Saint-Pétersbourg. La fin des essais de cette première unité est prévue pour le printemps 2014 avec une admission au service actif au sein de la flotte du Nord prévue pour l'automne 2014. Ce calendrier paraît toutefois bien optimiste. Suivant les sources ouvertes considérées, la seconde frégate, l'Amiral Kasatonov, pourrait être affectée à la flotte du Nord, à celle du Pacifique, voire à celle de la mer Noire. En revanche, la troisième unité et quatrième unité devraient être versées à la flotte du Nord. En ce qui concerne l'affectation des autres unités, peu d'informations ont été données.

Côté armement, les frégates du Projet 22350 seront notamment dotées du système 3R 14 UKSK, le VLS russe, et elles mettront en oeuvre les missiles surface-surface SS-N-26 Yakhont (Onyx P-800), SS-N-27 Sizzler (3M54 Klub) et les rockets ASM SS-N-29 (RPK-9 Medvedka).

Il est prévu de mettre sur cale 2 unités en 2014 (la cinquième unité devrait porter le nom de Amiral Youmachev), avec une admission au service actif prévue pour 2017. Deux autres unités devraient être mises sur cale en 2015, et leur admission au service actif serait prévue pour 2018. Compte tenu du rythme de construction actuel, l'objectif de 8 unités sera difficilement atteint d'ici 2020 : il est plus probable qu'il le soit vers 2023.

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La frégate Amiral Gorshkov à quai au chantier naval du Nord, novembre 2013. Source : airbase.ru

 

Frégates du Projet 11356M, classe Amiral Grigorovitch

 

Ces frégates multi rôles, également développées par le bureau Severnoe, sont des version améliorées des frégates soviétiques de type Krivak (Projet 1135 et 1135M). Il s'agit donc d'un programme de bâtiment de troisième génération dont le développement se déroule globalement selon le calendrier prévu. La marine russe devrait recevoir 6 unités de ce type d'ici 2020, toutes destinées à la flotte de la mer Noire.

A ce jour, 5 unités sont en cours de construction au chantier naval Yantar (Kaliningrad). La première unité, l'Amiral Grigorovitch, a été mise sur cale au mois de décembre 2010, et devrait être admise au service actif en 2014. Elle n'a toutefois toujours pas été mise à l'eau. L'Amiral Essen a été mise sur cale en juillet 2011, l'Amiral Makarov, en février 2012, l'Amiral Butakov, en juillet 2013, et l'Amiral Istomin, en novembre 2013. Il est prévu que la 6e unité, l'Amiral Kornilov, soit mise sur cale à l'hiver 2014.

Ces frégates mettent en oeuvre le système Shtil dont les VLS seront probablement équipés avec des missiles Buk-M3. Elles mettront également en oeuvre à partir de leurs VLS des missiles anti-navires SS-N-26 Yakhont (P-800 Onyx) et de  missiles SS-N-27 Sizzler (3M54 Klub).

Ce programme de construction de frégates semble réalisable dans les délais fixés. Si le lot de 6 unités ne sera probablement pas livré dans son intégralité d'ici 2016, il le sera d'ici 2020, voir dès 2018.

 

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Frégate du Projet 11356M. Source : sdelounas.ru

 

Les corvettes

 

Corvettes du Projet 20380 et 20385, classe Steregushchiy

 

Ces corvettes sont parfois classées comme des frégates par les experts navals occidentaux.

Ce projet a été conçu par le bureau d'étude Almaz, et les corvettes sont construites au chantier naval du Nord (Saint-Pétersbourg) et au chantier naval de l'Amour (Komsomolsk sur l'Amour). Les unités du Projet 20385, version améliorée du Projet 20380, sont en revanche construite uniquement au chantier naval du Nord.

