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Quelle activité navale russe en Méditerranée?

20 Mai 2013 , Rédigé par Khan Publié dans #Actualité

L'activité navale russe suscite depuis quelques jours de nombreux commentaires, toutefois, elle s'inscrit dans une dynamique plus globale de réinvestissement des eaux méditerranéennes par la Russie, et reste très limitée par rapport à ce que fut l'activité de la 5e escadre opérationnelle soviétique au cours de la Guerre froide.

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Les informations concernant l'activité navale russe en Méditerranée se sont multipliées ces derniers jours et ont très souvent été directement rattachées à d'autres informations du Wall Street Journal selon lesquelles la Russie entendait livrer des systèmes anti-missiles et anti-aériens S-300 à la Syrie. Toujours selon la même source, le détachement de navires russes en Méditerranée compterait désormais une douzaine de bâtiments qui patrouilleraient au large de la Syrie.

 

Le détachement naval russe en Méditerranée est à ce jour composé des navires suivants :

  • Le grand navire de lutte ASM Amiral Panteleïev (Projet 1155, flotte du Pacifique)
  • Le grand navire de lutte ASM Severomorsk (Projet 1155, flotte du Pacifique)
  • La frégate Yaroslav Mudriy (Projet 11540, flotte de la Baltique)
  • Le grand navire de débarquement Peresvet (Projet 775III, flotte du Pacifique)
  • Le grand navire de débarquement Amiral Nevelski (Projet 775II, flotte du Pacifique)
  • Le grand navire de débarquement Azov (Projet 775III , flotte de la mer Noire), qui a franchi les Détroits turcs le 19 mai dernier
  • Le grand navire de débarquement Nikolaï Filtchenkov (Projet 1171, flotte de la mer Noire), qui devrait quitter sa base navale pontique prochainement
  • Les navires de support logistique Altaï, SB-921 et Fotiy Krilov
  • Les ravitailleurs Lena, Dubna et Petchenga

Soit, si l'on considère les grands navires de lutte ASM, la frégate et les navires amphibies, 7 bâtiments principaux, pour un tonnage d'environ 36 200 tonnes, et un âge moyen de 23,7 années. Ces valeurs ne prennent pas en compte le probable sous-marin nucléaire qui pourrait éventuellement être déployé pour protéger cette escadre, comme cela a été le cas lors des grandes manoeuvre interflottes réalisées fin janvier 2013. Pour comparaison, au maximum de son activité au cours des années 1970 - début des années 1980, la 5e escadre opérationnelle soviétique comportait entre 50 et 60 bâtiments, ainsi que des sous-marins nucléaires. Aussi, le déploiement de navires russes ne prétend pas contrer une hypothètique opération occidentale en Syrie, mais possède plus une valeur dissuasive.

 

L'activité navale russe devrait cependant s'accroître dans les années à venir. Si l'on en croit le commandant en chef de la marine, l'un des deux Mistrals achetés par la Russie et en cours de construction en France, pourrait constituer le navire amiral de l'escadre méditerranéenne que la Russie entend déployer en permanence à compter de 2015. Plus précisément, il s'agirait du Sébastopol.

 

Concernant les livraisons d'armements, si la question des S-300 occupe depuis quelques jours les devants de l'actualité, il ne faut pas oublier que d'autres systèmes anti-aériens ont déjà été livrés où sont en cours de livraisons, dans le cadre de la réalisation de contrats signés entre Rosoboronexport (agence fédérale russe pour les exportations et les importations de matériels militaires), et Damas, dont (source SIPRI):

  • 36 à 50 systèmes mobiles anti-aériens Pantsir-S1 (courte et moyenne portée), dont la livraison doit s'achever d'ici la fin de l'année 2013
  • 8 systèmes anti-aériens mobiles polyvalents 9K40 Buk dont la livraison s'est étalée sur 2010-2012
  • 2 batteries de défense cotière Bastion dont la livraison a été réalisée en 2010-2011 avec la livraison de 72 missiles anti-navires Yakhont (SS-N-26)

Si la commande des S-300 n'apparaît pas dans les registres du SIPRI, celles des missiles anti-navires apparaît bien et la livraison aurait déjà été réalisée, rendant le système opérationnel dès la fin 2011, notamment pour protéger Tartous où se trouve un point naval de support logistique russe.

 

Sources : SIPRI; RIA Novosti; Flotprom; Turkish Navy.net

 

Pour aller plus loin:

La présence navale russe en Syrie.

Le système de défense Bastion est opérationnel en Syrie.

Les exercices navals russes en Méditerranée entrent dans leur phase finale

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