Russie-Ukraine

Lundi 21 avril 2014 1 21 /04 /Avr /2014 11:10

La Russie a commencé à transférer à l'Ukraine une partie des bâtiments ukrainiens stationnés en Crimée et saisis par les forces russes et pro-russes, ou remis par leurs équipages à la Russie, au mois de mars dernier.

 

Le volet criméen de la crise ukrainienne a abouti le 18 mars dernier au rattachement de la péninsule de Crimée et de la ville de Sébastopol à la Fédération de Russie. A l'issue de ce rattachement, la Russie a récupéré près de 70 bâtiments de la flotte ukrainienne, dont 12 navires de combat, ainsi que des systèmes d'armements que les forces ukrainiennes n'ont pas eu le temps d'évacuer des 193 bases et dépôts dont elles disposaient en Crimée.

 

Le 11 avril dernier, la Russie a entamé le transfert depuis la Crimée vers le port d'Odessa des premières unités ukrainiennes récupérées en mars. Ainsi, le 11 avril, la corvette lance-missiles Priluki et le tanker Fastov ont été remorqués depuis Sébastopol. Le 19 et le 20  avril, c'est depuis l'ancienne base navale ukrainienne de Donuslav en Crimée que les navires suivants ont été remorqués vers Odessa :

  • le navire moyen de débarquement Kirovograd (Projet 773),
  • la corvette de lutte ASM Vinitsia (Projet 1124P),
  • le remorqueur Kovel,
  • le navire de transport Gorlivka,
  • la corvette anti-incendie Eupatoria,
  • le remorqueur Novozerne

A ce jour,  la Russie aurait rendu à l'Ukraine 13 des 70 navires saisis à l'issue des opérations en Crimée le 26 mars dernier.

 

Loin d'être un geste de bonne volonté, si Moscou retourne à Kiev une partie de ses ex bâtiments, c'est qu'ils sont avant tout dans un mauvais état et ne peuvent servir, au mieux, qu'à être canibalisés pour entretenir les bâtiments russes. Les navires ukrainiens encombrent le port de Sébastopol et aussi bien leur réparation que leur démantelement représenterait un coût que la Russie ne souhaite pas payer. Seul le grand navire de débarquement Konstantin Olchansky sera probablement conservé et réparé pour augmenter les capacités amphibies de la flotte de la mer Noire.


Bien qu'ayant recouvré sa capacité à moderniser le port de Sébastopol et à y déployer de nouvelles unités, la Russie entend poursuivre la construction de la base navale de Novorossisk. La plupart des unités stationnées à Sébastopol doivent être redéployées sur Novorossisk une fois la base navale opérationnelle, probablement en 2015. Les nouvelles frégates du Projet 11356M devraient en partie être affectées à Novorossisk, tout comme les nouveaux submersibles de type Kilo. Vladimir Poutine a par ailleurs annoncé que la Russie débloquerait une enveloppe de $6,9 milliards pour développer la Crimée, dont $140 millions pour le secteur des constructions navales à Sébastopol.

 

Sources : BS News, Ria Novosti, bmpd.

 

Pour aller plus loin :

Les conséquences du rattachement à la Russie de la Crimée pour la marine russe

L'accord Poutine-Yanoukovitch et la flotte russe de la mer Noire

Par Khan - Publié dans : Russie-Ukraine - Communauté : Défense et Géopolitique
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Vendredi 28 mars 2014 5 28 /03 /Mars /2014 15:02

Au cours du référendum organisé le 16 mars dernier en Crimée, près de 96% des votants se sont exprimés en faveur du rattachement de la péninsule à la Fédération de Russie. Au-delà des débats qui entourent les circonstances dans lesquelles est intervenu ce vote, le retour de jure de la Crimée dans le giron de la Russie change la donne maritime russe en mer Noire.

 

Conséquence du résultat du référendum, le rattachement de la péninsule de Crimée et de la ville de Sébastopol à la Fédération de Russie a été officiellement signé le 18 mars 2014 à Moscou par le président Vladimir Poutine.

