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Lundi 10 février 2014 1 10 /02 /Fév /2014 11:51

La flotte de la mer Noire est mobilisée dans le cadre du vaste dispositif de sécurité qui entoure les JO de Sotchi. Les bâtiments russes assurent une présence dans la partie orientale du bassin de la mer Noire, un région qu'ils connaissent très bien, et où ils vont croiser deux bâtiments de l'US Navy.

 

Le ministère de la Défense russe avait annoncé voilà plusieurs mois que la flotte de la mer Noire serait mobilisée pour assurer le volet maritime du dispositif de sécurité entourant les JO. A l'ouverture des jeux, le vendredi 7 février, ce sont 7 bâtiments de guerre russe qui croisaient au large de Sotchi :

 

- le croiseur lance-missiles Moskva (navire amiral),

- la frégate Pitlivy,

- le petit navire de lutta ASM Alexandrovets,

- le petit navire de lutte ASM Mouromets,

- le remorqueur Kovrovets,

- le remoqueur Turbinist,

- le navire de renseignement Priazovié

 

Sont également rendus disponibles 9 bâtiments stationnés à la base navale de Novorossisk (notamment ceux de la 41e brigade des corvettes lance-missiles), distante de 113 milles nautiques de Sotchi, ainsi que 8 navires du service des gardes frontières du FSB. Rappelons également que le croiseur nucléaire lance-missiles Pierre de Grand (flotte du Nord), qui croise en Méditerranée orientale, fait également partie du dispositif.

 

Tout en assurant une présence au large de Sotchi, ces navires vont être aménés à côtoyer deux bâtiments de l'US Navy, la frégate USS Taylor et le navire de commandement amphibie USS Mount Whitney  (navire amiral de la VIe flotte). Ces deux bâtiments ont franchi respectivement le Bosphore le 5 et 4 février dernier. D'après le site officiel de l'Eucom, le commandement opérationnel américain pour l'Europe, leur présence n'est pas liée à la tenue de JO. Leur déploiement en mer Noire s'inscrit dans le cadre d'une "mission de routine visant à établir et améliorer la coopération, les entrainements mutuels et l'interopérabilité avec les nations partenaires et les alliés". Il n'en demeure pas moins que depuis leur arrivée en mer Noire, ces bâtiments ont réalisé des évolutions au large des côtes abkhazes et à 20 milles nautiques des côtes de Sotchi.

En vertu de l'article 18 de la Convention de Montreux, dont les Etats-Unis ne sont pas signataires, mais qu'ils se sont néanmoins engagés à maintes reprises à respecter, ces deux navires ne pourront rester plus de 21 jours en mer Noire. Ils ne pourront donc rester jusqu'à la fin des JO qui est prévue le 23 mars, après les paralympiques.

 

Au cours de leur séjour en mer Noire, il est également prévu que les bâtiments américains visitent les ports turcs de Sinope et Trébizonde, et très probablement le port géorgien de Batoumi. Il n'est en revanche prévu aucune visite des ports russes et ukrainiens.

Hasard du calendrier ou conséquence de l'arrivée de deux navires américains en mer Noire, la Russie a rappelé la frégate Smetlivy de Méditerranée. Le Smetlivy, qui appartient également à la flotte de la mer Noire, a franchi le Bosphore le 7 février.

 

Côté russe, la présence navale américaine en mer Noire est toujours très mal perçue. Dans le cas de l'USS Taylor et de l'USS Mount Whiney, cette présence est bien jugée comme légale, mais elle n'est une fois de plus pas "bienvenue". Dans le contexte des JO et des évenements qui se déroulent en Ukraine, ce déploiement peut en effet être interprété comme relevant plus de la diplomatie navale et de raisons politiques, que d'un déploiement purement routinier.

 

Sources : Black Sea News, Turkish Navy Net, Eurasianet.org, Eucom.mil

Par Khan - Publié dans : Actualité - Communauté : Défense et Géopolitique
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Vendredi 6 septembre 2013 5 06 /09 /Sep /2013 16:50

Les représentants des pays du G20 se rencontrent actuellement Saint-Pétersbourg, et le dossier syrien occupe une place importante au sein de leurs échanges. Tandis que les Américains et les Français semblent s'acheminer vers une intervention armée en Syrie, la Russie renouvelle son dispositif naval en Méditerranée orientale.

