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Mardi 21 janvier 2014 2 21 /01 /Jan /2014 14:56

Le volet naval du programme d'armement russe pour la période 2011-2020 prévoit la mise à niveau et la modernisation de grands bâtiments de surface construits par l'URSS, et qui sont aujourd'hui en service au sein des forces navales de la Fédération de Russie. Certaines unités, placées en réserve, pourraient également être concernées.

 

Sur les €120 milliards d'investissements dont la marine doit bénéficier d'ici 2020, près de 30%, soit €40 milliards, serviront à financer la modernisation de bâtiments de surface et de sous-marins ex soviétiques. Les unités de surface concernées par ce programme sont parmi les plus importantes; il s'agit de l'unique porte-avions russe, l'Amiral Kouznetsov, du croiseur nucléaire lance-missiles Pierre le Grand (classe Kirov), des croiseurs lance-missiles de la classe Slava, et des grands navires de lutte ASM de la classe Oudaloy. En prolongeant la durée de vie de ces unités, il s'agit pour Moscou de pallier au manque de capacités hauturières qui risque de se produire à l'horizon 2020 en raison des retards accumulés par les nouveaux projets, dont celui des frégates polyvalentes du Projet 22350. En outre, la mise sur cale d'un destroyer de nouvelle génération n'est pas prévue avant 2015/2016. En ce qui concerne le futur porte-avions, la mise en chantier de l'unité tête de série, si elle a lieu, n'interviendra pas avant 2020/2021. Moscou cherche donc à gagner "à moindre frais" du temps en attendant de disposer d'unités dites de quatrième génération.

Toutefois, les économies coûtent parfois cher...

 

Le porte-avions Amiral Kouznetsov (Projet 1143.5)

 

Le Kouznetsov devait entrer en IPER fin 2013, et être remis en service en 2018. Toutefois, cette opération a été glissée sur la période 2014-2019, et interviendra donc après que le bâtiment soit revenu de son déploiement dans les eaux méditerranéennes. Le bâtiment devrait bénéficier de l'expérience acquise par Sevmash (Severodvinsk) lors de la (longue) modernisation de l'INS Vikramaditiya (ex Amiral Gorshkov). 

Il est prévu que la propulsion du Kouznestov soit changée : le système de propuslion par chaudière à mazout et turbines à vapeur qui équipe le bâtiment est trop peu fiable. Deux options de remplacement sont envisagées : une propulsion classique (COGAG ou CODAG) ou une propulsion nucléaire. Les Su-33 devraient être remplacés par des MiG-29K, et des catapultes devraient être installées. Les missiles anti-navires P-700 Granit, qui peuvent emporter une charge conventionnelle ou nucléaire, seront enlevés afin d'augmenter la capacité du hangar du PA.

admiral kuznetsov

Le porte-avions russe Amiral Kouznetsov. Source : inconnue.

 

Les croiseurs nucléaires lance-missiles du Projet 1144.2, classe Kirov

 

Il existe 4  unités de ce type de croiseur, dont une seule, le Pierre le Grand, est en service comme vaisseau amiral de la flotte du Nord. Le ministère de la Défense russe et OSK (consortium des constructions navales) ont signé au mois de juin 2013 un contrat portant sur la modernisation du croiseur Amiral Nakhimov, qui est la seconde unité du Projet 1144.2. La première unité, l'Amiral Ouchakov (Projet 1144), a été retirée du service en 2004, et la seconde, l'Amiral Lazarev (Projet 1144.2), a été placée en réserve dans la flotte du Pacifique. La modernisation de ces 2 unités est jugée trop coûteuse compte tenu de leur état. Tandis que le bureau d'étude Severnoe (Saint-Pétersbourg) s'est chargé des aspects techniques, c'est Sevmash (Severodvinsk) qui se charge de la mise en oeuvre de la modernisation. D'après le chantier naval, ce sont 70% des équipements de l'Amiral Nakhimov qui doivent être remplacés. Les travaux ont commencé cet été à Severodvinsk, et il est prévu que le bâtiment soir remis en service en 2018.

La modernisation de ce bâtiment de 26 000 tonnes coutera très certainement plus que les 5 milliards de roubles (soit environ €120 millions) mis sur la table par la Russie à l'été 2013. Cette somme permettrait en fait de remettre l'Amiral Nakhimov en état de marche, sans lui apporter de modifications, encore moins de le moderniser. Selon les sources, le coût réel estimé d'un tel chantier se situerait plus entre 40 et 60 milliards de roubles (€950 millions et €1,4 milliard). La marine russe souhaite en effet qu'à l'issu de sa modernisation, l'Amiral Nakhimov puissent emporter jusqu'à 80 missiles de différents types. Des UKSK devraient donc être installés en remplacement des P-700 Granit, et permettraient au bâtiment de mettre en oeuvre des missiles de la famille Kalibr. Il est également prévu d'installer un complexe "Poliment-Redut" (défense anti-aérienne). Un système Pantsir-S1 navalisé devrait également être installé de même que une version navalisée du système de défense anti-aérien S-500 (si cette version est prête d'ici 2018). Le système de propulsion nucléaire du vaisseau ne sera pas changé, mais il sera réparé et modernisé. L'Amiral Nakhimov sera donc en 2018 un croiseur atomique polyvalent, capable d'opérer contre des groupes de bâtiments ennemis en mer, comme de mener des opérations contre des cibles à terre.

Après cette première modernisation, Sevmash a d'ores et déjà prévu de procéder à celle du Pierre le Grand, dont le rôle de vaisseau amiral de la flotte du Nord devrait alors être repris par le Nakhimov modernisé.

Nakhimov.jpg

L'Amiral Nakhimov amarré à Sevmash. Source : Sevmash.

 

Les grands navires de lutte ASM du Projet 1155, classe Oudaloy

 

Il s'agit aujourd'hui des principaux bâtiments hauturiers russes, avec les deux croiseurs du Projet 1164 encore en service, et avec le Pierre le Grand. Sur les 13 bâtiments construits, huit unités sont encore en service, et une est placée en réserve .

Peu de nouvelles informations ont filtré depuis l'article que nous avions consacré en mars dernier sur ce projet.