 

L'accroissement de la puissance maritime russe en mer Noire

 

Le rattachement de jure change la donne maritime pour la Russie en mer Noire :

 

  • La Russie devient l'Etat pontique qui possède le plus long littoral en mer Noire.
  • La Russie retrouve la pleine jouissance du meilleur port pontique, Sébastopol, et de sa base navale. Le site de Sébastopol, qui dispose de 8 baies en eau profonde, est incomparablement meilleur à celui de Novorossisk où une base navale est en cours de construction.
  • La mer d'Azov devient virtuellement une mer intérieure russe, tandis que la Russie contrôle désormais les deux rives du détroit de Kertch.
  • La Russie récupère une partie du plateau continental ukrainien. Le gisement gazier et pétrolier de Pallas situé en mer Noire au large du détroit de Kertch devient russe.

La possession du littoral constitue un des paramètres qui définissent une puissance maritime, surtout dans une mer fermée comme le bassin pontique. En ce sens, le rattachement de la Crimée accroit sensiblement la puissance maritime russe en mer Noire.

 

La fin des forces navales ukrainiennes

 

Avant la crise criméenne, la péninsule était déjà de facto sous le contrôle militaire de la Russie dont les forces armées déployées sur place surpassaient quantitativement et qualitativement les forces ukrainiennes. Compte tenu de la forte militarisation de la Crimée, le fait que l'intervention russe se soit déroulée sans combats meurtriers témoigne du dégré de préparation de cette opération et de la maîtrise des évènement par les forces russes et pro-russes.

 

Au cours des jours qui ont vu se dérouler les évènements ayant abouti au rattachement de la Crimée à la Russie, un certain nombre de bâtiments ukrainiens ont été récupérés par les Russes, ou sont passés à la Russie du fait du ralliement de leur équipage à la Russie. Les forces russes ayant saisi l'intégralité des 193 installations et sites militaires ex ukrainiens en Crimée le 26 mars dernier, un premier bilan peut donc être dressé.

Il convient de rappeler dans un premier temps que 12 000 des 15 450 hommes qui servaient la marine ukrainienne étaient déployés en Crimée. Avant la crise, les forces navales ukrainiennes étaient composées de 17 principaux bâtiments (1 frégate, des corvettes, et 1 sous-marins). Au 26 mars, la marine ukrainienne a perdu 12 de ces 17 unités au profit des forces navales russes.

Voici la liste des bâtiments récupérés par la Russie :

  • Le sous-marin classique U-01 Zaporojhie, devenu le B-435, est désormais rattaché à la 247e division des sous-marins basée à Sébastopol. Ce sous-marin avait été refité par la Russie il y a deux ans. Sa valeur opérationnelle est pratiquement nulle.
  • Le navire de commandement Slavutich
  • Le grand navire de débarquement Konstantin Olchansky
  • Le navire moyen de débarquement Kirovograd
  • Les corvettes Lutsk, Vinnitsa, Khmelnitsky, Ternopol
  • Les corvettes lance-missiles Priluki et Pridnieprovie
  • Les remorqueurs Tchernigov, Guenitchesk et Tcherkassy
  • 38 autres bâtiments de soutien.

La marine ukrainienne ne dispose aujourd'hui plus que de la base navale d'Odessa, et des navires suivants :

  • La frégate Hetman Saihadatchny
  •  3 + 3 (?) corvettes
  • 3 bâtiments de soutien, dont aucun remorqueur

Cette "marine" et en charge du littoral situé entre la frontière avec la Roumanie (ville de Sulina) et celle avec la Crimée.

L'aviation navale ukrainienne basée à terre a réussi à évacuer la base de Saki avant sa prise de contrôle par les Russes. Il en va autrement de certain systèmes d'armements (S-300, Buk-M1) probablement laissés par les Ukrainiens.

L'avenir de la marine ukrainienne est très incertain : elle a perdu ses principales infrastructures navales et ses principales unités.

 

Toutefois, la récupération des unités navales ex ukrainiennes par la flotte russe de la mer Noire ne va pas accroître la puissance de cette dernière. Si la flotte russe de la mer Noire est aujourd'hui une formation obsolète, l'ex flotte ukrainienne l'était encore plus. Les bâtiments récupérés par les Russes seront probablement canibalisés pour entretenir les unités russes en attendant l'admission au service actif de nouvelles unités prévues dans le cadre du programme d'armement 2011-2020.

