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Naufrage du San Juan : la Russie dépêche un navire de sauvetage et des experts en Argentine

24 Novembre 2017 , Rédigé par Khan Publié dans #Sous-marins, #Actualité, #Flotte du Nord, #Projet 22010

Le navire océanographique russe Yantar photographié au Cap le 16/11/2017. Crédit : Ian Shiffman / africaports.co.za

Le navire océanographique russe Yantar photographié au Cap le 16/11/2017. Crédit : Ian Shiffman / africaports.co.za

Alors que les circonstances qui ont conduit à la disparition du sous-marin argentin ARA San Juan ne sont pas encore déterminées, la Russie a fait savoir aujourd'hui par la voix du ministère de la Défense qu'elle dépêche des experts et du matériel sur place, afin de contribuer aux recherches.

Le sous-marin argentin ARA San Juan (type TR-1700) et son équipage ont disparu depuis le 15 novembre dernier. Bien que les espoirs de retrouver les hommes vivants soient désormais quasi nuls, Moscou a annoncé sa participation aux opérations de recherche. 

Un An-124 a ainsi décollé de Saint-Pétersbourg aujourd'hui avec à son bord une équipe (opérateur et commandant) en charge de mettre en œuvre un robot télécommandé Pantera Plus, des plongeurs et un docteur plongeur appartenant au 328e détachement expéditionnaire de recherche et sauvetage de la flotte (328-ий экспедиционный поисково-спасательный отряд ВМФ России). De l'autre côté de la planète, le navire océanographique Yantar (Projet 22010, flotte du Nord) a été dérouté vers l'Argentine, alors qu'il se rendait du Cap (Afrique du Sud) à Luanda (Angola). Dans quelle logique s'inscrit la démarche russe, alors même qu'il y a bien peu de chances de retrouver l'équipage en vie ?

Un objectif de gain d'expérience

Il s'agira de la première opération de sauvetage pour le Yantar. Mis sur cale à l'été 2010 par le chantier naval éponyme à Kaliningrad, le Yantar a été admis au service actif au sein de la flotte du Nord en mai 2015. Le Yantar effectue depuis plusieurs semaines une croisières qui l'a mené des eaux du Grand Nord jusqu'en mer Noire (il a quitté la base de Novorossiïsk le 6 octobre dernier) et au-delà du canal de Suez, dans l'océan Indien (îles Seychelles, île Maurice) et jusqu'en Afrique du Sud. Certains observateurs n'ont pas manqué de relever que son itinéraires suivait peu ou prou les lignes de communication empruntées par les câbles sous-marins. Le Yantar est rattaché à la Direction principale des plongées et études en eaux profondes du ministère russe de la Défense (Главное управление глубоководных исследований Министерства обороны Российской Федерации) - ou GUGI - et embarque deux mini-submersibles bi-places ou tri-places : le AS-37 Rus (Projet 16810) et le AS-39 Konsul (Projet 16811). Ce dernier aurait atteint la profondeur de 6270 m le 4 juillet 2011, lors de ses essais réalisés dans l'Atlantique Nord.

Au-delà du fait que l'Atlantique Sud et la zone océanique située au large de l'Amérique du Sud sont peu parcourues par les navires de guerre russes (comparativement à l'Atlantique Nord, l'océan Indien, sans parler de la Méditerranée...), cette expédition s'inscrit dans avant tout dans une logique d’entraînement et d'acquisition d'expérience, qui plus est, dans une zone moins bien connue des équipages et experts russes. Les équipes envoyées par la Russie devraient mettre en œuvre du matériel de plongée complémentaire, et se livrer ainsi dans des "conditions réelles" liées à un naufrage et à la localisation d'une épave. La zone concernée est immense (voir ci-dessous) et les moyens russes vont s'insérer dans des efforts internationaux - 10 pays participent déjà aux recherches, dont la France -, ce qui permettra aussi d'acquérir une expérience d'opération dans un contexte multilatéral. Il s'agira aussi certainement d'observer les processus mis en œuvre par les autres marines sur la zone, toujours dans une logique de gain d'expérience et de savoir-faire, même si le matériel mis en œuvre diffère d'une marine à l'autre. La marine russe ne réalise - fort heureusement - que rarement ce type de manœuvre dans de telles conditions. D'ailleurs, ce déploiement servira aussi de vitrine pour le matériel de plongée et le navire porteur - le Yantar.

Ironie de l'histoire...

Le complexe mobile Pantera Plus que le ministère russe de la Défense compte déployer sur la zone de recherche a été acheté par la Russie auprès de... la Grande-Bretagne, entre 2006 et 2009. Et si un de ces engins britannique mis en œuvre par des spécialistes russes contribuait à la localisation de l'épave du ARA San Juan...

Sources : bmpd, Soumarsov, TASS...

La zone de recherche de l'épave du sous-marin ARA San Juan. Source : BBC.

La zone de recherche de l'épave du sous-marin ARA San Juan. Source : BBC.

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