 

L'accroissement de l'activité navale russe constatée ces dernières semaines en Méditerranée orientale ne constitue pas en soi une rupture dans la présence de la Russie dans les eaux méditerranéennes. Cette activité s'inscrit, rappellons-le, dans un mouvement global de réinvestissement  de la scène géopolitique méditerranéenne au sens large (Moyen-orient inclu) par Moscou. La crise syrienne sert de catalyseur à cette réappropriation par le Kremlin d'un espace seulement délaissé au cours de la décennie 1990, mais qui a fait l'objet d'une attention particulière de la part de la Russie depuis maintenant plus de deux siècles. D'ailleurs, rappellons que Moscou a tenu ses plus importantes manoeuvres navales jamais réalisées depuis la chute de l'URSS en janvier dernier dans le bassin oriental de la Méditerranée.

 

Depuis quelques semaines maintenant, Paris et Washington semble s'acheminer vers la mise en oeuvre d'une intervention militaire "limitée" en Syrie, notamment afin de répondre à l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien. L'utilisation avérée ainsi que l'ampleur de la supposée utilisation font encore l'objet de vifs débats en France et aux Etats-Unis, ainsi qu'à Saint-Pétersbourg. Aux diverses déclarations d'officiels français et américains se sont ajoutés ces derniers jours les déploiements d'un destroyer supplémentaire de l'US Navy et de la frégate anti-aérienne française Chevalier Paul en Méditerranée orientale.

De son côté, la Russie a également annoncé le renouvellement de son dispositif naval dans la région. Voici les navires russes qui croisent actuellement dans les eaux méditerranéennes ou qui font route vers le bassin oriental :

  • Le grand navire de débarquement Amiral Nevelskoy (Projet 775/II, flotte du Pacifique), annoncé comme devant quitter prochainement le thêatre méditerranéen
  • Le grand navire de lutte ASM Amiral Panteleiev (Projet 1155, flotte du Pacifique), a franchi les Détroits turcs le 1er septembre, récemment en Méditerranée
  • Le grand navire de débarquement Minsk (Projet 775/II, flotte de la Baltique), a franchi les Détroits turcs le 5 septembre, récemment arrivé en Méditerranée
  • Le grand navire de débarquement Peresvet (Projet 775/III, flotte du Pacifique), annoncé comme devant  prochainement quitter le théâtre méditerranéen
  • Le grand navire de débarquement Azov (Projet 775/III, flotte de la mer Noire), a franchi les Détroits turcs le 20 août dernier, récemment arrivé en Méditerranée
  • Le grand navire de débarquement Nikolaï Filchenkov (Projet 1171, flotte de la mer Noire), en escale à Novorossisk demain avant de mettre le cap sur la Méditerranée orientale
  • Le grand navire de débarquement Novotcherkassk (Projet 775/II, flotte de la mer Noire), a franchi les Détroits turcs le 5 septembre dernier, récemment arrivé en Méditerranée
  • La frégate Neustrachimy (Projet 11540, flotte de la Baltique), annoncée comme devant prochainement quitter la Méditerranée
  • Le navire de renseignement Priazovie (flotte de la mer Noire), a franchi les Détroits turcs le 5 septembre dernier, récemment arrivé en Méditerranée

Par ailleurs, le grand navire de lutte ASM Smetlivy (Projet 61, flotte de la mer Noire), doit quitter son port d'attache de Sébastopol (Crimée) le 12 septembre prochain (au plus tard le 14) et mettre le cap sur la Méditerranée orientale.

Le croiseur lance-missiles Moskva (Projet 1164), navire amiral de la flotte de la mer Noire, est attendu dans la région le 17 septembre. Il se trouve actuellement dans l'Atlantique, sur le chemin du retour d'une tournée réalisée à Cuba, au Vénézuela et au Nicaragua.

Enfin, les vedettes lance-missiles Chtil (Projet 12341, flotte de la mer Noire) et Ivanovets (Projet 12411, flotte de la mer Noire) doivent également rejoindre l'escadre russe au large de la Syrie le 29 septembre prochain.