A ce jour, la marine russe dispose dejà de 3 unités, les corvettes Steregushchiy (ASA 11.2007), Soobrazitelniy (ASA 10.2010) et Boikiy (ASA 05.2013), toutes en service dans la flotte de la Baltique. Le ministère de la Défense russe a signé un contrat portant en tout sur l'achat de 18 unités : 8 du Projet 20380 (dont les 3 déjà en service), et 10 du Projet 20385.

En ce qui concerne le Projet 20380, la construction des unités avance plus rapidement à St Pétersbourg où la corvette Stoïkiy a été mise à l'eau en mai 2012. Ses premiers essais en mer dans le golfe de Finlande ont débuté fin décembre 2013. Son admission au service actif au sein de la flotte de la Baltique est prévue pour le premier semestre 2014. Il convient de remarquer que le retard constaté entre la mise à l'eau et le début des essais en mer a été causé là aussi par des délais supplémentaires demandés pour la livraison du canon A-190 par Arsenal (St Pétersbourg) qui a perdu le marché au profit de Burevestnik (Nijni-Novgorod) en 2011. La corvette Sovercheniy, pourtant mise sur cale avant la corvette Stoïkiy, est toujours en cours de construction au chantier naval de l'Amour où a également été mise sur cale la corvette Gromkiy en mai 2012. Le chantier de Komsomolsk sur l'Amour devrait par ailleurs procéder à la mise sur cale des 2 dernières unités du Projet 20380 en 2014 avec une livraison prévue pour 2017. Toutes les unités construites dans ce dernier chantier sont destinées à la flotte du Pacifique.

Les 10 unités du Projet 20385 devraient toutes être construites par le chantier naval du Nord qui a déjà mis sur cale les 2 premières unités, les corvettes Gremiashchiy (02.2012) et Provorniy (07.2013). Toutefois, cette version améliorée du Projet 20380 a été critiquée pour son coût jugé trop élevé (environ $450 millions par unité). Trois nouvelles unités doivent être mises en chantier en 2014 (la prochaine unité ayant reçu le nom de Sposobniy). Les dernières corvettes de ce type doivent être livrées en 2019. Il y a peu d'informations sur leur affectation.

En terme d'armement, les corvettes du Projet 20380 mettent en oeuvre des missiles anti-navires SS-N-26 Yakhont, des rockets ASM SS-N-29 et disposent d'un système de lutte anti-aérienne Kashtan-M.

Les unités du Projet 20385 bénéficient d'un armement plus conséquent avec un système VLS Redut (missiles surface-air 9M96), et des VLS qui mettent en oeuvre des missiles anti-navires Onyx et des missiles de la famille Kalibr.

 

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La corvette Stoïkiy (Projet 20380) se prépare pour les essais en mer en décembre 2013. Source : russiadebate.com

 

Petits navires lance-missiles du Projet 21631, classe Buyan-M

 

Ces navires sont parfois considérés comme des corvettes. Ils ont été conçus et sont construits par le chantier naval Gorki de Zelenodolsk. Le ministère russe de la Défense a passé commande pour 8 unités. Les deux premières unités, le Grad Sviazhsk et le Ouglich, ont accompli avec succès leurs essais en mer en janvier 2014, et devraient être affectées à la flottille de la Caspienne cette année. Les 2 suivantes, le Velikiy Oustioug (mise sur cale en août 2011) et le Zeleniy Dol (mise sur cale en août 2012), seront également affectées à la flottille de la Caspienne. Les 4 unités suivantes devraient quant à elles être affectées à la flotte de la mer Noire. Le Serpukhov a été mis sur cale en janvier 2013, et sa mise à l'eau est prévu pour cette année. La sixième unité, le Vichniy Volochek, a été mis en chantier au mois d'août 2013 : sa mise à l'eau devrait avoir lieu en 2015. Les deux dernières unités devraient être livrées en 2016.

Ces corvettes mettent en oeuvre des VLS équipés de missiles Onyx et Kalibr.

 

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La corvette Grad Sviazhsk, janvier 2014. Source : service de presse du district militaire Sud

 

Les forces amphibies

 

Navire d'assaut amphibie universel, type Mistral.

