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Le premier Mistral russe mis sur cale à Saint-Nazaire

1 Février 2013 , Rédigé par Khan Publié dans #BPC pour la Russie

Le chantier naval STX de Saint-Nazaire a procédé aujourd'hui à la mise sur cale du Vladivostok, le premier des deux BPC commandés par la Russie à la France en 2011. Le navire doit être livré à la marine russe en 2014.

 

Le Vladivostok a donc été mis sur cale ce vendredi à Saint-Nazaire, malgré les tumulutes qui ont entouré la signature du contrat de 1,2 milliard d'euros au mois de juin 2011 : la France a été critiquée par certains de ses partenaires de l'OTAN pour son choix de transférer des technologies sensibles à la Russie. Les pays baltes, mais également des pays non membres de l'OTAN comme la Géorgie, avaient alors fait connaitre leurs préoccupations, se sentant directement concernés par un éventuel déploiement des futurs Mistrals russes respectivement en mer Baltique et en mer Noire. Pour le moment, Moscou a fait savoir que les deux premières unités devraient être affectées à la flotte du Pacifique. En Russie même, le choix d'acheter du matériel militaire à l'étranger a fait l'objet de vives critiques de la part de certains responsables du complexe militaro-industriel, de certains militaires et politiciens. L'un des arguments mis en avant encore récemment est que la Russie dispose des techniques et du savoir-faire pour construire elle-même des navires de guerre, y compris ceux d'un tonnage important comme les BPC (environ 21 000 tonnes). Ces critiques interviennent alors que l'ancien Ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov, artisan du contrat, n'est plus aux fonctions, suite à des démêlées avec la justice. Vladimir Poutine l'a remplacé par Sergeï Choïgou au mois de novembre dernier, suite à des accusations de corruption.

Mistral

Aussi, la mise sur cale du premier Mistral russe, à laquelle le commandant en chef de la marine russe, l'amiral Viktor Tchirkov, a assisté à Saint-Nazaire ce vendredi, apparaît comme le fruit d'un long et difficile processus. Au-delà de l'acquisition de deux nouveaux bâtiments de guerre, et peut-être quatre si l'option sur les deux unités supplémentaires est confirmée (décision en 2016 selon les sources russes), il s'agit d'un enjeu stratégique pour l'industrie de construction navale en Russie. Le pays est engagé dans un vaste programme de modernisation de ses forces armées et de sa flotte, et le Kremlin entend également moderniser ses chantiers navals sur la période 2013-2030 : €15 milliards devraient être alloués à cet ambitieux projet. Toutefois, la Russie ne peut se passer du savoir-faire et des techniques occidentales, si elle veut tenter de rattraper le sous-investissement dont a fait l'objet l'ensemble des acteurs des constructions navales au cours des années 1990.

Aussi, les transferts de technologies induits par le contrat franco-russe portant sur les Mistrals est stratégique pour Moscou. Si seulement 20% de la première unité seront construits en Russie (Usine de la Baltique), le Sébastopol, seconde unité du contrat de 2011, devrait pour sa part être construit à 40% en Russie. Une trentaine de sections ont déjà été acheminées depuis la Baltique vers Saint-Nazaire pour le Vladivostok. Et si le Kremlin et la France parviennent à un accord, les deux autres BPC devraient être majoritairement construits dans les chantiers russes.

 

La Russie souhaite équiper ses BPC avec des matériels spécifiques : leur puissance de feu devrait être supérieure à celle de leurs homologues français. Ils devraient en outre embarquer une version spéciale navalisée de l'hélicoptère Ka-52 Alligator : le Ka-52K. Cette version disposera notamment d'ailes et de rotors rétractables (voir photo).

Ka-52K

Plus récemment, les médias russes ont également annoncé que les blindés légers mis en oeuvre par les BPC russes seraient également des versions spéciales. Selon les exigences formulées par le commandement principal de la marine, le futur blindé léger devra pouvoir mettre en oeuvre 15 soldats avec tout leur équipement, disposer de mortiers, de lance-grenades et une mitrailleuse lourde. Il devra enfin être équipé de missiles anti-aériens portatifs. L'équipement sera donc plus conséquent que celui des BMP-2, BMP-3 et BTR-80 (autres types de blindés légers en dotation dans l'armée russe). D'un poids de 30 tonnes, la puissance de son moteur ne devrait pas être inférieure à 400 ch. Le développement du blindé doit être achevé fin 2013 afin de permettre sa conception à partir du printemps 2014, année de la livraison du Vladivostok.

 

Sources : RIA Novosti ; i-Mash ; FlotProm ; Vzgliad ; Itar-TASS.

 

Pour aller plus loin :

Une version spéciale du Ka-52 pour les Mistrals russes

Mistrals russes : la formation des équipages russes incluse dans le contrat signé en 2011.

Mistral : la Russie et la France signent aujourd'hui.

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René 59 01/02/2013 22:04

Formidable article sur la flotte Russe et le BPC construit par la France .Dans cette article nous lisons les critiques de l'un ou de l'autre pays .D'une si ce marché c'est fait c'est que les deux
pays y trouvent leur affaire maintenant les autres pays n'achètent pas le BPC .Oui la Russie est capable de construire de tels bâtiments mais je pense que les deux parties s'y retrouvent ,il y a de
bon économistes en Russie comme en France .Je ne suis pas un spécialiste mais un amoureux de mon pays et aussi j'aime la marine russe dont on parle peu .Puis l'entente entre nos deux pays ne peut
être que positif .C'est mon point de vue .