 

L'escadre russe comprend donc des bâtiments issus de trois flottes, celles de la Baltique, de la mer Noire et du Pacifique. Il se pourrait que croise également un submersible, probablement issu de la flotte du Nord.

 

Sources : RusNavy, Ria Novosti, Turkish Navy.net

 

Pour aller plus loin:

Quelle activité navale russe en Méditerranée?

Quatre flottes russes en Méditerranée

La présence navale russe en Syrie.

Par Khan - Publié dans : Actualité - Communauté : Défense et Géopolitique
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Mardi 2 juillet 2013 2 02 /07 /Juil /2013 20:03

Alors que l'édition 2013 du salon naval international de Saint-Pétersbourg (IMDS) approche, le directeur en charge des commandes d'Etat chez OSK (consortium des constructions navales russes) a critiqué l'achat par la Russie de navires de combat à l'étranger. Une opinion qui reflète une ligne de partage dans le monde militaro-industriel russe.

 

"Je suis intimement convaincu que notre pays ne doit pas acheter de navires de combat à l'étranger. Si toutefois il en achète, alors cela doit rester exceptionnel et reposer sur un besoin exprimé communément par le Ministère de la Défense et la marine, parce que nous savons et devons construire des navires par nous même". C'est en ces termes que le directeur du départment des commandes d'Etat chez OSK s'est exprimé à Saint-Pétersbourg, à quelques heures de l'ouverture de l'IMDS 2013. Les déclarations d'Anatoli Chlemov reflètent plus généralement une opinion assez répandue au sein du complexe militaro-industriel russe, et qui s'est faite notamment jour lorsque Moscou a opté pour la commande de BPC auprès de la France.

Selon M. Chlemov, la sécurité nationale, la nécéssité de développer et soutenir l'industrie russe et enfin, la conservation des perspectives de coopération militaro-technique justifient de produire les navires de combat en Russie. Il n'a toutefois pas écarté la possibilité de se fournir à l'étranger pour l'achat ponctuel de systèmes devant équiper les navires.

 

Le salon IMDS de Saint-Pétersbourg, une tribune pour les exportations navales russes

 

Le salon IMDS-2013 s'ouvre demain à Saint-Pétersbourg et durera jusqu'au 7 juillet. Près de 29 pays participent au salon, et OSK doit y tenir des discussions avec plus de 40 délégations étrangères. Le consortium des constructions navales russes entend placer des bâtiments tels que les submersibles classiques de type Amour-1650 et Amour-950, les frégates du Projet 22356 (version export de la frégate du Projet 22350), ainsi que des corvettes lance-missiles. La Russie a d'ailleurs livré à l'Inde hier, 1er juillet, la frégate Trikand, troisième unité du Projet 11356 appartenant au second lot de frégates indiennes. Il s'agissait de démontrer à quelques heures de l'ouverture de l'IMDS que la Russie a la capacité à livrer en temps et en heure les commandes passées par des clients étrangers. Une capacité qui possède cependant des limites exprimées par les retards accumulés par le chantier naval Sevmash dans la modernisation et la mise à niveau du porte-avions indien INS Vikramaditya (ex Amiral Gorshkov, Projet 11434). Même si les exportations de matériels militaires navals ne représentent en valeur que 18% de l'ensemble des exportations d'armements russes, il n'en demeure pas moins qu'elles sont vitales pour un secteur qui éprouve encore aujourd'hui des difficultés à surmonter la crise née des sous-investissments des années 1990. La Russie, qui se conçoit comme une puissance navale, renoue depuis quelques années avec des ambitions maritimes illustrées par le programme de réarmement naval 2012-2020, et le programme de modernisation des chantiers navals russes qui s'étend sur 2013-2030.

Emblème de la puissance naval, le porte-avions constitue la prochaine étape des ambitions maritimes de la Russie, et dans ce domaine, OSK a fait savoir que l'industrie navale russe était prête à relever le défi. "Le complexe militaro-industriel et le Ministère de la Défense travaillent ensemble sur le prochain programme d'armement d'Etat qui s'étendra sur la période 2016-2025" a ainsi déclaré Anatoli Chlemov. Ce programme doit notamment intégrer la construction du nouveau porte-avions russes dont les travaux d'avant projet sont déjà avancés.

