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OSK opposé à l'achat de navires de combat à l'étranger

2 Juillet 2013 , Rédigé par Khan Publié dans #Actualité

Alors que l'édition 2013 du salon naval international de Saint-Pétersbourg (IMDS) approche, le directeur en charge des commandes d'Etat chez OSK (consortium des constructions navales russes) a critiqué l'achat par la Russie de navires de combat à l'étranger. Une opinion qui reflète une ligne de partage dans le monde militaro-industriel russe.

 

"Je suis intimement convaincu que notre pays ne doit pas acheter de navires de combat à l'étranger. Si toutefois il en achète, alors cela doit rester exceptionnel et reposer sur un besoin exprimé communément par le Ministère de la Défense et la marine, parce que nous savons et devons construire des navires par nous même". C'est en ces termes que le directeur du départment des commandes d'Etat chez OSK s'est exprimé à Saint-Pétersbourg, à quelques heures de l'ouverture de l'IMDS 2013. Les déclarations d'Anatoli Chlemov reflètent plus généralement une opinion assez répandue au sein du complexe militaro-industriel russe, et qui s'est faite notamment jour lorsque Moscou a opté pour la commande de BPC auprès de la France.

Selon M. Chlemov, la sécurité nationale, la nécéssité de développer et soutenir l'industrie russe et enfin, la conservation des perspectives de coopération militaro-technique justifient de produire les navires de combat en Russie. Il n'a toutefois pas écarté la possibilité de se fournir à l'étranger pour l'achat ponctuel de systèmes devant équiper les navires.

 

Le salon IMDS de Saint-Pétersbourg, une tribune pour les exportations navales russes

 

Le salon IMDS-2013 s'ouvre demain à Saint-Pétersbourg et durera jusqu'au 7 juillet. Près de 29 pays participent au salon, et OSK doit y tenir des discussions avec plus de 40 délégations étrangères. Le consortium des constructions navales russes entend placer des bâtiments tels que les submersibles classiques de type Amour-1650 et Amour-950, les frégates du Projet 22356 (version export de la frégate du Projet 22350), ainsi que des corvettes lance-missiles. La Russie a d'ailleurs livré à l'Inde hier, 1er juillet, la frégate Trikand, troisième unité du Projet 11356 appartenant au second lot de frégates indiennes. Il s'agissait de démontrer à quelques heures de l'ouverture de l'IMDS que la Russie a la capacité à livrer en temps et en heure les commandes passées par des clients étrangers. Une capacité qui possède cependant des limites exprimées par les retards accumulés par le chantier naval Sevmash dans la modernisation et la mise à niveau du porte-avions indien INS Vikramaditya (ex Amiral Gorshkov, Projet 11434). Même si les exportations de matériels militaires navals ne représentent en valeur que 18% de l'ensemble des exportations d'armements russes, il n'en demeure pas moins qu'elles sont vitales pour un secteur qui éprouve encore aujourd'hui des difficultés à surmonter la crise née des sous-investissments des années 1990. La Russie, qui se conçoit comme une puissance navale, renoue depuis quelques années avec des ambitions maritimes illustrées par le programme de réarmement naval 2012-2020, et le programme de modernisation des chantiers navals russes qui s'étend sur 2013-2030.

Emblème de la puissance naval, le porte-avions constitue la prochaine étape des ambitions maritimes de la Russie, et dans ce domaine, OSK a fait savoir que l'industrie navale russe était prête à relever le défi. "Le complexe militaro-industriel et le Ministère de la Défense travaillent ensemble sur le prochain programme d'armement d'Etat qui s'étendra sur la période 2016-2025" a ainsi déclaré Anatoli Chlemov. Ce programme doit notamment intégrer la construction du nouveau porte-avions russes dont les travaux d'avant projet sont déjà avancés.

 

Toutefois, la production navale russe reste entravée par une série de freins qui compromettent au mieux le calendrier, sinon la réalisation de certains programmes. Les capacités de productions limitées et hautement sollicitées par les commandes à l'export retardent le lancement ou l'achèvement de projets. L'entretien des bâtiments constitue également un problème, en particulier en mer Noire, où les capacités russes sont quasi inexistantes. Vladimir Poutine a eu beau interdire de sous-traiter l'entretien de bâtiments à des chantiers navals étrangers, un navire russe a encore récemment mis le cap sur la Bulgarie pour y subir des réparations. La tendance à la concentration, qui caractérise l'indutrie navale russe, ne devrait pas arranger la situation sur le court terme. Toutefois, l'émergence de pôles de constructions navales avec l'activation de nouvelles capacités en mer Noire et la réactivation de capacités en Extrême-Orient devrait, sur le long terme, porter ses fruits. Par ailleurs, le financement reste un problème malgré les efforts consentis en ce domaine par la Russie. Ainsi, le Ministère de la Défense et les industriels s'affrontent chaque année, à l'occasion des commandes d'Etat, sur les coûts de construction. Les écarts dans les évaluations des industriels et celles du Ministère de la Défense, sans parler de la "disparition" de sommes d'argent, sont responsables de retards dans les livraisons. Enfin, d'autres projets prennent du retard en raison de systèmes complexes qu'ils intègrent (submersibles classiques du Projet 677 par exemple, avec la propulsion anaérobie) ou des changements de spécifications multiples lors de la phase de construction (grands navires de débarquement du Projet 11711 Ivan Gren). L'expérience acquise par les ingénieurs russes dans le refittage de l'ex porte-avions soviétique Gorshkov sera mise à contribution pour la construction du prochain porte-avions russes. Toutefois, il n'existe à ce jour en Russie aucun chantier naval disposant des installations nécessaires pour mettre en oeuvre sa construction, surtout s'il s'agit d'un bâtiment à propulsion nucléaire.

En attendant, la flotte russe veillie, et les derniers mois ont été caractérisés par une vague d'annonces concernant la modernisation et l'augmentation de la durée de vie de bâtiments en service datant de l'époque soviétique (grands navires de lutte ASM, submersibles, croiseurs lance-missiles). Il s'agit pour Moscou d'éviter un vide capacitaire avant que n'entrent en service des navires de nouvelle génération.

 

Sources : site IMDS, RIA Novosti, Arm-Tass, i-Mash.

 

Pour aller plus loin:

La Russie va moderniser ses grands navires de lutte ASM

Les sous-marins nucléaires de type Barrakuda et Kondor transformés en Yasen

L'Etat-major de la marine russe mécontent des nouvelles corvettes furtives

 

 

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René59 03/07/2013 16:50

Superbe article "Merci"