 

La Russie a passé commande en juin 2011 de 2 BPC de type Mistral pour un montant de €1,2 milliard. Les navires seront construits par STX à St Nazaire (80% pour la première unité, 60% pour la seconde) et par l'usine de la Baltique (St Pétersbourg) dans le cadre d'un transfert de technologies. La première unité, le Vladivostok, a été mise sur cale en février 2012, et mise à l'eau en octobre 2013. Ses essais en mer doivent débuter au printemps prochain, et son admission au service actif devrait avoir lieu à l'automne 2014. La seconde unité, le Sébastopol, a été mise sur cale en juin 2013. Sa mise à l'eau devrait intervenir en octobre 2014, et son admission au service actif est prévue pour 2015. Ces deux bâtiments seront affectés à la flotte du Pacifique. La commande de 2 unités supplémentaires, si elle a lieu, interviendra après que la marine russe ait pratiqué les 2 premiers BPC, soit fin 2015/début 2016. Nous avons abordé cette question, ainsi que celle de l'armement et des moyens amphibies dans un article posté précédemment.

 

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Le futur BPC russe. Source : DCNS.

 

Grand navire de débarquement du Projet 11711, classe Ivan Gren

 

Il s'agit là d'un des programmes de construction de bâtiments de surface les plus compromis.

L'Ivan Gren est un  bâtiment dérivé du projet 1171 soviétique de grands navires de débarquement. Il a été conçu par le bureau d'étude Nevsky et c'est le chantier naval Yantar (Kaliningrad) qui se charge de sa construction. A l'origine, la marine comptait commander 6 unités de ce type. Toutefois, compte tenu des retards et problèmes accumulés par l'unité tête de série, l'Ivan Gren pourrait bien rester la seule unité de ce projet. L'Ivan Gren a été mis sur cale en décembre 2004, et sa construction a été ralentie pas des problèmes de financement ainsi que par des changements de spécifications intervenus au cours de sa construction. Le bâtiment a finalement été mis à l'eau au mois de mai 2012. Les essais du navire qui ont lieu à Yantar à l'automne 2013 ne se sont pas avérés concluants puisqu'au mois de janvier 2014, le chantier naval annoncé que la livraison du bâtiment n'interviendrait pas avant 2015. Une explication mise en avant pour justifier ce nouveau retard serait que les militaires russes souhaiteraient disposer d'un navire doté d'une plus grande autonomie afin qu'il soit capable d'opérer sur des théâtres navals éloignés. Autrement dit, basé en mer Baltique ou en mer Noire, l'Ivan Gren devrait pouvoir facilement opérer en Méditerranée, voire au large de l'Afrique. Selon certaines sources, la quille de la seconde unité aurait bien été posée, mais la construction immédiatement gelée en attendant la mise en exploitation de l'Ivan Gren

Comme indiqué auparavant, ce type de bâtiment devait prioritairement être affecté à la flotte de la mer Noire et la flotte de la Baltique en remplacement des grands navires de débarquement des projets 775 et 1171 à bout de souffle.

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L'Ivan Gren. Source : inconnue

 

Le futur destroyer

 

Les destroyers actuellement en service dans la marine russe sont les Sovremenny (Projet 956) qui ne prennent en fait jamais la mer dans la mesure où leur système de chaudière est très peu fiable. Sur les 17 unités entrées en service entre 1980 et 1993, seules 5 unités restent officiellement encore en service. Ces bâtiments constituaient, avec les grands navires de lutte ASM du Projet 1155 (type Oudaloy) l'épine dorsale de la flotte hauturière ex soviétique.