 

Toutefois, la production navale russe reste entravée par une série de freins qui compromettent au mieux le calendrier, sinon la réalisation de certains programmes. Les capacités de productions limitées et hautement sollicitées par les commandes à l'export retardent le lancement ou l'achèvement de projets. L'entretien des bâtiments constitue également un problème, en particulier en mer Noire, où les capacités russes sont quasi inexistantes. Vladimir Poutine a eu beau interdire de sous-traiter l'entretien de bâtiments à des chantiers navals étrangers, un navire russe a encore récemment mis le cap sur la Bulgarie pour y subir des réparations. La tendance à la concentration, qui caractérise l'indutrie navale russe, ne devrait pas arranger la situation sur le court terme. Toutefois, l'émergence de pôles de constructions navales avec l'activation de nouvelles capacités en mer Noire et la réactivation de capacités en Extrême-Orient devrait, sur le long terme, porter ses fruits. Par ailleurs, le financement reste un problème malgré les efforts consentis en ce domaine par la Russie. Ainsi, le Ministère de la Défense et les industriels s'affrontent chaque année, à l'occasion des commandes d'Etat, sur les coûts de construction. Les écarts dans les évaluations des industriels et celles du Ministère de la Défense, sans parler de la "disparition" de sommes d'argent, sont responsables de retards dans les livraisons. Enfin, d'autres projets prennent du retard en raison de systèmes complexes qu'ils intègrent (submersibles classiques du Projet 677 par exemple, avec la propulsion anaérobie) ou des changements de spécifications multiples lors de la phase de construction (grands navires de débarquement du Projet 11711 Ivan Gren). L'expérience acquise par les ingénieurs russes dans le refittage de l'ex porte-avions soviétique Gorshkov sera mise à contribution pour la construction du prochain porte-avions russes. Toutefois, il n'existe à ce jour en Russie aucun chantier naval disposant des installations nécessaires pour mettre en oeuvre sa construction, surtout s'il s'agit d'un bâtiment à propulsion nucléaire.

En attendant, la flotte russe veillie, et les derniers mois ont été caractérisés par une vague d'annonces concernant la modernisation et l'augmentation de la durée de vie de bâtiments en service datant de l'époque soviétique (grands navires de lutte ASM, submersibles, croiseurs lance-missiles). Il s'agit pour Moscou d'éviter un vide capacitaire avant que n'entrent en service des navires de nouvelle génération.

 

Sources : site IMDS, RIA Novosti, Arm-Tass, i-Mash.

 

Pour aller plus loin:

La Russie va moderniser ses grands navires de lutte ASM

Les sous-marins nucléaires de type Barrakuda et Kondor transformés en Yasen

L'Etat-major de la marine russe mécontent des nouvelles corvettes furtives

 

 

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Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 19:58

L'activité navale russe suscite depuis quelques jours de nombreux commentaires, toutefois, elle s'inscrit dans une dynamique plus globale de réinvestissement des eaux méditerranéennes par la Russie, et reste très limitée par rapport à ce que fut l'activité de la 5e escadre opérationnelle soviétique au cours de la Guerre froide.

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Les informations concernant l'activité navale russe en Méditerranée se sont multipliées ces derniers jours et ont très souvent été directement rattachées à d'autres informations du Wall Street Journal selon lesquelles la Russie entendait livrer des systèmes anti-missiles et anti-aériens S-300 à la Syrie. Toujours selon la même source, le détachement de navires russes en Méditerranée compterait désormais une douzaine de bâtiments qui patrouilleraient au large de la Syrie.

 

Le détachement naval russe en Méditerranée est à ce jour composé des navires suivants :

  • Le grand navire de lutte ASM Amiral Panteleïev (Projet 1155, flotte du Pacifique)
  • Le grand navire de lutte ASM Severomorsk (Projet 1155, flotte du Pacifique)
  • La frégate Yaroslav Mudriy (Projet 11540, flotte de la Baltique)
  • Le grand navire de débarquement Peresvet (Projet 775III, flotte du Pacifique)
  • Le grand navire de débarquement Amiral Nevelski (Projet 775II, flotte du Pacifique)
  • Le grand navire de débarquement Azov (Projet 775III , flotte de la mer Noire), qui a franchi les Détroits turcs le 19 mai dernier
  • Le grand navire de débarquement Nikolaï Filtchenkov (Projet 1171, flotte de la mer Noire), qui devrait quitter sa base navale pontique prochainement
  • Les navires de support logistique Altaï, SB-921 et Fotiy Krilov
  • Les ravitailleurs Lena, Dubna et Petchenga

