Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le retour des "Amiraux"

2 Juin 2017 , Rédigé par Khan Publié dans #Projet 22800, #Russie-Syrie, #Méditerranée, #Escadre méditerranéenne, #Projet 11356

La frégate Amiral Grigorovitch à Malte.

La frégate Amiral Grigorovitch à Malte.

La Russie envisage de reprendre en 2018 la construction de trois frégates dont le chantier avait été gelé en 2015 suite à la rupture de la coopération militaro-technique avec l'Ukraine.

OSK (consortium russe des constructions navales) a annoncé son intention de réactiver en 2018 la construction des 3 dernières frégates du Projet 11356M appartenant au lot de 6 unités commandées par le MinDéf russe dans le cadre du programme d'armement 2011-2020. Les frégates Amiral Boutakov, Amiral Istomin et Amiral Kornilov se trouvent à différents stades d'avancement dans leur construction au chantier naval Yantar (Kaliningrad). Les deux premiers "amiraux" ont été mis sur cale en 2013 - l'Amiral Boutakov a même déjà été mis à l'eau en 2016 -, tandis que la dernière frégate n'a officiellement pas encore été mise en chantier (il semblerait toutefois que la construction de cette unité ait bien débuté). La Russie avait interrompu les travaux sur ces trois unités en 2015 après que la coopération militaro-technique avec l'Ukraine a cessé, entraînant l'arrêt des livraisons des turbines à gaz fabriquées à Nikolaïev par ZoryaMachProjet. En l'absence d'une solution immédiate pour remplacer la source ukrainienne, la Russie a même envisagée de vendre les 3 navires à l'Inde.

Les récents progrès réalisés par le russe Saturn (Rybinsk) ont convaincu OSK qu'il était désormais réaliste de compter d'ici la fin de la décennie sur la production et la livraison de turbines à gaz indigènes qui ont vocation à remplacer les DS71 et D090 de facture ukrainienne. Deux des 3 premières unités du Projet 11356M, qui avait reçu à temps leurs turbines fabriquées en Ukraine, ont été versées à la flotte de la mer Noire et se trouvent actuellement en Méditerranée orientale où elles soutiennent les opérations de l'armée russe en Syrie. La 3e, l'Amiral Makarov, termine ses essais et pourrait être admise au service actif sous peu. Les 3 frégates suivantes devaient aussi être affectées à la flotte de la mer Noire, toutefois il semblerait qu'il soit désormais envisagé de les verser à la flotte de la Baltique. Cette réaffectation expliquerait pour partie la volonté de la marine de les équiper avec des turbines suffisamment puissantes afin qu'elles puissent assurer le trajet Baltiïsk (QG de la flotte de la Baltique) - Tartous sans être ravitaillées en permanence.

Une flotte de la mer Noire de plus en plus autonome en Méditerranée orientale

La flotte de la mer Noire a reçu une dizaine de nouvelles unités au cours des 18 derniers mois et est désormais en mesure de fournir intégralement les plateformes nécessaires au déploiement d'une escadre navale en Méditerranée. Ce détachement est actuellement fort de 15 bâtiments, contrairement à tout au plus une dizaine en moyenne. Il s'agit d'un tournant majeur dans la mesure où, depuis qu'elle a réinvesti au début des années 2010 les eaux méditerranéennes en y déployant en permanence une groupe de bâtiments, la marine sollicitait des unités issues des 4 flottes russes (Nord, Baltique, mer Noire et Pacifique), y compris pour des déploiements modestes par le nombre de bâtiments concernés. On constate aujourd'hui que la flotte de la mer Noire est en mesure de soutenir l'effort de déploiement Méditerranée orientale à elle seule. Au demeurant, elle ne semble pas disposer des réserves nécessaires pour assurer par elle-même la rotation des bâtiments. En outre, l'augmentation de la durée et de la fréquence des missions va accélérer l'usure des plateformes. Enfin, en l'absence d'infrastructures adéquates, le déploiement au long cours de SSK en Méditerranée reste problématique dans la mesure où la Convention de Montreux (1936) interdit aux sous-marins classiques déployés en mer Noire (autre que turcs) de réaliser librement des patrouilles vers la Méditerranée. Or, les Kilo russes semblent bien adaptés à l'environnement maritime du bassin méditerranéen et sont plus discrets que les SSGN ou SSN en provenance de la flotte du Nord.

De nouveaux navires de combat russes pourraient faire leur apparition vers la fin 2017/début 2018 dans les eaux du Levant. Le chantier naval Pella (St Pétersbourg) a ainsi prévu de mettre à l'eau cet été l'unité tête de série du Projet 22800 "Karakurt", l'Ouragan (voir schéma ci-dessous). Mis sur cale fin 2015, il pourrait être admis au service actif en décembre 2017 (plus vraisemblablement au cours du premier semestre 2018...). Les bâtiments de ce type disposent d'un déplacement de 800 tonnes, ce qui les prédispose à évoluer dans les zones littorales et sur les grands fleuves. Toutefois, la marine russe envisage de les déployer dans des zones maritimes éloignées. Surtout, ces navires sont puissamment armés puisqu'ils embarquent des missiles de croisière Kalibr, des missiles anti-surface Oniks (répartis tous deux parmi les 32  8 tubes du UKSK - le VLS russe - dont dispose le navire) et sont dotés d'un système anti-air Pantsir navalisé (manifestement à partir de la 3e unités). Rapides à construire, ces navires pourraient trouver toute leur place en mer Noire ou au Levant notamment. La marine russe a prévu d'en commander entre 10 et 20 unités, dont 7 sont actuellement en cours de construction.

Sources Izvestia, Vzgliad, Flot.ru...

Le Projet 22800

Le Projet 22800

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Wilhelm 15/07/2017 14:59

Il n'y a toujours pas de nouvelles depuis début juin?

Khan 16/07/2017 17:35

Bonjour, si il y en a même eu de trop à la veille du Salon naval où la piste indienne a "subrepticement" refait surface. Depuis, il semblerait que les 3 dernières frégates doivent bien être finies pour la marine russe tandis qu'un contrat indien pourrait être en préparation. A suivre donc. Cdlt.

AD 01/07/2017 17:27

Le système de lancement UKSK ne dispose-t-il pas de 8 tubes et non 32?

Khan 19/07/2017 14:45

Exact

AD 17/07/2017 23:10

Bien. Mais, les "Karakurt" ne disposent a priori que de 8 tubes.

Khan 05/07/2017 11:02

Si, mais leur répartition peut varier. Par exemple, pour le projet de corvette "Brise", il est prévu de placer un UKSK à 24 tubes (3*8) pour les Oniks et les Kalibr, et encore un UKSK à 16 tubes (ou 2*8) pour des missiles "longues portées".