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Un chasseur Su-27 s'abîme en mer Noire

30 Mars 2020 , Rédigé par Igor Delanoë Publié dans #Flotte de la Mer Noire, #Accidents

Un chasseur Su-27 s'abîme en mer Noire

Le 25 mars au soir, un chasseur Su-27 parti accomplir un vol de routine s'abîme au large de la Crimée. La flotte de la mer Noire est alors mobilisée pour participer aux recherches visant à localiser le pilote et l'épave de l'aéronef.

 

Il est 20h10 le 25 mars lorsque le chasseur Su-27 disparaît à environ une cinquantaine de kilomètres au large de Féodossia (Crimée). Appartenant probablement à l'escadrille des VKS (les forces aérospatiales russes) de la base aérienne de Belbek (située près de Sébastopol) en charge de la défense anti-aérienne, le Su-27 était parti pour un vol de routine. Le dernier incident de la sorte remonte à fin 2016, lorsqu'un MiG-29K et un Su-33 de l'aéronavale s'abîment en Méditerranée orientale lors de la phase d'appontage sur le porte-avions Amiral Kuznetsov.

Dès l'annonce de la disparition de l'appareil, une flottille de bâtiments se met en branle pour retrouver le pilote. Il est tard, la météo n'est pas bonne, aussi les recherche commencent-elles véritablement le lendemain. Les conditions météos demeurent toutefois déplorables : vent, houle, visibilité réduite par la pluie.

En tout, près d'une douzaine de bâtiments vont prendre part aux recherches dans les jours qui suivent l'accident : ils sont issus de la flotte de la mer Noire, de la flottille du FSB (gardes frontières), de RosMoretchflot (Direction russe de la navigation fluviale et côtière), des navires civils... Des drone Orlan-10 auraient aussi été utilisés. Le 26 mars, un hélicoptère d'assaut Ka-52 localise un signal émis par une bouée de sauvetage qui pourrait être celle du pilote. Le 28 mars, après près de 48h de recherches, l'opération de repérage et de sauvetage du pilote est abandonnée. Celle visant à localiser l'épave suit en revanche son cours.

Zone des recherches dans les 48h qui suivent le crash du Su-27. Source : Telegram

Dès le début des opérations de recherche, les moyens de la Direction principale pour la recherche en eau profonde (Главное управление глубоководных исследований - ГУГИ ou GUGI pour l'acronyme) du ministère de la Défense ont été mobilisés. La zone maritime prospectée se caractérise en effet par des profondeurs de plusieurs centaines de mètres. Les eaux au large de la côte sud-est de la Crimée sont en effet profondes avec des à pics à plus de 2 km de profondeur. C'est d'ailleurs dans cette zone que sont testées en secret des armes et matériels destinés à équiper les forces sous-marines (torpilles, véhicules sous-marins...) ou de surface avec vocation à intervenir dans les fonds marins.

Carte des fonds marins de la mer Noire.

Les unités du GUGI rattachées au Groupement des navires de soutien de la flotte de la mer Noire basé à Temriuk, sur les rives de la mer d'Azov, ont donc été déployés sur zone très rapidement. Parmi eux : le Seliger, un navire d'essai du Projet 11982 (tête de série), admis au service actif en 2012.

Le Seliger dans la baie de Sébastopol, 23 mais 2018. Source : site de la flotte de la mer Noire.

Il dispose notamment à son bord de 2 véhicules de plongée ARS-600 livrés par le canadien Nuytco Research, et d'un ROV Super GNOME. Les forces russes disposent donc techniquement des moyens nécessaires pour mener à bien la localisation de l'épave. Les 28 et 29 mars, le centre de gravité des activités de recherche déployées par le Seliger et son groupe (remorqueur SB-739, navire du GUGI Afalina) s'est déplacé plus au sud. Les bâtiments se trouvent désormais au large de Yalta.

Cet accident est l'occasion pour la marine russe de réaliser en conditions réelles une opération de recherche. Cette dernière n'est déjà plus une opération de sauvetage, vu que le pilote n'a pu être retrouvé et a, à vrai dire, peu de chance de l'être. La réalisation de ce type d'opération délicate n'est historiquement pas un point fort de la marine soviétique puis russe. La localisation de l'épave du Su-27, voire sa récupération, seraient plus que souhaitables, surtout à cette distance des côtes criméennes. Ces recherches apporteront, en toute hypothèse, une expérience utile à la flotte de la mer Noire qui pourrait être amenée à intervenir sur ce type d'opération en Méditerranée orientale. La marine russe s'est d'ailleurs attelée à reprendre la cartographie des fonds marins au Levant (et ailleurs) au cours des années 2010. Cet épisode a néanmoins déjà démontré les limites des moyens de localisation et de sauvetage du pilote de l'appareil accidenté.

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