Soit, si l'on considère les grands navires de lutte ASM, la frégate et les navires amphibies, 7 bâtiments principaux, pour un tonnage d'environ 36 200 tonnes, et un âge moyen de 23,7 années. Ces valeurs ne prennent pas en compte le probable sous-marin nucléaire qui pourrait éventuellement être déployé pour protéger cette escadre, comme cela a été le cas lors des grandes manoeuvre interflottes réalisées fin janvier 2013. Pour comparaison, au maximum de son activité au cours des années 1970 - début des années 1980, la 5e escadre opérationnelle soviétique comportait entre 50 et 60 bâtiments, ainsi que des sous-marins nucléaires. Aussi, le déploiement de navires russes ne prétend pas contrer une hypothètique opération occidentale en Syrie, mais possède plus une valeur dissuasive.

 

L'activité navale russe devrait cependant s'accroître dans les années à venir. Si l'on en croit le commandant en chef de la marine, l'un des deux Mistrals achetés par la Russie et en cours de construction en France, pourrait constituer le navire amiral de l'escadre méditerranéenne que la Russie entend déployer en permanence à compter de 2015. Plus précisément, il s'agirait du Sébastopol.

 

Concernant les livraisons d'armements, si la question des S-300 occupe depuis quelques jours les devants de l'actualité, il ne faut pas oublier que d'autres systèmes anti-aériens ont déjà été livrés où sont en cours de livraisons, dans le cadre de la réalisation de contrats signés entre Rosoboronexport (agence fédérale russe pour les exportations et les importations de matériels militaires), et Damas, dont (source SIPRI):

  • 36 à 50 systèmes mobiles anti-aériens Pantsir-S1 (courte et moyenne portée), dont la livraison doit s'achever d'ici la fin de l'année 2013
  • 8 systèmes anti-aériens mobiles polyvalents 9K40 Buk dont la livraison s'est étalée sur 2010-2012
  • 2 batteries de défense cotière Bastion dont la livraison a été réalisée en 2010-2011 avec la livraison de 72 missiles anti-navires Yakhont (SS-N-26)

Si la commande des S-300 n'apparaît pas dans les registres du SIPRI, celles des missiles anti-navires apparaît bien et la livraison aurait déjà été réalisée, rendant le système opérationnel dès la fin 2011, notamment pour protéger Tartous où se trouve un point naval de support logistique russe.

 

Sources : SIPRI; RIA Novosti; Flotprom; Turkish Navy.net

 

Pour aller plus loin:

La présence navale russe en Syrie.

Le système de défense Bastion est opérationnel en Syrie.

Les exercices navals russes en Méditerranée entrent dans leur phase finale

Par Khan - Publié dans : Actualité - Communauté : Russie
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Vendredi 29 mars 2013 5 29 /03 /Mars /2013 14:32

Alors qu'il rentrait d'Afrique du Sud, le président russe Vladimir Poutine a ordonné la tenue d'exercices militaires de grande ampleur en mer Noire. Ces exercices méridionaux "surprises" interviennent dans un contexte de plus en plus tendu autour de la Syrie.


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Photo : Gazeta.ru


C'est depuis l'avion qui le ramenait de Durban (Afrique du Sud) que le président Poutine a lancé de vastes exercices militaires dans le Sud de la Russie. Les troupes russes ont été mises en état d'alerte jeudi 28 mars à 4h du matin, et selon le Ministère russe de la Défense, ce sont 7 000 hommes, 250 blindés, 50 pièces d'artillerie et 20 avions de combat qui ont été mobilisés. La flotte de la mer Noire est également mise à contribution avec la mobilisation de 30 bâtiment sur 42, soit près de 70% de ses unités d'active. Selon l'agence de presse russe RIA Novosti, ces exercices doivent s'achever d'ici la fin de la semaine.

