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Futur Porte-avions Russe : un projet à €6 milliards

3 Février 2014 , Rédigé par Khan Publié dans #Porte-avions

Le directeur du bureau d'étude Nevkoe, Sergei Vlasov, a accordé une interview à l'agence d'information RIA Novosti dans laquelle il évoque le coût et quelques spécificités du futur porte-avions russe.

 

Le bureau d'étude Nevskoe (Saint-Pétersbourg) est le concepteur des croiseurs porte-aéronefs soviétiques qui ont été construits à Nikolaïev (Ukraine). Le bureau est aujourd'hui en charge de la conception du futur porte-avions russe. Rappelons qu'à ce jour, aucune décision politique n'a été prise quant à la construction du futur porte-avions en Russie, et qu'aucun budget n'est d'ailleurs prévu à cet effet dans le programme d'armement 2011-2020. 

 

Dans l'interview qu'il accorde à RIA Novosti le 3 février (lien vers l'interview, en russe), Sergei Vlasov évoque le coût du futur bâtiment qu'il évalue entre 100 et 250 milliards de roubles (entre €2,3 milliards et €5,7 milliards), soit du simple au plus du double. Toutefois, d'après le directeur, cette estimation ne tient pas compte de l'armement du futur porte-avions qui est susceptible de faire exploser son coût, "à moins que n'y soient installés que des systèmes de défense anti-aériens". Rappelons que dans la tradition soviétique, les porte-avions étaient des croiseurs porte-aéronefs, et qu'ils étaient donc lourdement armés. Le porte-avions Amiral Kouznetsov est ainsi équipé de missiles "tueurs de porte-avions" P-700 Granit qui peuvent emporter des charges conventionnelles ou nucléaires. Le directeur évoque la nécessité pour la Russie de disposer au minimum de 2 bâtiments basés dans les flottes du Nord et du Pacifique.

 

Le dernier chiffre officiel concernant le coût du bâtiment était celui d'environ €2 milliards, annoncé cet été à l'occasion du salon naval international de Saint-Pétersbourg (voir notre article). L'estimation basse de la fourchette évoquée par le directeur du bureau Nevskoe ne diffère donc pas tellement du coût annoncé précédement. Deux versions ont été évoquées par l'industriel : un porte-avions d'un déplacement compris entre 55 et 65 000 tonnes, qui disposerait alors d'une propulsion de type classique, ou un porte-avions d'un déplacement compris entre 80 et 85 000 tonnes, à propulsion nucléaire. Dès lors, l'estimation basse de €2,3 milliards correspondrait au coût du bâtiment à propulsion classique, tandis que le chiffre de presque €6 milliards serait le montant du porte-avions à propulsion nucléaire. D'après le directeur de Nevskoe, la version de 65 000 tonnes embarquerait entre 50 et 55 appareils, alors que sur la version de 85 000 tonnes seraient basés jusqu'à 70 avions.

 

Le futur porte-avions devrait bien être équipé d'une catapulte, électromagnétique ou à vapeur, qui pemettra à des appareils disposant d'une poussée au décollage inférieure à celle des chasseurs d'être basés à son bord. Toutefois, le directeur n'a pas écarté la possibilité qu'il y ai également un tremplin. Rappelons à ce propos que la Russie a construit un simulateur NITKA près de Ieïsk équipé d'un tremplin. On s'achemine donc vers la présence de ces deux dispositifs sur le futur porte-avions.

 

L'Amiral Kouznetsov est actuellement en déploiement en Méditerranée, et à son retour à Severomorsk, il devrait rentrer en IPER jusqu'en 2019. La Russie sera alors privée d'un outil de puissance, et la nécessité de disposer d'un second PA se fera vivement sentir. Or, d'après le directeur de Nevskoe, entre la conception de l'unité tête de série du projet et son admission au service actif, il faudra compter une dizaine d'année.

 

Source : RIA Novosti.

 

Pour aller plus loin :

La modernisation des forces de surface russes : les nouveaux projets

Une nouvelle maquette du futur porte-avions russe présentée à Saint-Pétersbourg

 

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