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Des pilotes de l'aéronavale russe iront s'entraîner sur le porte-avions chinois

2 Avril 2018 , Rédigé par Khan Publié dans #Porte-avions, #Russie-Chine, #Projet 1143.5

Des pilotes de l'aéronavale russe iront s'entraîner sur le porte-avions chinois

Alors que l'unique porte-avions russe Amiral Kouznestov doit entrer sous peu dans un cycle d'entretien, la Russie et la Chine s'apprêteraient à conclure un accord en vertu duquel des pilotes russes du groupe aérien embarqué iront s'entraîner sur le Liaoning, le porte-avions chinois.

Le PA russe immobilisé jusqu'en 2021

L'IPER de l'Amiral Kouznetsov (Projet 1143.5) et l'étendue des travaux que le bâtiment doit subir semblent se préciser : le contrat portant sur son cycle d'entretien pourrait être signé courant avril. Selon une source au sein du complexe militaro-industriel russe, la durée de l'IPER sera "sensiblement réduite" par rapport à celle initialement annoncée - c'est à dire à ce jour, 3 ans -, ce qui laisse supposer que les travaux réalisés seront plus modestes. Aux contraintes financières s'ajoutent l'expérience retirée lors de la dernière expédition méditerranéenne du "Kouze" qui s'était conclue par un bilan mitigé en terme de démonstration de projection de puissance. Pour rappel, ces derniers mois ont été riches en informations sur le degré de modernisation dont l'Amiral Kouznetsov pourrait faire l'objet lors de sa prochaine IPER, certains médias n'ayant pas hésité à affirmer qu'il serait doté d'une propulsion nucléaire. Dans le même temps, les informations portant sur l'enveloppe budgétaire accordée à cette opération concordaient vers une fonte drastique de cette dernière : de 50-60 milliards de roubles (environ €850 millions) en juin 2017, le budget serait passé depuis à 25 milliards (€350 millions) en octobre 2017. C'est probablement cette somme, voire moins, qui sera attribuée à l'IPER. Les travaux seraient en conséquence plus "légers" et le retour au service actif du PA envisagé pour 2021. Toutefois, compte tenu des "surprises" que pourrait rencontrer le maître d'ouvrage - la 35e usine de réparation navale (Severodvinsk) - ainsi que des retards dont est coutumier le complexe militaro-industriel russe en matière de construction et de réparation navales, ce délai pourrait courir jusque 2022, voire au-delà...

Le groupe embarqué russe bientôt sur le Liaoning ?

Dans son numéro de mars 2018, la revue spécialisée chinoise Nouvelles de l'aviation évoque des discussions menées par les Russes et les Chinois depuis un certain temps au sujet de la possibilité pour les pilotes russes de s'entraîner temporairement sur le PA chinois Liaoning, ex-Variag et sistership du Kouznetsov. Il s'agit des pilotes affectés aux 100e et 279e régiments indépendants de l'aviation navale embarquée de la flotte du Nord. Pékin considérerait de donner une suite positive à la requête formulée par Moscou : un groupe de spécialistes militaires russes auraient déjà été envoyé en Chine, tandis que les parties envisageraient de conclure un accord commercial, dont Rosoboronexport - la holding publique russe pour l'importation et l'exportation de matériels de défense - serait le signataire côté Russie. Concrètement, les pilotes du Kouznetsov se rendraient en Chine par groupe de 4 ou 6 avec leurs appareils - des Su-33 ou/et des MiG-29K/KUB - pour réaliser des décollages et des appontages sur le Liaoning, qui, tout comme l'Amiral Kouznestov, est équipé d'un tremplin.

Si cet accord est signé et mis en œuvre, il convient d'y voir d'abord une forte portée politique. La Russie n'est pas à court de solutions "indigènes" pour maintenir son escadrille en condition opérationnelle, même en l'absence du porte-avions. Depuis l'époque soviétique, les pilotes utilisent en effet le simulateur terrestre (NITKA) de Saki, en Crimée, qui reproduit sur une base aérienne le pont d'envol du "Kouze" avec son tremplin. Cette base a été remise à niveau depuis l'annexion de la péninsule en 2014. Un second simulateur terrestre a été construit dans le sud de la Russie, à Ieïesk, mais il semble que Moscou le réserve à l'expérimentation de nouveaux systèmes sur des appareils. La pratique de "détacher" pour leur entrainement des groupes de pilotes de l'aéronavale est assez courante : des pilotes argentins se sont ainsi entraînés sur le PA brésilien, et les pilotes français pratiquent sur PA américain tandis que le Charles De Gaulle est en IPER.

Source : bmpd, Izvestia, Nezavissimaïa Gazeta...

Image : le porte-avions chinois Liaoning

 

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