 

Depuis jeudi, les troupes russes ont effectué de nombreux exercices, et Vladimir Poutine s'est personnellement rendu ce vendredi dans la zone des manoeuvres, au polygone de Raïevski (kraï de Krasnodar), afin d'en superviser le déroulement. Des unités d'infantrie et 80 blindés ont ainsi parcouru près de 500 km depuis Rostov-sur-le-Don afin de rallier le polygone désigné comme un objectif, et d'y réaliser des exercices de tir, tandis que des bâtiments de la flotte de la mer Noire ont effectué des opérations nocturnes de débarquement dans les environs de Novorossisk (kraï de Krasnodar). Les exercices "surprises" ont également impliqués des unités Spetsnaz (45e unité spéciale basée à Kubinka, oblast de Moscou) et des troupes aéroportées. Vladimir Poutine a ainsi assisté au parachutage de ces troupes en provenance de Moscou, Riazan et Tula, au-dessus du polygone de Raïevski.

Selon le Ministère russe de la Défense, la tenue de ces exercices se déroulent en conformité avec le droit international, et n'a nécessité aucun préavis aux pays étrangers, et n'impliquent pas non plus la présence d'observateurs étrangers. Toutefois, selon le Ministère ukrainien de la Défense Moscou aurait prévenu six jours à l'avance Kiev de la tenus de vastes exercices, et toujours selon le MinDéf ukrainien, ces manoeuvres se dérouleraient conformité avec les accords bilatéraux concernant les activités de la flotte russe de la mer Noire en Ukraine.

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Photo : Ministère russe de la Défense


La tenue de tels exercices soulèvent un certain nombre de questions quant au moment où ils interviennent, quant à leur ampleur et à leurs objectifs. Selon le Ministère russe de la Défense, il s'agit avant tout de tester la préparation au combat des troupes du commandement militaire de la région Sud, et leur capacité à réagir face à une situation d'urgence. De tels exercices ce sont d'ailleurs déroulés dans le commandement militaire de la région Centre au mois de février dernier. Cependant, dans le cas présent, ces manoeuvres s'inscrivent dans un contexte tendu : la flotte de la mer Noire a été l'objet d'inspections régulières ces derniers mois dont les résultats ont pointé de nombreuses insuffisances. Selon la revue russe spécialisée vpk, la flotte de la mer Noire serait même difficilement capable de protéger les intérêts russes en mer Noire dans l'hypothèse d'un conflit avec la Turquie. En outre, sa capacité à intervenir sur le théâtre naval méditerranéen demeure également limitée.

Compte tenu des tensions actuelles en Méditerranée orientale autour de la Syrie, et de la volonté démontrée par Moscou de réinvestir la scène navale méditerranéenne en y déployant en permanence un détachement opérationnel à partir de 2015, disposer d'un outil naval crédible et efficace en mer Noire reste stratégique pour la Russie.

Or, ces exercices interviennent alors que la situation semble évoluer sur le dossier syrien. Alors que Moscou reste opposée à tout forme d'intervention étrangère en Syrie, le chef de la mission de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood, a appelé jeudi 28 mars la communauté internationale à envisager la création d'une zone d'exclusion aérienne (NFZ en anglais) au dessus de la Syrie. Cette déclaration, réalisée lors d'une interview accordée à la BBC, intervient alors que sur le plan politique, l'opposition syrienne occupe depuis trois jours à le siège de la Syrie à la Ligue arabe. L'opposition syrienne a également ouvert sa première "ambassade" au Qatar il y a deux jours. Même si ce dernier geste reste symbolique, il tend à démontrer que les choses s'accélèrent sur la plan politique, et pourraient ainsi être le prélude à de plus amples développement militaires. Les manoeuvres russes dans la région de la mer Noire ont également impliqué des mouvements de l'aviation stratégique située sur la base d'Engels (oblast de Saratov). Des bombardiers stratégique Tu-160, Tu-95MS et Tu-22M3, des avions ravitailleurs Il-78, des avions de combat Su-27 et MiG-31 ont ainsi été mobilisés.