 

Désormais, la Russie pourra verser de nouvelles unités, déployer de nouveaux systèmes d'armement et moderniser les infrastructures sébastopolitaines sans avoir à demander sa permission à Kiev. Il s'agit bien là d'une conséquence plus importante pour la marine russe que la récupération des unités ukrainiennes. La Russie a d'ailleurs annoncé ce jour qu'elle dénonçait une série d'accords passés avec Kiev, dont l'accord de 1997 sur le partage de la flotte ex soviétique de la mer Noire. L'armée russe a par ailleurs déployé dès le 9 mars une batterie côtière Bastion à Sébastopol, et a annoncé qu'elle entendait baser des bombardiers stratégiques Tu-22M3 en Crimée. Toutes ces mesures auraient été impossibles auparavant compte tenu des restrictions imposées aux forces russes en Crimée par les accords russo-ukrainiens (1997 et 2010).

 

Conclusion

 

Plus que sa puissance navale, c'est surtout la puissance maritime russe qui s'est accrue en mer Noire au lendemain du rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie. En revanche, le potentiel naval russe s'accroit considérablement dans la mesure où la modernisation des infrastructures navales de Sébastopol et la possibilité de pouvoir déployer de nouvelles unités sans aucune contraintes n'entravent plus le développement des forces navales russes dans le bassin pontique.

 

Sources : site officiel de la marine ukrainienne, site officiel de la flotte de la mer Noire, Ria Novosti, IHS Jane's 360.

 

Pour aller plus loin :

L'accord Poutine-Yanoukovitch et la flotte russe de la mer Noire

L'Ukraine retrouve l'usage de son unique sous-marin.

Par Khan - Publié dans : Russie-Ukraine - Communauté : Défense et Géopolitique
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Jeudi 19 décembre 2013 4 19 /12 /Déc /2013 09:38

L'accord russo-ukrainien signé le 17 décembre dernier à Moscou entre Vladimir Poutine et Viktor Yanoukovitch porte non seulement une importante aide économique russe à Kiev, mais également sur la coopération militaro-technique entre les deux pays. Les deux chefs d'Etat se sont notamment mis d'accord pour accélérer les discussions portant sur les modalités du remplacement des unités russes de la flotte de la mer Noire basées en Crimée.

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Les plus importantes unités de la flotte de la mer Noire (croiseur, grands navires de lutte ASM, grands navires de débarquement) sont aujoud'hui stationnées en Crimée, à Sébastopol, qui demeure en outre le quatier général de la flotte russe. Aux termes de l'accord de Kharkov signé en avril 2010 par Dmitri Medvedev et Viktor Yanoukovitch, la Russie dispose des installations militaires criméennes jusqu'en 2042, avec une option pour 5 années supplémentaires.

Si cet accord avait alors permis de normaliser les relations entre Kiev et Moscou mises à mal suite à la révolution orange de 2004, il ne réglait en rien, tout comme le précédent accord russo-ukrainien de 1997, la question de la modernisation de la flotte russe en ne fournissant aucun cadre juridique au remplacement des unités basées en Crimée. Tandis que Kiev défendait le principe du remplacement "type pour type" des navires, Moscou insistait sur son droit à désarmer et remplacer les navires sans contraintes de nombre ni de type. Pour la Russie, qui a entamé un vaste programme de modernisation de ses forces navales, il est essentiel de pouvoir disposer librement des installations navales sébastopolitaines, d'autant plus que la nouvelle base navale de Novorossisk, située sur les côtes russes de la mer Noire, n'est pas encore opérationnelle. Moscou a prévu de mettre en service jusqu'à 18 nouvelles unités en mer Noire d'ici à 2020. Les premiers nouveaux bâtiments devraient arriver en 2014 : le sous-marin classiques B-261 Novorossisk (Projet 0636.3), suivi probablement par le B-237 Rostov-sur-le-Don (même type). Pour les unité de surface, la première des 6 frégates du Projet 11356, l'Amiral Grigorovitch, pourrait également être admise au service actif en mer Noire d'ici la fin 2014.

 

L'accord Poutine-Yanoukovitch et la modernisation de la flotte russe de la mer Noire

 

Il convient de noter que l'accord du 17 décembre, tout en ne réglant pas les modalités du remplacement des unités russes, ouvre la voie au renforcement des positions navales de Moscou en Crimée, et plus largement, en mer Noire.