Pour rappel, le budget prévu est de 2 milliards de roubles par unité (soit environ €50 millions par unité), mais il est probable que ce budget soit sous-estimé dans la mesure où la marine souhaite en fait transformer ces bâtiments en destroyers polyvalents. Des missiles de la famille Kalibr devraient être installés de même qu'un système de défense anti-aérienne S-400 Redut, et un canon A-192. La première unité modernisée doit être remise en service pas avant 2016. Toutefois, fin 2013, les spécifications techniques de la modernisation n'étaient toujours pas prête. On ne sait également toujours pas quel chantier naval sera en charge de la mise en oeuvre de la modernisation. Il se pourrait que ce soit Yantar (Kaliningrad) ou le chantier naval du Nord (Saint-Pétersbourg).


chabanenko   Le grand navire de lutte ASM Amiral Chabanenko. Source : inconnue. Ce sont ces navires qui sont principalement mobilisés pour les missions de lutte anti-piraterie au large de la Corne africaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les croiseurs lance-missiles du Projet 1164, classe Slava

 

La marine russe dispose de 2 de ces croiseurs de 12 000 tonnes : le Moskva, navire amiral de la flotte de la mer Noire, et le Variag, le navire amiral de la flotte du Pacifique.

Fin 2011, le ministère russe de la Défense et le centre de réparation Zvezdotchka (Severodvinsk) ont signé un contrat portant sur la réparation et la modernisation de la troisième unité, le Maréchal Oustinov, rattaché à la flotte du Nord. Le bâtiment, arrivé chez Zvezdotchka en juin 2011, devait initiallement être remis à la marine fin 2013. Toutefois, le chantier naval a annoncé au mois de décembre dernier que, compte tenu de l'étendu des travaux à réaliser, le Maréchal Oustinov ne serait pas disponible avant 2015. Il est notamment prévu de réparer le système propulsion, et de procéder à la modernisation des systèmes d'armement (installation d'UKSK), de navigation et de communication. Fin juin 2013, le bâtiment a été mis à flot à Severodvinsk. Il est prévu que Zvezdotchka se charge de la modernisation des deux autres unités, le Moskva et le Variag, une fois celle du Maréchal Oustinov terminée. Peu d'informations ont filtré sur le coût unitaire de la modernisation de ces bâtiments. Il est donc difficile de savoir concrètement ce que la marine russe veut "mettre" comme nouveaux équipements (canon de 130mm, missiles Klub?).

Une quatrième unité pourrait bien rejoindre la marine russe : le croiseur Ukraine, ex Amiral Lobov, aujourd'hui amarré à quai à Nikolaïev (Ukraine) et achevé à 95% (selon le chantier naval 61 Kommunara). Kiev et Moscou négocient depuis la fin des années 2010 le rachat de ce bâtiment par la Russie après que l'Ukraine ait renoncé à le moderniser pour sa propre marine. En septembre 2013, la partie ukrainienne, qui estime que le navire est achevé à 95%, a proposé de la vendre à Moscou pour 1 milliard de roubles (environ €24 millions). Cependant, fin 2013, les négociations semblaient encore se poursuivre. La signature en décembre dernier de l'accord Poutine-Yanoukovitch pourrait toutefois accélérer le processus, Russes et Ukrainiens s'étant accordés pour intensifier leur coopération notamment dans le domaine des constructions navales.

La Russie aura besoin de ces navires en particulier pour protéger ses futurs Mistrals dont la première unité, le Vladivostok, doit être versée à la flotte du Pacifique en 2015...soit en même temps que la remise en service du Maréchal Oustinov modernisé.

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Le croiseur Moskva à Sébastopol. Source : site officiel de la flotte de la mer Noire.

 

Sources : flotprom, rusnavy.com, Interfax, russiadefence.net, Ria Novosti, veille stratégique de l'auteur.

Par Khan - Publié dans : Surface - Communauté : Défense et Géopolitique
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Jeudi 16 janvier 2014 4 16 /01 /Jan /2014 10:02

Les forces de surface russes sont encore aujourd'hui largement composées de bâtiments ex soviétiques de seconde et de troisième génération. Tout comme pour les forces sous-marines, le programme d'armement 2011-2020 prévoit la construction de nouvelles unités dites de quatrième génération, mais il est également prévu de moderniser et prolonger la durée de vie de certaines unités en service ou placées en réserve. Cet article propose un récapitulatif des l'état d'avancement des nouveaux projets en cours de développement pour les forces de surface.

 

Le plan d'armement d'Etat 2011-2020 prévoit que la Russie investisse près de €500 milliards dans la modernisation de ses forces armées, dont environ €120 milliards, soit presque 25%, rien que pour ses forces navales. Environ 47% de cette somme attribuée à la marine (soit €56 milliards) servira à financer la construction de nouvelles unités, tandis que 30% (environ €40 milliards) servira à financer la réparation et la modernisation d'unités en service ou actuellement placées en réserve. Nous proposerons bientôt un article sur la modernisation des unités ex soviétiques.


D'ici à 2020, les forces navales russes de surface doivent recevoir 54 nouveaux bâtiments de combat, dont 20 frégates, 20 corvettes, 10 petits navires lance-missiles et 4 grands bâtiments amphibies. Elles doivent également être dotées de 96 bâtiments de soutien, 21 avions et 54 hélicoptères. Il est aussi prévu de réparer, mettre à niveau et moderniser 65 bâtiments de combat et 74 bâtiments de soutien déjà existants.

Fin 2013, le ministère russe de la Défense avait passé commande pour 41 bâtiments de combat de surface, dont 2 navires d'assaut amphibies universels (les 2 BPC de type Mistral commandés à la France), 2 grands navires de débarquements, 14 frégates, 15 corvettes et 8 petits navires lance-missiles. Sur ces 41 bâtiments, 24 étaient déjà à différents stades de construction, dont les 2 BPC de type Mistral, les 2 grands navires de débarquements, 9 frégates, 5 corvettes et 6 petits navires lance-missiles. Fin 2013, 6 de ces bâtiments avaient déjà été mis à l'eau : 1 BPC, 1 grand navire de débarquement, 1 frégate, 1 corvette et 2 petits navires lance-missiles. Tout comme pour la modernisation des forces sous-marines, le programme de modernisation des forces de surface constitue un défi technique et technologique important pour le complexe militaro-industriel russe.

 

Les frégates

 

Frégates du Projet 22350, classe Amiral Gorshkov

 

Les frégates du Projet 22350 ont été conçues par le bureau d'étude Severnoye et sont construites au chantier naval du Nord (Saint-Pétersbourg). Il s'agit d'un programme entièrement nouveau et qui pose de sérieux défis à l'industrie de la défense russe.

A ce jour, le ministère russe de la Défense a signé un contrat portant sur l'achat de 8 unités. Toutefois, il a été question de considérer l'achat d'un lot de 14 unités. Quatre unités de ce projet sont en cours de construction: l'Amiral Gorshokov (navire tête de série), l'Amiral Kasatonov (mise sur cale en novembre 2009), l'Amiral Golovko (mise sur cale en février 2012) et l'Amiral Isakov (mise sur cale en novembre 2013). Mise sur cale à l'été 2006, l'Amiral Gorshkov a été finalement mis à l'eau en octobre 2010. Outre les problèmes de financements qui ont retardé la construction de cette première unité, le retard constaté dans l'admission au service actif de l'Amiral Gorshkov serait causé par l'équipementier Almaz-Antey qui n'a pas livré le complexe anti-aérien Poliment-Redut dans les délais. La livraison du canon A-192 Armat a également connu des retards qui ont repoussé d'autant le début des essais en mer.