La mise en chantier d'une nouvelle génération de destroyers fait partie du plan d'armement 2011-2020 qui prévoit le début de la construction en série à compter 2019. Le bureau d'étude Severnoe (Saint Pétersbourg) est en charge de la conception du bâtiment, et c'est probablement le chantier naval du Nord (Saint-Pétersbourg), fort de sa longue expérience dans la construction de destroyers (destroyers de l'époque impériale, destroyers soviétiques du Projet 956, et frégates du Projet 22350), qui devrait se charger de la réalisation des navires. Le design du bâtiment doit être révélé en 2014, et la construction de la première unité devrait par la suite avoit lieu en 2015/2016. Mais que sait-on sur ce futur destroyer en ce début d'année 2014 ?

Les travaux de conception du bâtiment se poursuivaient encore fin 2013 : au mois de septembre 2013, le commandant en chef de la marine russe, l'amiral Viktor Tchirkov, s'est rendu chez Severnoe. Suite à cette visite, son porte-parole a indiqué que la propulsion du bâtiment pourrait bien être nucléaire, mais qu'une propulsion classique était également considérée. 

D'après les différentes pistes évoquées, le futur destroyer pourrait disposer aussi bien d'un tonnage de 7 500 tonnes (propulsion classique) que d'un tonnage deux fois supérieur, soit 15 000 tonnes (propulsion classique de type CODAG ou propulsion nucléaire). Toutefois, l'hypothèse d'un bâtiment disposant d'un déplacement de 12 000 tonnes semblent la plus probable, ce qui le rapprocherait des croiseurs lance-missiles de type Moskva (Projet 1164).

Severnoe devrait proposer un destroyer polyvalent, disposant de capacités ASM, anti-surfaces et anti-aériennes, et qui pourrait en outre mettre en oeuvre une défense anti-missile (on parle notamment d'y installer un système S-500 Prométhée, qui dispose de la capacité de traiter jusqu'à 10 cibles sur une portée de 600 km). Le bâtiment devrait être équipé en UKSK qui pourrait tirer des missiles de la famille Kalibr ainsi que des missiles anti-navires Onyx. Il serait également doté du système SAM Poliment-Redut développé par Almaz-Antey. Le destroyer devrait enfin être équipé du système de combat Sigma qui est graduellement installé sur les bâtiments de guerre russe.

Une des missions assignées au futur destroyer sera la protection des BPC de type Mistral russe, ainsi que celle du, voire des, groupes aéronaval(s) russe(s). En ce qui concerne le coût du bâtiment construit en série, certains experts avancent la somme de €1 milliard à €1,5 milliard par unité. En terme de nombre d'unité, il serait question de construite d'ici à 2030 jusqu'à 16 unités de ce type. Là encore, un véritable défi pour le complexe militaro-industriel et l'économie russe.

Nous avons consacré un article aux pistes envisagées pour le design du bâtiment en 2013.

 

Le futur porte-avions

 

En 2008, le commandant en chef de la marine russe, l'amiral Vladimir Vissotsky, avait déclaré que la Russie aurait besoin de 6 groupes aéronavals d'ici à 2030. Cette déclaration reflétait au passage l'assimilation au sein de la pensée navale russe du concept américain de groupe aéronaval. Toutefois, au mois de novembre 2013, le vice premier ministre Dmitri Rogozine rappelait, tout en mettant en doute la nécéssité pour la Russie de disposer d'un tel bâtiment, que la décision portant sur la construction d'un nouveau porte-avions n'avait pas encore été prise et qu'elle était avant tout politique.

Il convient de rappeler que le programme d'armement d'Etat 2011-2020 n'a prévu aucune forme de financement pour la construction d'un porte-avions. Le sujet alimente les débats au sein de l'élite politico-militaire russe en cette période de crise économique. Il n'en demeure pas moins que le ministère de la Défense russe a lancé les études concernant le développement d'un tel bâtiment.

