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Du nouveau du côté du futur SNLE russe

19 Avril 2019 , Rédigé par Igor Delanoë Publié dans #Sous-marins

Une esquisse du Projet Huskey. Crédit : H I Sutton/Covert Shores.

Une esquisse du Projet Huskey. Crédit : H I Sutton/Covert Shores.

L'élaboration du prototype du SNLE russe de cinquième génération aurait débuté. Conduit par le bureau d'étude Malakhit (St Pétersbourg) sous le nom de code "Laïka", ce projet prend la suite et prolonge celui qui jusqu'à aujourd'hui était connu sous le nom de "Huskey".

Huskey, Laïka... Le bureau d'étude Malakhit tient, semble t'il, à donner à son nouveau projet de SNLE un verni canin. Le projet "Huskey" (aussi orthographié "Khaski") sur lequel planche le bureau pétersbourgeois depuis fin 2014, avait finalement émergé en 2017, et était annoncé comme le successeur des SNLE de quatrième génération (type Boreï). Manifestement, les choses sont allées bon train chez Malakhit, qui passe un contrat à l'été 2016 avec le MinDéf russe pour préparer un avant-projet. Mercredi dernier, une source au sein du complexe militaro-industriel révélait enfin que le bureau passait désormais "à la vitesse supérieure" en commençant les travaux liés à l'élaboration du prototype du SNLE de cinquième génération. A cette occasion, le projet a été rebaptisé "Laïka".

Comme souvent avec ce genre d'annonce, les superlatifs ne manquent pas. Ces futurs submersibles seront construits selon une architecture modulaire et seront équipés de missiles hypersoniques Tsirkon. Doté d'une intelligence artificielle, leur système de commandement permettra d'optimiser les capacités de combat et de manœuvrabilité des SNLE. On n'en sait guère plus à ce jour sur les caractéristiques techniques du projet Laïka, sur lequel les informations sont très parcellaires.

Dans la bataille des industriels : Malakhit 1 - O Rubin

Cette annonce traduit une réalité : le bureau Malakhit l'aurait emporté sur son concurrent pétersbourgeois Rubin, dans la lutte pour obtenir les faveurs du MinDéf russe pour le futur SNLE.

Rappelons qu'en 2018, Rubin avait soumis les premiers éléments de son projet de nouveau SNLE baptisé Boreï-B. La référence directe au projet de SNLE de quatrième génération était certainement censée, à travers une forme de filiation, rassurer les autorités russes quant à la maîtrise des délais concernant l'élaboration du projet, ainsi qu'à sa faisabilité. Le projet alors présenté par Rubin essuie néanmoins des critiques de la part du MinDéf, qui lui reproche notamment de ne pas remplir les critères du rapport "coût - efficacité". Tandis qu'il est demandé à Rubin de revoir sa copie, la mise sur cale de 6 SNLE de type Boreï-A est annoncée dans la foulée en mai 2018, afin de faire la soudure avec le futur sous-marin stratégique de nouvelle génération. Ces 6 SNLE du Projet Boreï-A, dont la mise en chantier doit débuter à Sevmash (Severodvinsk) à compter de 2023 dans le cadre du plan d'armement 2018-2027, viennent alors s'ajouter au 5 actuellement en cours de construction.

Sauf que mercredi dernier, dans les heures qui suivent la publication de l'information portant sur le projet Laïka, Rubin annonce par la voix de son directeur, qu'il n'est désormais plus prévu de mettre sur cale de SNLE de type Boreï-A. Cette série d'annonces tend à accréditer l'idée selon laquelle Rubin aurait donc perdu face à Malakhit dans la bataille qui les opposait - Boreï-B contre Huskey/Laïka - pour la construction du SNLE russe de cinquième génération.

 

MàJ 22/04/2019 :

La marine russe pourrait passer commande de deux sous-marins nucléaires lanceurs de missiles de croisière issus de la famille "Boreï". On parle de submersibles de type "Boreï-K" qui se distingueraient donc de leurs aînés qui sont dotés de missiles balistiques. Selon une source au sein du complexe militaro-industriel russe, si la décision était prise de commander ces deux unités, elles seraient livrées après 2027. Supposément, ces "Boreï-K" seraient capables de mettre en œuvre des missiles hypersoniques Tsirkon.

Cette information, sortie le week-end suivant l'annonce sur le submersible Laïka, s'inscrit dans la même séquence. Réponse du berger à la bergère, il s'agit de la riposte de Rubin à l'annonce sur le "Laïka". Le MinDéf russe se prête volontiers au jeu, car il ne souhaite pas dépendre exclusivement d'un seul industriel à ce stade de la réflexion sur le futur sous-marin nucléaire de cinquième génération. En faisant jouer la concurrence, il escompte aussi certainement tirer la facture vers le bas et optimiser le rapport "coût-efficacité".

Concernant la proposition de Malakhit, il se pose tout de même la question des limites de la modularité sur une plateforme telle qu'un sous-marin nucléaire. Malakhit prétend proposer un submersible modulable qui puisse remplir, selon l'exigence, les missions dévolues à un SNLE (SSBN), un SSGN et un SSN (!). Or, non seulement l'armement, mais les caractéristiques attendues sont différentes selon le type de submersible considéré. Tandis que la discrétion est privilégiée pour un SNLE, la vitesse est un atout pour les SSGN et les SSN dont l'objectif est d'atteindre la zone d'évolution du groupe aéronaval adverse et de le suivre. Le SNLE pour sa part, doit, après avoir quitté sa base, se faire oublier le plus vite possible et se fondre dans la masse océanique. Comment Malakhit entend-il réaliser la "quadrature du cercle" ? Il faudra attendre les prochains éléments sur le "Laïka" pour le savoir.

Une chose est sûre, la bataille entre industriels se poursuit entre Rubin et son concurrent.

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Luiz G Bresciani 20/04/2019 20:47

Je le pense qui le - лайка - va apporter certainement des missiles hypersoniques ultra-sophistiquées