Au mois de novembre 2013, la frégate poursuivait ses essais à quai à Saint-Pétersbourg. La fin des essais de cette première unité est prévue pour le printemps 2014 avec une admission au service actif au sein de la flotte du Nord prévue pour l'automne 2014. Ce calendrier paraît toutefois bien optimiste. Suivant les sources ouvertes considérées, la seconde frégate, l'Amiral Kasatonov, pourrait être affectée à la flotte du Nord, à celle du Pacifique, voire à celle de la mer Noire. En revanche, la troisième unité et quatrième unité devraient être versées à la flotte du Nord. En ce qui concerne l'affectation des autres unités, peu d'informations ont été données.

Côté armement, les frégates du Projet 22350 seront notamment dotées du système 3R 14 UKSK, le VLS russe, et elles mettront en oeuvre les missiles surface-surface SS-N-26 Yakhont (Onyx P-800), SS-N-27 Sizzler (3M54 Klub) et les rockets ASM SS-N-29 (RPK-9 Medvedka).

Il est prévu de mettre sur cale 2 unités en 2014 (la cinquième unité devrait porter le nom de Amiral Youmachev), avec une admission au service actif prévue pour 2017. Deux autres unités devraient être mises sur cale en 2015, et leur admission au service actif serait prévue pour 2018. Compte tenu du rythme de construction actuel, l'objectif de 8 unités sera difficilement atteint d'ici 2020 : il est plus probable qu'il le soit vers 2023.

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La frégate Amiral Gorshkov à quai au chantier naval du Nord, novembre 2013. Source : airbase.ru

 

Frégates du Projet 11356M, classe Amiral Grigorovitch

 

Ces frégates multi rôles, également développées par le bureau Severnoe, sont des version améliorées des frégates soviétiques de type Krivak (Projet 1135 et 1135M). Il s'agit donc d'un programme de bâtiment de troisième génération dont le développement se déroule globalement selon le calendrier prévu. La marine russe devrait recevoir 6 unités de ce type d'ici 2020, toutes destinées à la flotte de la mer Noire.

A ce jour, 5 unités sont en cours de construction au chantier naval Yantar (Kaliningrad). La première unité, l'Amiral Grigorovitch, a été mise sur cale au mois de décembre 2010, et devrait être admise au service actif en 2014. Elle n'a toutefois toujours pas été mise à l'eau. L'Amiral Essen a été mise sur cale en juillet 2011, l'Amiral Makarov, en février 2012, l'Amiral Butakov, en juillet 2013, et l'Amiral Istomin, en novembre 2013. Il est prévu que la 6e unité, l'Amiral Kornilov, soit mise sur cale à l'hiver 2014.

Ces frégates mettent en oeuvre le système Shtil dont les VLS seront probablement équipés avec des missiles Buk-M3. Elles mettront également en oeuvre à partir de leurs VLS des missiles anti-navires SS-N-26 Yakhont (P-800 Onyx) et de  missiles SS-N-27 Sizzler (3M54 Klub).

Ce programme de construction de frégates semble réalisable dans les délais fixés. Si le lot de 6 unités ne sera probablement pas livré dans son intégralité d'ici 2016, il le sera d'ici 2020, voir dès 2018.

 

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Frégate du Projet 11356M. Source : sdelounas.ru

 

Les corvettes

 

Corvettes du Projet 20380 et 20385, classe Steregushchiy

 

Ces corvettes sont parfois classées comme des frégates par les experts navals occidentaux.

Ce projet a été conçu par le bureau d'étude Almaz, et les corvettes sont construites au chantier naval du Nord (Saint-Pétersbourg) et au chantier naval de l'Amour (Komsomolsk sur l'Amour). Les unités du Projet 20385, version améliorée du Projet 20380, sont en revanche construite uniquement au chantier naval du Nord.

A ce jour, la marine russe dispose dejà de 3 unités, les corvettes Steregushchiy (ASA 11.2007), Soobrazitelniy (ASA 10.2010) et Boikiy (ASA 05.2013), toutes en service dans la flotte de la Baltique. Le ministère de la Défense russe a signé un contrat portant en tout sur l'achat de 18 unités : 8 du Projet 20380 (dont les 3 déjà en service), et 10 du Projet 20385.

En ce qui concerne le Projet 20380, la construction des unités avance plus rapidement à St Pétersbourg où la corvette Stoïkiy a été mise à l'eau en mai 2012. Ses premiers essais en mer dans le golfe de Finlande ont débuté fin décembre 2013. Son admission au service actif au sein de la flotte de la Baltique est prévue pour le premier semestre 2014. Il convient de remarquer que le retard constaté entre la mise à l'eau et le début des essais en mer a été causé là aussi par des délais supplémentaires demandés pour la livraison du canon A-190 par Arsenal (St Pétersbourg) qui a perdu le marché au profit de Burevestnik (Nijni-Novgorod) en 2011. La corvette Sovercheniy, pourtant mise sur cale avant la corvette Stoïkiy, est toujours en cours de construction au chantier naval de l'Amour où a également été mise sur cale la corvette Gromkiy en mai 2012. Le chantier de Komsomolsk sur l'Amour devrait par ailleurs procéder à la mise sur cale des 2 dernières unités du Projet 20380 en 2014 avec une livraison prévue pour 2017. Toutes les unités construites dans ce dernier chantier sont destinées à la flotte du Pacifique.

Les 10 unités du Projet 20385 devraient toutes être construites par le chantier naval du Nord qui a déjà mis sur cale les 2 premières unités, les corvettes Gremiashchiy (02.2012) et Provorniy (07.2013). Toutefois, cette version améliorée du Projet 20380 a été critiquée pour son coût jugé trop élevé (environ $450 millions par unité). Trois nouvelles unités doivent être mises en chantier en 2014 (la prochaine unité ayant reçu le nom de Sposobniy). Les dernières corvettes de ce type doivent être livrées en 2019. Il y a peu d'informations sur leur affectation.

En terme d'armement, les corvettes du Projet 20380 mettent en oeuvre des missiles anti-navires SS-N-26 Yakhont, des rockets ASM SS-N-29 et disposent d'un système de lutte anti-aérienne Kashtan-M.

Les unités du Projet 20385 bénéficient d'un armement plus conséquent avec un système VLS Redut (missiles surface-air 9M96), et des VLS qui mettent en oeuvre des missiles anti-navires Onyx et des missiles de la famille Kalibr.