Le document évoque tous les sujets de litiges russo-ukrainiens autour du stationnement de la flotte russe en Ukraine, sujets qui entravent le développement des relations bilatérales, mais aussi qui gènent l'activité navale russe en Crimée. Les articles II-20 à II-23 prévoient ainsi que, d'ici la fin du premier trimestre 2014, les deux gouvernements signent des accords biltéraux portant sur les taxations et droits de douane qui pèsent sur l'entrée de matériels militaires russes en Crimée, et qu'un inventaire des installations utilisées par l'armée russe soit réalisé. Il est également prévu qu'un accord bilatéral réglementant les allers et venus des navires, avions et personnels militaires russes depuis et vers les installations criméennes soit signé. Sur cette question, hautement sensible, Kiev réclame que lui soit notifié en avance tout mouvement de navires, d'appareils ou de troupe, ce que refuse Moscou. Toutefois, c'est l'article II-24 qui reste surement le plus intéressant puisqu'il prévoit que les deux parties "entament des négociations sur la préparation d'un accord bilatéral portant sur le remplacement des armements et des équipements militaires de la flotte russe de la mer Noire basés sur le territoire ukrainien". Il s'agit là du contentieux le plus important entre Kiev et Moscou en ce qui concerne le déploiement de la flotte russe en Crimée.

Quelques jours avant la signature de l'accord Poutine-Yanoukovitch, une source officielle russe avait déjà évoqué la possibilité que toute aide économique de Moscou à l'Ukraine soit conditionnée à l'obtention de meilleures conditions pour le stationnement de la flotte russe en Crimée, et à la possibilité pour la Russie de disposer des capacités industrielles ukrainiennes stratégiques pour la défense russe. Pour ce dernier point, la question des chantiers navals ukrainiens est explicitement évoquée dans le document rendu public : Russes et Ukrainiens ont prévu de signer un mémorandum d'intention pour la coopération en matière de constructions navales. Rappelons que la Russie ne dispose plus d'aucun chantiers navals en mer Noire et envoie donc ses unités en Bulgarie ou dans les chantiers russes de la Baltique (Kaliningrad, St Pétersbourg) voire du Nord (Severodvinsk) pour qu'elles y subissent leurs IPER.

 

Quelques réflexions sur la portée de l'accord Poutine-Yanoukovitch

 

L'accord du 17 décembre, tout en ouvrant la voie à la résolution de nombreux litiges russo-ukrainiens autour de la flotte russe, amène un certains nombre de réfléxions.

Premièrement, le bras de fer entre la Russie et l'UE autour de l'Ukraine reste d'ordre géopolitique. Zbigniew Brzezinski avait affirmé que "Sans l'Ukraine, la Russie cesse d'être un Empire". La communauté Euro-Atlantique et la Russie ne sont pas parvenues à transcender le jeu à somme nulle qui caractérise leurs relations dans la région de la mer Noire d'une manière générale, et en Ukraine en particulier.

Deuxièmement, la Russie, comme elle le fait aujourd'hui au Kirghizistan, paye pour ramener dans son giron les anciennes républiques soviétiques jugées stratégiques pour ses intérêts. La question aujourd'hui est celle du coût de cet accord pour Moscou : $15 milliards pour financer une partie de la dette ukrainienne, plus $10 milliards de rabais sur la gaz (plus précisément $8 milliards étant donné que Gazprom détient $2 milliards de créances impayées par l'opérateur gazier ukrainien). Toutefois, il convient de ne pas inverser les rôles : c'est bien l'Ukraine qui a compromis sa souveraineté économique et industrielle en laissant son économie plonger dans la crise, et qui s'est mise en situation de dépendance totale vis-à-vis de ses créanciers.