En 2012, l'institut Krilov a ainsi développé conjointement avec le bureau d'étude Nevski (tous deux sont basés à Saint-Pétersbourg) un avant projet de porte-avions nucléaire d'un déplacement de 60 000 tonnes. Ce projet n'aurait cependant pas donné satisfaction à la marine dans la mesure où il s'inspirait encore trop de l'Oulianovsk, l'unique porte-avions nucléaire soviétique, mis sur cale en 1988 et jamais achevé. Ce projet reposait donc sur des technologies des années 1980, alors que la marine russe souhaiterait disposer d'un bâtiment pouvant rivaliser en terme de technologies avec la nouvelle génération de porte-avions américains de classe Gerald Ford. Fin 2013, les travaux portants sur la conception du futur porte-avions russe se poursuivaient, mais aucune décision quant à sa construction n'avait encore été prise. En revanche, le programme de constructions navales d'ici à 2050 devrait prévoir le développement d'un tel bâtiment. Il faudra atteindre également de voir si le plan d'armement 2016-2025 prendra en compte la construction de porte-avions. En tous les cas, si ils sont construits, les porte-avions russes seront déployés dans les flottes du Nord et du Pacifique.

D'après les dernières informations ouvertes disponibles, le design du futur PA sera présenté courant 2015, tandis que toutes la documentation technique serait prête pour 2018. La construction de la première unité pourrait débuter en 2020/2021, avec une mise à l'eau intervenant en 2024 et enfin, la livraison de la première unité vers 2027.

A quoi ressemblera le futur porte-avions russe ? Nous avons publié cet été sur ce blog un article concernant le design probable du bâtiment. Rappelons qu'à ce jour, deux options semblent se détacher : un porte-avions d'un déplacement de 60 000 tonnes, donc assez proche de celui du Kouznetsov, ou un porte-avions d'un déplacement de 80 000 t et d'environ 300 à 320 mètres de long.

Afin de construire le futur PA, l'industrie navale russe devra apprendre à mettre en oeuvre la construction sous forme de blocs. En ce sens, elle devait bénéficier de l'expérience acquise lors de la construction des BPC de type Mistral. Plus généralement, la construction de navires par blocs devrait être progressivement introduite dans les chantiers navals russes, d'abord pour les unités de taille modeste (corvettes) puis pour les unités plus importantes (frégates) avant de concerner le futur destroyer.

Le futur porte-avions embarquera entre 25 et 40 appareils qui seront soit des MiG-29K, soit des T-50 navalisés. En ce qui concerne l'entrainement des pilotes, la Russie construit un nouveau simulateur terrestre NITKA sur une base aérienne à côté de Ieïesk (kraï de Krasnodar) qui devrait être pleinement opérationnel en 2015. Moscou s'affranchit ainsi des installations situées en Crimée.

Enfin, le bâtiment devrait également intégrer des systèmes anti-aériens et une défense anti-missiles (S-500 ?). Concernant le coût unitaire du PA, aucune nouvelle information n'est apparue : nous pouvons donc rester sur le chiffre d'environ €2 milliards donné cet été.

 

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Une maquette du futur PA russe présenté lors du salon naval international de St Pétersbourg cet été. Source : flotprom

 

Sources : flotprom, RIA Novosti, Interfax, Voice of Russia, Izvestia, Pravda, Russian Military Reform, Russian Defence.net, Rusarmy.com, IHS Jane's 360, veille de l'auteur.

Par Khan - Publié dans : Surface
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Jeudi 19 décembre 2013 4 19 /12 /Déc /2013 09:38

L'accord russo-ukrainien signé le 17 décembre dernier à Moscou entre Vladimir Poutine et Viktor Yanoukovitch porte non seulement une importante aide économique russe à Kiev, mais également sur la coopération militaro-technique entre les deux pays. Les deux chefs d'Etat se sont notamment mis d'accord pour accélérer les discussions portant sur les modalités du remplacement des unités russes de la flotte de la mer Noire basées en Crimée.

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Les plus importantes unités de la flotte de la mer Noire (croiseur, grands navires de lutte ASM, grands navires de débarquement) sont aujoud'hui stationnées en Crimée, à Sébastopol, qui demeure en outre le quatier général de la flotte russe. Aux termes de l'accord de Kharkov signé en avril 2010 par Dmitri Medvedev et Viktor Yanoukovitch, la Russie dispose des installations militaires criméennes jusqu'en 2042, avec une option pour 5 années supplémentaires.