 

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La corvette Stoïkiy (Projet 20380) se prépare pour les essais en mer en décembre 2013. Source : russiadebate.com

 

Petits navires lance-missiles du Projet 21631, classe Buyan-M

 

Ces navires sont parfois considérés comme des corvettes. Ils ont été conçus et sont construits par le chantier naval Gorki de Zelenodolsk. Le ministère russe de la Défense a passé commande pour 8 unités. Les deux premières unités, le Grad Sviazhsk et le Ouglich, ont accompli avec succès leurs essais en mer en janvier 2014, et devraient être affectées à la flottille de la Caspienne cette année. Les 2 suivantes, le Velikiy Oustioug (mise sur cale en août 2011) et le Zeleniy Dol (mise sur cale en août 2012), seront également affectées à la flottille de la Caspienne. Les 4 unités suivantes devraient quant à elles être affectées à la flotte de la mer Noire. Le Serpukhov a été mis sur cale en janvier 2013, et sa mise à l'eau est prévu pour cette année. La sixième unité, le Vichniy Volochek, a été mis en chantier au mois d'août 2013 : sa mise à l'eau devrait avoir lieu en 2015. Les deux dernières unités devraient être livrées en 2016.

Ces corvettes mettent en oeuvre des VLS équipés de missiles Onyx et Kalibr.

 

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La corvette Grad Sviazhsk, janvier 2014. Source : service de presse du district militaire Sud

 

Les forces amphibies

 

Navire d'assaut amphibie universel, type Mistral.

 

La Russie a passé commande en juin 2011 de 2 BPC de type Mistral pour un montant de €1,2 milliard. Les navires seront construits par STX à St Nazaire (80% pour la première unité, 60% pour la seconde) et par l'usine de la Baltique (St Pétersbourg) dans le cadre d'un transfert de technologies. La première unité, le Vladivostok, a été mise sur cale en février 2012, et mise à l'eau en octobre 2013. Ses essais en mer doivent débuter au printemps prochain, et son admission au service actif devrait avoir lieu à l'automne 2014. La seconde unité, le Sébastopol, a été mise sur cale en juin 2013. Sa mise à l'eau devrait intervenir en octobre 2014, et son admission au service actif est prévue pour 2015. Ces deux bâtiments seront affectés à la flotte du Pacifique. La commande de 2 unités supplémentaires, si elle a lieu, interviendra après que la marine russe ait pratiqué les 2 premiers BPC, soit fin 2015/début 2016. Nous avons abordé cette question, ainsi que celle de l'armement et des moyens amphibies dans un article posté précédemment.

 

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Le futur BPC russe. Source : DCNS.

 

Grand navire de débarquement du Projet 11711, classe Ivan Gren

 

Il s'agit là d'un des programmes de construction de bâtiments de surface les plus compromis.

L'Ivan Gren est un  bâtiment dérivé du projet 1171 soviétique de grands navires de débarquement. Il a été conçu par le bureau d'étude Nevsky et c'est le chantier naval Yantar (Kaliningrad) qui se charge de sa construction. A l'origine, la marine comptait commander 6 unités de ce type. Toutefois, compte tenu des retards et problèmes accumulés par l'unité tête de série, l'Ivan Gren pourrait bien rester la seule unité de ce projet. L'Ivan Gren a été mis sur cale en décembre 2004, et sa construction a été ralentie pas des problèmes de financement ainsi que par des changements de spécifications intervenus au cours de sa construction. Le bâtiment a finalement été mis à l'eau au mois de mai 2012. Les essais du navire qui ont lieu à Yantar à l'automne 2013 ne se sont pas avérés concluants puisqu'au mois de janvier 2014, le chantier naval annoncé que la livraison du bâtiment n'interviendrait pas avant 2015. Une explication mise en avant pour justifier ce nouveau retard serait que les militaires russes souhaiteraient disposer d'un navire doté d'une plus grande autonomie afin qu'il soit capable d'opérer sur des théâtres navals éloignés. Autrement dit, basé en mer Baltique ou en mer Noire, l'Ivan Gren devrait pouvoir facilement opérer en Méditerranée, voire au large de l'Afrique. Selon certaines sources, la quille de la seconde unité aurait bien été posée, mais la construction immédiatement gelée en attendant la mise en exploitation de l'Ivan Gren

Comme indiqué auparavant, ce type de bâtiment devait prioritairement être affecté à la flotte de la mer Noire et la flotte de la Baltique en remplacement des grands navires de débarquement des projets 775 et 1171 à bout de souffle.

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L'Ivan Gren. Source : inconnue

 

Le futur destroyer

 

Les destroyers actuellement en service dans la marine russe sont les Sovremenny (Projet 956) qui ne prennent en fait jamais la mer dans la mesure où leur système de chaudière est très peu fiable. Sur les 17 unités entrées en service entre 1980 et 1993, seules 5 unités restent officiellement encore en service. Ces bâtiments constituaient, avec les grands navires de lutte ASM du Projet 1155 (type Oudaloy) l'épine dorsale de la flotte hauturière ex soviétique.

La mise en chantier d'une nouvelle génération de destroyers fait partie du plan d'armement 2011-2020 qui prévoit le début de la construction en série à compter 2019. Le bureau d'étude Severnoe (Saint Pétersbourg) est en charge de la conception du bâtiment, et c'est probablement le chantier naval du Nord (Saint-Pétersbourg), fort de sa longue expérience dans la construction de destroyers (destroyers de l'époque impériale, destroyers soviétiques du Projet 956, et frégates du Projet 22350), qui devrait se charger de la réalisation des navires. Le design du bâtiment doit être révélé en 2014, et la construction de la première unité devrait par la suite avoit lieu en 2015/2016. Mais que sait-on sur ce futur destroyer en ce début d'année 2014 ?

Les travaux de conception du bâtiment se poursuivaient encore fin 2013 : au mois de septembre 2013, le commandant en chef de la marine russe, l'amiral Viktor Tchirkov, s'est rendu chez Severnoe. Suite à cette visite, son porte-parole a indiqué que la propulsion du bâtiment pourrait bien être nucléaire, mais qu'une propulsion classique était également considérée. 

D'après les différentes pistes évoquées, le futur destroyer pourrait disposer aussi bien d'un tonnage de 7 500 tonnes (propulsion classique) que d'un tonnage deux fois supérieur, soit 15 000 tonnes (propulsion classique de type CODAG ou propulsion nucléaire). Toutefois, l'hypothèse d'un bâtiment disposant d'un déplacement de 12 000 tonnes semblent la plus probable, ce qui le rapprocherait des croiseurs lance-missiles de type Moskva (Projet 1164).