Troisièmement, plus spécifiquement sur les termes de l'accord. La signature d'un accord bilatéral russo-ukrainien qui permettrait la modernisation de la flotte russe aux conditions de Moscou créerait un cadre dont ne pourront s'affranchir les successeurs de Viktor Yanukovitch. Pour cette raison, la signature de cet accord devrait intervenir avant l'élection présidentielle ukrainienne de mars 2015, tant que Viktor Yanoukovitch est au pouvoir. Aux termes de ce futur document, la Russie devrait acquérir une plus grande liberté navale en Crimée, et pouvoir plus facilement déployer les nouvelles unités qui doivent être mises en service en mer Noire d'ici 2020. Plus généralelement, les positions navales russes en mer Noire seront renforcées, ce qui contribuera à faire de la flotte russe de la mer Noire un facteur encore plus déterminant dans l'architecture sécuritaire navale pontique, ce qui a été rappelé par le président russe lors d'une conférence de presse au Kremlin le 17 décembre dernier.

Quatrièmement, sur les modalités du remplacement des unités russes. La première étape consiste à réaliser un inventaire des unités considérées. Il y a très peu de chances pour que le cadre retenu soit celui du remplacement "type pour type". Un rapide coup d'oeil au programme d'armement naval russe permet de constater que certains types d'unité actuellement en sevice ne devraient pas être renouvellés d'ici 2020 : les grands navires de débarquement, les grands navires de lutte ASM ou le croiseur lance-missiles Moskva (ce dernier sera modernisé, ce qui constitue un autre cas de figure). En revanche, le nombre de sous-marins sera augmenté, passant de 1 à 7. Il est plus probable que la Russie et l'Ukraine se mettent d'accord sur un plafond en terme de tonnage ou de nombre d'unité déployées à Sébastopol et Théodosie.

Enfin, on s'achemine vers une possibilité pour la Russie de pouvoir utiliser les chantiers navals ukrainiens. Ces chantiers sont aujourd'hui sous-utilisés et seules les commandes russes sont aujourd'hui capables de leur fournir du travail. Si ce scénario se vérifiait, Kiev et Moscou franchiraient une étape significative dans leur coopération militaro-technique en matière navale. En outre, cela libérerait des capacités dans les chantiers russes de la Baltique et du Nord, non sans soulever des protestations au sein du complexe militaro-industriel russe.

 

Sources : site du Kremlin, Reuters, Flot.com

 

Sur ce thème :

La Russie rachète le croiseur Ukraine

L'Ukraine retrouve l'usage de son unique sous-marin.


Par Khan - Publié dans : Russie-Ukraine - Communauté : Russie
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Lundi 1 avril 2013 1 01 /04 /Avr /2013 16:10

Si ce n'est pas un "poisson d'avril", Russes et Ukrainiens se sont accordés sur la vente par Kiev à Moscou du croiseur ex soviétique Ukraine. Cette vente, s'il est effectivement réalisée, concluera plusieurs années de difficiles négociations.

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La Russie et l'Ukraine sont finalement tombées d'accord sur le rachat par Moscou de l'ex croiseur soviétique Ukraine (Projet 1164 Atlant, classe Slava) à Kiev.

Ce croiseur lance-missiles, ex Komsomolets, mis sur cale en 1984 à Nikolaïev, n'a jamais été achevé, et Kiev l'a récupéré en 1997, lors du partage de l'ex flotte soviétique de la mer Noire. Le bâtiment est depuis resté à quai à Nikolaïev.

En 2010, l'Ukraine annonce son intention de moderniser le croiseur avec l'aide de Moscou qui peu après se déclare intéressée par le rachat du navire. Les deux parties entament alors de difficiles négociations qui achoppent sur le prix et sur l'évaluation de l'état du navire. Selon les Ukrainiens, le croiseur serait achevé à 90%, tandis que les experts russes du chantier naval du Nord (SAint-Pétersbourg) et du centre de réparation navale Zvezdotchka (Severodvinsk) ont évalué à 67% l'état d'achèvement du bâtiment lors de leur déplacement à Nikolaïev.

 

Il semblerait que Russes et Ukrainiens soient enfin parvenus à un accord de principe dont le signature définitive devrait intervenir cet été à l'occasion d'une visite du ministre russe de la Défense Sergeï Choïgu en Ukraine. Les négociations, auxquelles ont pris part des représentant d'OSK (consortium des constructions navales russes), de la marine russe, de la marine ukrainienne et du chantier naval 61 Kommunara (Nikolaïev), se sont tenues à Nikolaïev ces denrières semaines, et ont abouti à un accord de principe. La Russie rachèterait le croiseur Ukraine à Kiev pour $25 millions dont le paiement serait effectué sous forme de pièces détachées et de rechange pour les forces armées ukrainiennes équipées de matériels ex soviétisques et russes. Moscou se serait également engagée à acheter du matériel ukrainien pour la modernisation du bâtiment, notamment des turbines auprès de l'entreprise publique ukrainienne Zorya Mashproekt.