Si cet accord avait alors permis de normaliser les relations entre Kiev et Moscou mises à mal suite à la révolution orange de 2004, il ne réglait en rien, tout comme le précédent accord russo-ukrainien de 1997, la question de la modernisation de la flotte russe en ne fournissant aucun cadre juridique au remplacement des unités basées en Crimée. Tandis que Kiev défendait le principe du remplacement "type pour type" des navires, Moscou insistait sur son droit à désarmer et remplacer les navires sans contraintes de nombre ni de type. Pour la Russie, qui a entamé un vaste programme de modernisation de ses forces navales, il est essentiel de pouvoir disposer librement des installations navales sébastopolitaines, d'autant plus que la nouvelle base navale de Novorossisk, située sur les côtes russes de la mer Noire, n'est pas encore opérationnelle. Moscou a prévu de mettre en service jusqu'à 18 nouvelles unités en mer Noire d'ici à 2020. Les premiers nouveaux bâtiments devraient arriver en 2014 : le sous-marin classiques B-261 Novorossisk (Projet 0636.3), suivi probablement par le B-237 Rostov-sur-le-Don (même type). Pour les unité de surface, la première des 6 frégates du Projet 11356, l'Amiral Grigorovitch, pourrait également être admise au service actif en mer Noire d'ici la fin 2014.

 

L'accord Poutine-Yanoukovitch et la modernisation de la flotte russe de la mer Noire

 

Il convient de noter que l'accord du 17 décembre, tout en ne réglant pas les modalités du remplacement des unités russes, ouvre la voie au renforcement des positions navales de Moscou en Crimée, et plus largement, en mer Noire.

Le document évoque tous les sujets de litiges russo-ukrainiens autour du stationnement de la flotte russe en Ukraine, sujets qui entravent le développement des relations bilatérales, mais aussi qui gènent l'activité navale russe en Crimée. Les articles II-20 à II-23 prévoient ainsi que, d'ici la fin du premier trimestre 2014, les deux gouvernements signent des accords biltéraux portant sur les taxations et droits de douane qui pèsent sur l'entrée de matériels militaires russes en Crimée, et qu'un inventaire des installations utilisées par l'armée russe soit réalisé. Il est également prévu qu'un accord bilatéral réglementant les allers et venus des navires, avions et personnels militaires russes depuis et vers les installations criméennes soit signé. Sur cette question, hautement sensible, Kiev réclame que lui soit notifié en avance tout mouvement de navires, d'appareils ou de troupe, ce que refuse Moscou. Toutefois, c'est l'article II-24 qui reste surement le plus intéressant puisqu'il prévoit que les deux parties "entament des négociations sur la préparation d'un accord bilatéral portant sur le remplacement des armements et des équipements militaires de la flotte russe de la mer Noire basés sur le territoire ukrainien". Il s'agit là du contentieux le plus important entre Kiev et Moscou en ce qui concerne le déploiement de la flotte russe en Crimée.

Quelques jours avant la signature de l'accord Poutine-Yanoukovitch, une source officielle russe avait déjà évoqué la possibilité que toute aide économique de Moscou à l'Ukraine soit conditionnée à l'obtention de meilleures conditions pour le stationnement de la flotte russe en Crimée, et à la possibilité pour la Russie de disposer des capacités industrielles ukrainiennes stratégiques pour la défense russe. Pour ce dernier point, la question des chantiers navals ukrainiens est explicitement évoquée dans le document rendu public : Russes et Ukrainiens ont prévu de signer un mémorandum d'intention pour la coopération en matière de constructions navales. Rappelons que la Russie ne dispose plus d'aucun chantiers navals en mer Noire et envoie donc ses unités en Bulgarie ou dans les chantiers russes de la Baltique (Kaliningrad, St Pétersbourg) voire du Nord (Severodvinsk) pour qu'elles y subissent leurs IPER.