 

Qu'ils soient liés ou pas aux développements actuellement en cours en Syrie, ces vastes exercices russes témoignent en tous le scas de la détermination de Moscou à rester impliquée dans la protection de ses intérêts en mer Noire et en Méditerranée. Or, en Syrie, les intérêts russes se heurtent à ceux d'autres acteurs, dont ceux de la Turquie, le grand voisin pontique de Moscou. En lançant ces exercices, Vladimir Poutine a peut-être voulu rappeler aux Turcs qu'ils n'ont pas "carte blanche" dans la région.

 

Sources : RIA Novosti ; Revue vpk ; Turkishnavy.net ; site du Ministère russe de la Défense ; Eurasian Defense.

 

Pour aller plus loin :

La flotte de la mer Noire se fortifie

Les exercices navals russes en Méditerranée entrent dans leur phase finale

Quatre flottes russes en Méditerranée

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Vendredi 11 janvier 2013 5 11 /01 /Jan /2013 23:18

La livraison du SNLE K-535 Iouri Dolgorouki à la marine russe a donné lieu à de nombreuses annonces officielles concernant le futur des forces navales de la Russie. Cette remise demeure en elle-même un événement remarquable : la marine russe n'avait plus admis de SNLE au service actif depuis 1992.

 

Le K-535 Iouri Dolgorouki, navire tête de série des SNLE du Projet 955 Boreï, a enfin reçu son drapeau frappé de la croix de St André. Mis sur cale au mois de novembre 1996 sous le nom de Saint-Pétersbourg, le K-535 fut finalement mis à l'eau plus de 10 ans plus tard, au mois de février 2008. L'admission au service actif du bâtiment a par la suite semblé indexé sur les essais usines et les essais en mer, mais également sur la mise en service du nouveau missile balistique intercontinental Boulava qu'il est censé mettre en oeuvre. Le submersible ne peut-être qualifié de "tout nouveau produit" des chantiers navals russes : sa coque a été construite à partir de celle d'un SNA soviétique du Projet 971 jamais achevé (il en va de même pour le K-550 Alexandre Nevski, second Boreï), tandis que celle du troisième SNLE (Vladimir Monomakh) a été construite à partir d'un SNA soviétique désarmé (Projet 971 également) .

Le second Boreï, le K-550 Alexandre Nevski (Projet 955A), a déjà été mis à l'eau, et selon Rossiskaïa Gazeta, il pourrait être remis à la Marine dès le mois de juillet prochain. Le troisième Boreï, le Vladimir Monomakh, a été sorti du hall de montage de Sevmash le 30 décembre dernier.

 

Cérémonie de remise du K-535 à la Marine russe

 

Source : RIA Novosti

 

 

La remise à la Marine de son premier SNLE de l'ère post soviétique a donné lieu à une série de déclarations officielles concernant l'avenir de la flotte de guerre russe. Selon le Président Vladimir Poutine, les forces navales russes recevront au cours des prochaines années plus d'une centaines de bâtiments, et ce sont près de 4 trillions de roubles qui seront investis dans leur modernisation (environ 100 milliards d'euros). La marine devrait recevoir 8 SNLE (Projet 955 et 955A) d'ici 2020. Plus précisement, d'ici 2016, ce sont 80 navires de support, 18 bâtiments de combat de surface, 30 navires pour opérations spéciales et 6 submersibles (SNLE et SSGN du Projet 885) qui devraient entrer en service dans les forces navales russes. Ces efforts s'inscrivent dans le cadre du plan d'armement jusqu'en 2020.

Toutefois, les chantiers navals auront-ils la capacités d'absorber toutes les commandes ? Lorsque l'on considère les retards qui se sont accumulés pour la livraison et les essais du Iouri Dolgorouki, et l'encombrement actuel des cales des chantiers petersbourgeois (commandes nationales et export), il semble peu probable que tous ces bâtiments soient livrés pour 2020. Mieux vaut compter avec le début des années 2020...dans le meilleur des cas.

 

Sources : Barents Observer ; Jane's ; Naval Today ; Arm-TASS ; Itar-TASS ; Rossiskaïa Gazeta.

 

Pour aller plus loin :

Le commandant en chef de la Marine russe évoque le futur porte-avions

Le K-535 Iouri Dolgorouki bientôt en service actif

La livraison du K-329 Severodvinsk reportée

Par Khan - Publié dans : Actualité - Communauté : Défense et Géopolitique
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