Severnoe devrait proposer un destroyer polyvalent, disposant de capacités ASM, anti-surfaces et anti-aériennes, et qui pourrait en outre mettre en oeuvre une défense anti-missile (on parle notamment d'y installer un système S-500 Prométhée, qui dispose de la capacité de traiter jusqu'à 10 cibles sur une portée de 600 km). Le bâtiment devrait être équipé en UKSK qui pourrait tirer des missiles de la famille Kalibr ainsi que des missiles anti-navires Onyx. Il serait également doté du système SAM Poliment-Redut développé par Almaz-Antey. Le destroyer devrait enfin être équipé du système de combat Sigma qui est graduellement installé sur les bâtiments de guerre russe.

Une des missions assignées au futur destroyer sera la protection des BPC de type Mistral russe, ainsi que celle du, voire des, groupes aéronaval(s) russe(s). En ce qui concerne le coût du bâtiment construit en série, certains experts avancent la somme de €1 milliard à €1,5 milliard par unité. En terme de nombre d'unité, il serait question de construite d'ici à 2030 jusqu'à 16 unités de ce type. Là encore, un véritable défi pour le complexe militaro-industriel et l'économie russe.

Nous avons consacré un article aux pistes envisagées pour le design du bâtiment en 2013.

 

Le futur porte-avions

 

En 2008, le commandant en chef de la marine russe, l'amiral Vladimir Vissotsky, avait déclaré que la Russie aurait besoin de 6 groupes aéronavals d'ici à 2030. Cette déclaration reflétait au passage l'assimilation au sein de la pensée navale russe du concept américain de groupe aéronaval. Toutefois, au mois de novembre 2013, le vice premier ministre Dmitri Rogozine rappelait, tout en mettant en doute la nécéssité pour la Russie de disposer d'un tel bâtiment, que la décision portant sur la construction d'un nouveau porte-avions n'avait pas encore été prise et qu'elle était avant tout politique.

Il convient de rappeler que le programme d'armement d'Etat 2011-2020 n'a prévu aucune forme de financement pour la construction d'un porte-avions. Le sujet alimente les débats au sein de l'élite politico-militaire russe en cette période de crise économique. Il n'en demeure pas moins que le ministère de la Défense russe a lancé les études concernant le développement d'un tel bâtiment.

En 2012, l'institut Krilov a ainsi développé conjointement avec le bureau d'étude Nevski (tous deux sont basés à Saint-Pétersbourg) un avant projet de porte-avions nucléaire d'un déplacement de 60 000 tonnes. Ce projet n'aurait cependant pas donné satisfaction à la marine dans la mesure où il s'inspirait encore trop de l'Oulianovsk, l'unique porte-avions nucléaire soviétique, mis sur cale en 1988 et jamais achevé. Ce projet reposait donc sur des technologies des années 1980, alors que la marine russe souhaiterait disposer d'un bâtiment pouvant rivaliser en terme de technologies avec la nouvelle génération de porte-avions américains de classe Gerald Ford. Fin 2013, les travaux portants sur la conception du futur porte-avions russe se poursuivaient, mais aucune décision quant à sa construction n'avait encore été prise. En revanche, le programme de constructions navales d'ici à 2050 devrait prévoir le développement d'un tel bâtiment. Il faudra atteindre également de voir si le plan d'armement 2016-2025 prendra en compte la construction de porte-avions. En tous les cas, si ils sont construits, les porte-avions russes seront déployés dans les flottes du Nord et du Pacifique.

D'après les dernières informations ouvertes disponibles, le design du futur PA sera présenté courant 2015, tandis que toutes la documentation technique serait prête pour 2018. La construction de la première unité pourrait débuter en 2020/2021, avec une mise à l'eau intervenant en 2024 et enfin, la livraison de la première unité vers 2027.

A quoi ressemblera le futur porte-avions russe ? Nous avons publié cet été sur ce blog un article concernant le design probable du bâtiment. Rappelons qu'à ce jour, deux options semblent se détacher : un porte-avions d'un déplacement de 60 000 tonnes, donc assez proche de celui du Kouznetsov, ou un porte-avions d'un déplacement de 80 000 t et d'environ 300 à 320 mètres de long.

Afin de construire le futur PA, l'industrie navale russe devra apprendre à mettre en oeuvre la construction sous forme de blocs. En ce sens, elle devait bénéficier de l'expérience acquise lors de la construction des BPC de type Mistral. Plus généralement, la construction de navires par blocs devrait être progressivement introduite dans les chantiers navals russes, d'abord pour les unités de taille modeste (corvettes) puis pour les unités plus importantes (frégates) avant de concerner le futur destroyer.

Le futur porte-avions embarquera entre 25 et 40 appareils qui seront soit des MiG-29K, soit des T-50 navalisés. En ce qui concerne l'entrainement des pilotes, la Russie construit un nouveau simulateur terrestre NITKA sur une base aérienne à côté de Ieïesk (kraï de Krasnodar) qui devrait être pleinement opérationnel en 2015. Moscou s'affranchit ainsi des installations situées en Crimée.

Enfin, le bâtiment devrait également intégrer des systèmes anti-aériens et une défense anti-missiles (S-500 ?). Concernant le coût unitaire du PA, aucune nouvelle information n'est apparue : nous pouvons donc rester sur le chiffre d'environ €2 milliards donné cet été.

 

PA rus 2013 1

Une maquette du futur PA russe présenté lors du salon naval international de St Pétersbourg cet été. Source : flotprom

 

Sources : flotprom, RIA Novosti, Interfax, Voice of Russia, Izvestia, Pravda, Russian Military Reform, Russian Defence.net, Rusarmy.com, IHS Jane's 360, veille de l'auteur.

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Jeudi 1 août 2013 4 01 /08 /Août /2013 21:03

La signature du contrat portant sur la modernisation du croiseur nucléaire lance-missiles Amiral Nakhimov est intervenue le 13 juin dernier entre le chantier naval Sevmash (Severodvinsk) et le ministère russe de la Défense. Depuis, les travaux ont débuté sur le bâtiment.

nahimov

Le ministère russe de la Défense et Sevmash se sont entendus sur la réparation et la modernisation du croiseur nucléaire lance-missiles Amiral Nakhimov (Projet 1144 Orlan) pour un montant de 50 milliards de roubles (€1,1 milliard), et ont signé la contrat correspondant le 13 juin dernier. Selon le document, il est prévu que le bâtiment refitté soit livré à la marine russe en 2018.