 

Quelques réflexions sur la portée de l'accord Poutine-Yanoukovitch

 

L'accord du 17 décembre, tout en ouvrant la voie à la résolution de nombreux litiges russo-ukrainiens autour de la flotte russe, amène un certains nombre de réfléxions.

Premièrement, le bras de fer entre la Russie et l'UE autour de l'Ukraine reste d'ordre géopolitique. Zbigniew Brzezinski avait affirmé que "Sans l'Ukraine, la Russie cesse d'être un Empire". La communauté Euro-Atlantique et la Russie ne sont pas parvenues à transcender le jeu à somme nulle qui caractérise leurs relations dans la région de la mer Noire d'une manière générale, et en Ukraine en particulier.

Deuxièmement, la Russie, comme elle le fait aujourd'hui au Kirghizistan, paye pour ramener dans son giron les anciennes républiques soviétiques jugées stratégiques pour ses intérêts. La question aujourd'hui est celle du coût de cet accord pour Moscou : $15 milliards pour financer une partie de la dette ukrainienne, plus $10 milliards de rabais sur la gaz (plus précisément $8 milliards étant donné que Gazprom détient $2 milliards de créances impayées par l'opérateur gazier ukrainien). Toutefois, il convient de ne pas inverser les rôles : c'est bien l'Ukraine qui a compromis sa souveraineté économique et industrielle en laissant son économie plonger dans la crise, et qui s'est mise en situation de dépendance totale vis-à-vis de ses créanciers.

Troisièmement, plus spécifiquement sur les termes de l'accord. La signature d'un accord bilatéral russo-ukrainien qui permettrait la modernisation de la flotte russe aux conditions de Moscou créerait un cadre dont ne pourront s'affranchir les successeurs de Viktor Yanukovitch. Pour cette raison, la signature de cet accord devrait intervenir avant l'élection présidentielle ukrainienne de mars 2015, tant que Viktor Yanoukovitch est au pouvoir. Aux termes de ce futur document, la Russie devrait acquérir une plus grande liberté navale en Crimée, et pouvoir plus facilement déployer les nouvelles unités qui doivent être mises en service en mer Noire d'ici 2020. Plus généralelement, les positions navales russes en mer Noire seront renforcées, ce qui contribuera à faire de la flotte russe de la mer Noire un facteur encore plus déterminant dans l'architecture sécuritaire navale pontique, ce qui a été rappelé par le président russe lors d'une conférence de presse au Kremlin le 17 décembre dernier.

Quatrièmement, sur les modalités du remplacement des unités russes. La première étape consiste à réaliser un inventaire des unités considérées. Il y a très peu de chances pour que le cadre retenu soit celui du remplacement "type pour type". Un rapide coup d'oeil au programme d'armement naval russe permet de constater que certains types d'unité actuellement en sevice ne devraient pas être renouvellés d'ici 2020 : les grands navires de débarquement, les grands navires de lutte ASM ou le croiseur lance-missiles Moskva (ce dernier sera modernisé, ce qui constitue un autre cas de figure). En revanche, le nombre de sous-marins sera augmenté, passant de 1 à 7. Il est plus probable que la Russie et l'Ukraine se mettent d'accord sur un plafond en terme de tonnage ou de nombre d'unité déployées à Sébastopol et Théodosie.

Enfin, on s'achemine vers une possibilité pour la Russie de pouvoir utiliser les chantiers navals ukrainiens. Ces chantiers sont aujourd'hui sous-utilisés et seules les commandes russes sont aujourd'hui capables de leur fournir du travail. Si ce scénario se vérifiait, Kiev et Moscou franchiraient une étape significative dans leur coopération militaro-technique en matière navale. En outre, cela libérerait des capacités dans les chantiers russes de la Baltique et du Nord, non sans soulever des protestations au sein du complexe militaro-industriel russe.