 

Les croiseurs nucléaires lance-missiles du Projet 1144 constituent les plus imposants navires de surface de leur catégorie, et ne disposent d'aucun équivalent, ni dans les flottes otaniennes, ni dans les autres flottes du monde. Conçu par le bureau d'étude Severnoe (Saint-Pétersbourg), le Projet 1144 s'inscrivait dans la stratégie de sanctuarisation du territoire soviétique par le verrouillage de ses approches maritimes en cas de conflit avec l'Ouest. Les croiseurs du Projet 1144 devaient avant tout neutraliser les groupes de porte-avions de l'OTAN, et interdire toute forme d'approche du territoire de l'URSS en étant capable de traiter en même temps des cibles aériennes, des cibles en surface et des cibles sous-marines. Disposant d'un déplacement en surface de près de 26 000 tonnes à pleine charge, les croiseurs de type Orlan sont dotés d'une puissance de feu impressionnante :

  • 20 tubes lance-missiles mettant en oeuvre le missile anti-surface Granit (3K45 / SS-N-19 Shipwreck) pouvant emporter une charge conventionnelle ou nucléaire. Disposant d'une portée allant jusqu'à 550 km, ce missile peut atteindre Mach 2.5. 20 missiles embarqués.
  • Système de défense anti-missiles S-300F "Fort", version navalisée du S-300. 12 lanceurs, 96 missiles embarqués.
  • Système de défense anti-aérienne "Osa-M". 2 lanceurs, 40 missiles embarqués.
  • Système de défense anti-aérienne "Kinzhdal". 16 lanceurs, 128 missiles embarqués.
  • Système de lutte ASM "Metel".
  • Lance-roquettes ASM RBU-6000 "Smerch 2", 12 tubes.
  • Lance-roquettes ASM RBU-1000 "Smerch 3", 2X6 tubes.
  • 2 hélicoptères Ka-27 ou 3 hélicoptères Ka-25 pour la lutte ASM
  • ...

Quatre unités ont été produites par le chantier naval de la Baltique (Saint-Pétersbourg) et ont été mises en service entre 1980 et 1998. Une cinquième unité a bient été prévue, mais elle n'a jamais été mise sur cale. L'unité la plus récente est le croiseur Pierre le Grand (projet 1144.2), actuel navire amiral de la flotte du Nord. Le croiseur Amiral Nakhimov (Projet 1144.2), qui est la troisième unité, a été admis au service actif en 1988 avant de rentrer à Sevmash en août 1999 pour y subir des réparations. Toutefois, le navire n'a plus quitté le chantier depuis cette date. En 2008, le rechargement de son réacteur nucléaire aurait bien débuté, et en mai 2010, l'Etat russe aurait débloqué des fonds pour la modernisation des installations électriques et le remplacement des missiles Granit.

Le croiseur Amiral Ouchakov a pour sa part été retiré du service en 2004 et le croiseur Amiral Lazarev a été placé en réserve dans la flotte du Pacifique. Toutefois, cette dernière unité est en bien trop mauvaise état, et sa modernisation coûterait certainement plus que 50 milliards de roubles. La modernisation du croiseur Amiral Nakhimov s'inscrit dans le contexte de la "vague de modernisation" de bâtiments ex soviétiques décidée en 2013 : grand navires de lutte ASM du Projet 1155, SSN du Projet 971 de même que le probable futur refittage du croiseur Ukraine (Projet 1164).

 

D'après Sevmash, ce sont près de 70% des équipements du croiseur qui doivent être démontés et remplacés. Le chantier naval, très sollicité à la fois pour les constructions des nouveaux SNLE (Projet 955) et SSGN (Projet 885), mais également pour des travaux de refittage sur le futur PA indien INS Vikramaditya, est toutefois parvenus à entamer le chantier du croiseur. Et les travaux sur les bâtiments devraient permettre... de financer le refittage de l'Amiral Nakhimov, même de façon modeste. A en croire Izvestia qui se réfère à Sevmash, ce sont 878 tonnes de métaux précieux qui ont été retirés du navire, dont 53 tonnes d'alliages d'aluminium, 66 tonnes d'aciers inoxidable, 115 tonnes d'alliages de cuivre et 644 tonnes de métaux ferreux. Le chantier naval escompte retirer près de 20 millions de roubles (€458 000) de la revente de ces métaux qui auront auparavant été fondus. Aluminium, cuivre, laiton et bronze devraient en effet représenter 25% des métaux à recylcer.

Toutefois, selon certains experts, la modernisation d'un tel bâtiment risque de s'avérer compliquée et Sevmash doit se préparer à relever les défis posés par un navire de conception soviétique pour lequel il n'était guère prévu de mise à niveau. En 2018, lorsque le croiseur Amiral Nakhimov modernisé doit être remis à la marine russe, il devrait être classé comme croiseur nucléaire d'attaque polyvalent. Il pourrait alors être équipé de systèmes de défense anti-aérienne Pantsir S-1 navalisé et de systèmes de défense anti-missiles S-400 (voire S-500?). Le bâtiment pourrait enfin être équipé de 10 UKSK (multipurpose ship firing system) qui est l'équivalent russe des VLS occidentaux (Mk-41 américain par exemple). Le UKSK (УКСК en russe pour Универсальный корабельный стельбовой комплекс) doit notamment équiper les frégates du Projet 22350. Voici ce que pourrait donner l'Amiral Nakhimov en terme d'équipements  une fois sa modernisation achevée:

 

Modernisation-Projet-1144.jpg

Source : alternathistory.org.ua

 

Traduction des systèmes:

1) Système de défense anti-missiles "Polyment-Redut" (S-400/S-500).

2) Système de défense anti-missiles "Morphée" (courte portée).

3) Système artillerie A190.

4) Système Puma 02.

5) Canon de défense anti-aérienne AK-630.

6) Système de défense anti-torpilles "Paket-NK".

7) Radar pour le système "Morphée".

8) Radar pour le système "Polyment".

9) Radar "Fregat M2EM" pour le système "Polyment".

10) 30X8 UKSK.

 

Toutefois, ce projet de modernisation est-il raisonnable? Pour la même somme de €1,1 milliard, la marine russe autait pu commander 2 frégates modernes du Projet 22350 ou 3 frégates modernes du Projet 11356. Les missions remplies par le croiseur nucléaire d'attaque polyvalent sont différentes de celles remplies par des frégates, et l'investissement consenti pour le refittage de l'Amiral Nalhimov illustre les ambitions hauturières de la Russie. Un tel bâtiment devrait par ailleurs faire partie du futur groupe aéronavale russe dont la mise en service pourrait intervenir au cours des années 2020.

 

Source : Izvestia ; site de Sevmash ; Vzgliad ; Russianships.info.

 

Pour aller plus loin:

Dmitri Rogozine et le développement des constructions navales russes.

Une nouvelle maquette du futur porte-avions russe présentée à Saint-Pétersbourg

Futur destroyer russe : plusieurs pistes, un projet.

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Lundi 1 avril 2013 1 01 /04 /Avr /2013 21:21

Le GRU (Direction générale des renseignements de l'Etat-major des forces armées russes) recevra l'année prochaine un nouveau navire de renseignement dont l'objectif sera de surveiller le bouclier anti-missiles américain dans le Pacifique.

 

Les marins qui serviront à bord du vice-Amiral Youri Ivanov devraient naviguer dans les eaux situées entre Hawaï et l'Alaska. Selon le journal russe  Izvestia qui s'appuie sur des sources au sein de l'armée et d'OSK (consortium des constructions navales russes), c'est en tous les cas l'une des pricnipales tâches qui sera assignée au Youri Ivanov une fois celui-ci admis au service actif.

Mis sur cale fin décembre 2004 au chantier naval du Nord (Saint-Pétersbourg), le vice-amiral Youri Ivanov est le navire tête de série du Projet 18280. Sa mise à l'eau était prévue pour 2012, toutefois, des retards de livraison chez les équipementiers l'ont notamment repoussé : elle est désormais prévue pour cette année, avec une livraison au ministère russe de la Défense en 2014. L'équipementier chargé de livrer les deux moteurs diesels du navire n'a pu par exemple en livrer qu'un seul il y a quelques jours au lieu des deux l'été dernier, et a dû s'acquitter de pénalités vis-à-vis du chantier naval. Une fois livré, le Youri Ivanov sera alors affecté à la flotte du Pacifique et exploité par le GRU.

 

Selon la source citée par Izvestia, le bâtiment sera affecté à la surveillance des élements du bouclier anti-missiles américain déployés sur Hawaï et en Alaska. Le Youri Ivanov sera équipé à cette fin de matériels pour le renseignements électroniques afin d'écouter, détecter et analyser les signaux émis par les sytèmes d'armements et les sytèmes de communications liés au bouclier américain. "Le Youri Ivanov est équipé d'un complexe de renseignement multispectre et peut traiter en même temps un grand nombre de signaux. Il peut non seulement en identifier la source, mais également analyser sa nature et son origine" a indiqué la source.

Le Youri Ivanov ne devrait disposer d'aucuns armements à son bord afin de ne pas être restreint dans ses déplacements. Contactés par Izvestia, des responsables du GRU ont confirmé que leurs attentes vis-à-vis du navire étaient très fortes. Le navire présente l'avantage de pouvoir opérer plus longtemps et plus discrétement que des moyens aériens (avions espions). Par ailleurs, le bâtiment viendra combler, très partiellement, un vide capacitaire, dans la mesure où l'essentiel des capacités de renseignements navals russes encore en service aujourd'hui repose sur la génération de bâtiments mis à l'eau par l'URSS dans les années 1970 et 1980 (Projet 1826 et Projet 864 notamment).

 

Une fois sa mise à l'eau effectuée, le Youri Ivanov entamera des essais en mer Baltique en 2014, tandis qu'une seconde unité devrait être mise sur cale d'ici le fin 2013.

 

Quelques caractéristiques techniques du Youri Ivanov (Projet 18280) :

 

Déplacement : 2 500 t (standard) ; 4 000 t (pleine charge)

Longueur : 95 m

Equipage : 120 hommes

 

Quelques photos (source :  airbase.ru)

Youri-Ivanov1.jpg

 

Youri-Ivanov-2.jpg

 

Youri-Ivanov-3.jpg

Source : Izvestia

 

Commentaire :

Même s'ils ne peuvent pas le dire aussi facilement que pour les Etats-Unis, ce navire servira également aux Russes pour surveiller l'accroissement de l'activité navale chinoise.

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Mardi 19 mars 2013 2 19 /03 /Mars /2013 21:34

La Russie va moderniser ses grands navires de lutte ASM de type Udaloy (Projet 1155, classe Fregat) qu'elle mobilise notamment pour les missions de lutte anti-piraterie au large de la Corne africaine depuis 2008.

chabanenko

L'Amiral Chabanenko, unique unité du Projet 1155.1

 

Les grands navires de lutte ASM du Projet 1155 et 1155.1 (classe Fregat et Fregat M) vont faire l'objet d'une modernisation au cours des prochaines années qui devrait augmenter leurs capacités de combat. Selon  Izvestia, l'Etat-major de la marine russe souhaite que soient installés sur les navires des canons A-192, des complexes de tir pour missiles Kalibr, des capacités de défense anti-aériennes accrues et des systèmes anti-missiles S-400. Une telle modernisation fera vituellement passer ces navires de la catégorie des grands navires de lutte ASM à celle destroyers dans la mesure où ils pourront désormais faire face à des menaces non seulement sous-marines, mais aériennes, terrestres et à des cibles en surface.

 

Selon la source au sein de l'Etat-major de la marine citée par Izvestia, la modernisation de chaque unité coûterait 2 milliards de roubles (environ €50 millions). A titre de comparaison, la construction du nouveau destroyer russe à partir de 2016 est à ce jour estimée à 30 milliards de rouble (€750 millions).

 

Les grands navires de lutte ASM du Projet 1155 ont été mis en service dans les années 1980, et disposent donc d'une moyenne d'âge de 30 ans. Si la marine russe modernise ces bâtiments ex soviétiques, c'est qu'elle anticipe un fort accroissement de son vide capacitaire en matière de bâtiments de haute mer au cours de la prochaine décennie. Le destroyer de nouvelle génération ne sera opérationnel, au mieux, qu'à l'horizon 2020, et d'ici là, la marine russe ne peut compter que sur les grands navires de lutte ASM du Projet 1155 (8 unités en services avec différents taux d'indisponibilité dans les flottes du Pacifique et du Nord, 1 unité en réserve) et sur les destoyers du Projet 956 Sovremeny (3 unités opérationnelles) qui ont également été livrés au cours des années 1980. Avec les navires du Projet 1155, les destroyers du Projet 956 forment aujourd'hui la base de la flotte hauturière de surface russe. Les nouvelles frégates du Projet 22350, en construction dans le chantier naval du Nord (Saint-Pétersbourg) sont certes adaptées aux missions hauturières, mais elles ne disposent pas du même gabarits que les bâtiments du Projet 1155, et avec un tonnage deux fois moindre, elles ne disposent pas non plus d'une autonomie suffisante pour de longues missions et ne peuvent embarquer un armement aussi conséquent.

 

Le cahier des charges pour la modernisation va être rédigé d'ici la fin de l'année, après quoi le Ministère russe de la Défense lancera un appel d'offre pour les bureaux d'étude qui devront présenter leurs projets de modernisation. En ce qui concerne la mise en oeuvre, le chantier naval naval du Nord et Yantar (Kaliningrad) pourraient être retenus. Selon le bureau d'étude Severnoe, concepteur du Projet 1155, l'installation de nouveaux systèmes d'armements requiert de changer presque toute l'électronique embarquée sur les navires. Selon une source au sein de Severnoe, la première unité modernisée ne pourrait que très difficilement être livrée avant 2016.