 

Sources : site du Kremlin, Reuters, Flot.com

 

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Par Khan - Publié dans : Russie-Ukraine - Communauté : Russie
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Mardi 15 octobre 2013 2 15 /10 /Oct /2013 16:43

Le BPC russe Vladivostok a été mis à l'eau ce jour à Saint-Nazaire par le chantier naval STX. Il s'agit du premier des deux BPC commandés par Moscou au mois de juin 2011. La Russie devrait donner sa réponse quant à la commande de deux unités supplémentaires fin 2015.

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Le Vladivostok a été mis sur cale le 1er février 2012 conformément au contrat de €1,2 milliard signé en juin 2011 par Rosoboronexport (agence fédérale russe pour l'exportation et l'importation d'armements) avec DCNS. Selon Yves Destefanis, le directeur du programme BPC Russie chez DCNS, le bâtiment est livré sans armements, mais équipé des moyens français de débarquement. Le Vladivostok devrait prendre la mer au mois de mars 2014, et il mettra le cap sur Saint-Pétersbourg à l'automne 2014. Selon une source au sein du complexe militaro-industriel russe, le chantier naval du Nord (Saint-Pétersbourg) serait en charge de l'équipement du Vladivostok en armements. Toutefois, selon une autre source au sein de l'industrie des constructions navales russes, le cahier des charges relatifs à cet armement ne serait à ce jour pas prêt.

 

Le bâtiment doit être admis au service actif le 1er novembre 2014 et il sera déployé au sein de la flotte du Pacifique qui a entamé le recrutement des équipages qui doivent servir sur le Vladivostok et sur le second BPC, le Sébastopol. Une commission spéciale a été créée à cette fin : elle est en charge du processus de recrutement de 200 hommes qui seront embarqués sur le premier BPC russe. Une fois recrutés, le futur équipage sera envoyé à Saint-Pétersbourg pour entamer sa formation avant de se rendre cet été à Saint-Nazaire et prendre les commandes du Vladisvostok. Toutefois, des marins russes ont déjà entamé une formation à bord d'un BPC français : ils ont passé cinq jours en mer au cours desquels ils ont pu se familiariser avec l'exploitation du bâtiment.

 

Quid des deux unités supplémentaires ?

 

Selon le responsable du ministère russe de la Défense en charge des commandes d'Etat, la Russie donnera sa réponse à l'issue de la première année d'exploitation du Vladivostok, c'est à dire pas avant fin 2015. La décision n'est pas annulée, mais suspendue aux résultats de cette exploitation, et notamment de l'adaptation des systèmes aux besoins russes. Si Moscou commande un troisème et un quatrième BPC, il est donc probable qu'il s'agisse d'une version évoluée par rapport aux deux premières unités. En outre, les deux BPC supplémentaires seraient construits majoritairement en Russie.

Pour ce qui est des moyens de débarquement, les BPC russes autres que le Vladivostok pourraient être équipés de vedettes de débarquement sur coussin d'air du Projet 11770 Serna ou de corvettes de débarquement du Projet 21820 Dyugon construits en Russie. Les BPC russes devraient être en outre équipés de Ka-52 navalisés.


A ce jour, la construction du second BPC russe se poursuit à Saint-Nazaire. Le Sébastopol a été mis sur cale le 18 juin dernier, et sa mise à l'eau est prévue au mois d'octobre 2014, avec une admission au service actif fin 2015, également au sein de la flotte du Pacifique. Les BPC pourraient être affectés à Vladivostok, mais également à Petropavlovsk Kamtchatski. Il n'est pas impossible que la marine russe affecte l'un de ses BPC à l'escadre méditerranéenne qu'elle entend déployer sur une base permanente à compter de 2015.

 

Sources : RIA Novosti, Flotprom, Indru.

 

Pour aller plus loin :

Une version spéciale du Ka-52 pour les Mistrals russes

Mistrals russes : la formation des équipages russes incluse dans le contrat signé en 2011.

Les Mistral russes embarqueront de Ka-52 navalisés.

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