 

Source : Izvestia

 

Commentaire:

Après les submersibles des Projet 945, 945A et 971, la Russie modernise maintenant les grands navires de lutte ASM du Projet 1155. La flotte ex soviétique va continuer de servir de base à la marine russe pendant encore au moins une décennie.

 

Pour aller plus loin :

Futur destroyer russe : plusieurs pistes, un projet.

Futur destroyer russe : mise en chantier possible en 2016

La Russie va construire une nouvelle classe de navires de soutien

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Lundi 4 mars 2013 1 04 /03 /Mars /2013 18:19

La conception du futur destroyer russe, dont la construction devrait débuter en 2016, a emprunté plusieurs chemins au cours des dernières années. Voici les quelques évolutions remarquées et remarquables constatées au cours de la dernière décennie.

 

Dans le cadre de la modernisation de ses forces armées et de la mise en oeuvre du volet naval du programme d'armement 2011-2020 (ou State Armament Program 2011-2020), le Ministère russe de la Défense souhaite que la construction d'un nouveau destroyer multirôle capable de remplir des missions hauturières débute courant 2016.

Récemment, le bureau d'étude Severnoe (Saint-Pétersbourg) a présenté au Ministère russe de la Défense un projet de destroyer de 12 000 t, semblant ainsi écarter l'hypothèse d'une conversion pour les commandes nationales du Projet 21956 (déplacement de 9 000 t) proposé à l'export. D'ici 2015, Severnoe doit peaufiner la documentation technique de son projet afin de permettre une mise sur cale du bâtiment "leader" en 2016.

 

Projet 21956.2

Projet 21956.3

Le Projet 21956 (Bureau d'étude Severnoe). Ce bâtiment ne devrait être proposé qu'à l'export.

 

La construction d'un destroyer de nouvelle génération, apte à remplir un large panel de missions hauturières, a été mise sur la table dès l'été 2009 par l'amiral Vissotski, alors commandant en chef des forces navales russes. Le commandant chef avait alors souhaité que commence dès 2012 la construction de la première unité, l'objectif étant de remplacer les destroyers soviétiques du Projet 956.

 

Projet_956EM_schema.jpg

Projet 956 Sarych, classe Sovremeny

 

Au cours des années 1990, un certain nombre de projets de destroyers voient le jour. Ces projets bénéficient d'une forme d'inertie léguée par l'ex période soviétique dans la conception des navires, et bien qu'ils ne voient pas le jour, ils permettent d'entrevoir ce qu'aurait pu être la flotte hauturière soviétique. Les sérieuses difficultés rencontrées par la Russie dans les années 1990 empêchent la construction potentielles des destroyers du Projet 11000, du Projet 1156, et de la variante du grand navire de lutte ASM du Projet 1199 (destroyer du Projet 119990?).

 

Projet-11000.jpg

Destroyer du Projet 11000. La conception de ce destroyer voit le jour au début des années 1990 (1993?)

 

Projet-1156.jpg

Un destroyer du Projet 1156. Tout comme le Projet 11000, la mise sur cale de ces navires n'a jamais eu lieu.

 

Projet-11990.jpg

Les grands navires de lutte ASM du Projet 1199 (successeur de ceux du Projet 1155 qui ont eux été construits) ont connu une variante : les destroyers du Projet 11990 (?). Ces projets n'ont jamais été réalisés.

 

Au mois de mars 2009, la visite de Vladimir Poutine, alors Premier ministre, à l'institut Krilov (Saint-Pétersbourg), donne lieu à une première série d'hypothèses sur le design du futur destroyer russe. Un certain nombre de clichés, diffusés suite à cette visite, laissent entrevoir un bâtiment aux lignes "futuristes", abusivement baptisé "Projet 2145" en raison du numéro inscrit sur le pont d'envol des hélicoptères. Le travail de conception de ce bâtiment aurait débuté au début des années 2000, et un avant-projet aurait été présenté en janvier 2009, soit quelques semaines avant la visite du Premier ministre Poutine. Il était alors question d'équiper ces futurs bâtiments du système de défense anti aérienne "Redut" couplé au système de contrôle de mise à feu "Polyment" (qui équippent notamment les frégates du Projet 22350 en cours de construction).

 

Projet-2145c.jpg

 

La maquette du "Projet 2145" présentée à Vladimir Poutine lors de sa visite à l'Institut Krilov (6 mars 2009)

 

Projet-2145b.jpg

Le "Projet 2145"

 

Projet-2145d.jpg

 

Le "Projet 2145", source : Institut Krilov.

 

Projet-2145.jpg

Projet 2145a

 

 

Etant donné les derniers développements, cette piste semble avoir été écartée depuis, pour s'acheminer vers des lignes plus classiques, mais surtout vers un bâtiment certainement plus polyvalent que celui présenté à Vladimir Poutine en 2009 (cf. VLS non uniformisés sur le "Projet 2145").

Plus remarquables, des projets plus osés de design de destroyers ont vu le jour : ils resteront au stade de "vues d'artiste", mais témoignent néanmoins d'une forme d'ébullition dans le design des bâtiments de nouvelles générations en Russie, et s'inspirent certainement des lignes des nouveaux LCS américains. Ces nouvelles lignes tranchent nettement avec celles, plus soviétiques, des Projet 956, 21956, et même celles de la maquette du "Projet 2145" vue à l'Institut Krilov, qui rappellent malgré tout celles des croiseurs nucléaires lance-missiles du Projet 1144.

 

Projet-X.jpg

Projet-X1.jpg

Des Projets de destroyers de nouvelle génération aux lignes futuristes...

 

LCS-Independence.jpg

...quelques peu empruntées au LCS américains (modulo l'étrave inversée notamment)

 

Projet-X2.jpg

 

Projet-X3.jpg

Projet-X4.jpg

Un autre projet de destroyer "futuriste".

 

Du Projet 956 et ses "rejetons", jusqu'aux vues d'artistes ci-dessus, il est certain que le projet que présentera Severnoe dans plusieurs mois reste très attendu : le navire doit constituer, avec le futur porte-avions, l'articulation de la force océanique russe de nouvelle génération, censée être opérationnelle à l'horizon 2030.

 

Sources: airdefense.net ; militaryphotos.net ; site de Severnoe ; site Institut Krilov ; Militaryrussia.ru ; tsushima.su

 

Pour aller plus loin :

Futur destroyer russe : mise en chantier possible en 2016

La Marine russe approuve le projet de futur destroyer

Le commandant en chef de la Marine russe évoque le futur porte-avions

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