 

Une fois les documents nécessaires signés entre Kiev et Moscou, le croiseur Ukraine sera remorqué jusqu'à Severodvinsk pour y être réparé et modernisé en vertu d'un contrat signé ultérieurement entre OSK et le ministère russe de la Défense. OSK proposera d'ici la fin 2013 un projet pour le navire qui sera soit achevé, soit transformé en navire pour "utilisation spéciale". Il n'est pas impossible que l'Ukraine servent à fournir des pièces détachées pour les trois autres Atlant en service dans la marine russe, dont le Moskva, navire amiral de la flotte de la mer Noire.

Cependant, la marine aurait déjà trouvé deux noms possibles pour rebaptiser le croiseur : Poltava ou Izmaïl, soit deux victoires emblématiques de la Russie tsariste, l'une sur les Suédois, et l'autre sur les Turcs. Avec un tel nom, et la nécessité pour le Russie de combler un vide capacitaire en bâtiment hauturier au cours des prochaines années, il est cependant plus probable que le navire soir mis en service. Mais dans quelle flotte? La flotte de la mer Noire (futur croiseur Izmail), pour augmenter les capacités à intervenir en Méditerranée où Moscou entend déployer une task force navale permanente dès 2015, ou en dans la Baltique (croiseur Poltava)?

 

Source: bmpd.

 

Pour aller plus loin:

L'Ukraine retrouve l'usage de son unique sous-marin.

La ville de Moscou cesse de financer la Flotte russe de la Mer Noire.

Le croiseur "Ukraine" devrait être terminé avec l'assistance de la Russie.

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Jeudi 22 mars 2012 4 22 /03 /Mars /2012 10:53

La Marine ukrainienne a retouvé l'usage de son unique sous-marin après 22 ans de travaux. Le U-01 Zaporojhie devrait prendre la mer au mois d'avril prochain.

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Le U-01 photographié le 20 mars dernier en baie de Sébastopol. Source : vmsu.infp

Le U-01 Zaporojhie est l'ancien B-435 (Projet 641) construit à Saint-Pétersbourg en 1970 pour le compte de la Flotte soviétique de la mer Noire. En 1997, l'Ukraine hérite du bâtiment lors du partage de la flotte avec la Russie. Le sous-marin, alors en réparation, est resté depuis sur docks flottantes à Sébastopol, en attendant les fonds nécessaires à son entretien et à sa modernisation. Les Ukrainiens n'étant pas en mesure de mener seuls les travaux, Kiev a demandé l'aide de la Russie. L'aboutissement de cette démarche a eu lieu le 20 mars dernier, lorsque le U-01 est sorti des chantiers de réparation N°13 situés à Sébastopol (baie du carénage), installations qui appartiennent au Ministère russe de la Défense et où le submersible se trouvait depuis février 2003.

Selon un source du Ministère ukrainien de la Défense, le sous-marin ukrainien doit prendre la mer pour des essais le 17 avril prochain. Le bâtiment sera accompagné par un navire de soutien russe, le Kommuna, qui assura sa sécurité.

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Le U-01 à quai à Sébastopol.

Cette mise à l'eau du U-01 et son hypothétique future admission en service actfi à venir pose un nouveau défis à Kiev : celui de l'équipage. L'Ukraine ne dispose plus des compétences ni des hommes formés pour mettre en oeuvre son nouveau "ancien" submersible. Une source au sein de l'Etat-major de la Marine ukrainienne a d'ailleurs admis hier que le pays ne disposait pas (plus) des spécialistes capables de servir sur le bâtiment, et a envisagé la possibilité de travailler sur ce sujet avec la Russie.

 

Sources : RIA Novosti ; Naval Today ; Flotprom.

 

Pour aller plus loin :

Les sous-marins de la Flotte de la mer Noire.

La ville de Moscou cesse de financer la Flotte russe de la Mer Noire.

Crimée: Russes et Ukrainiens mènent des exercices navals conjoints.

Par Khan - Publié dans : Russie-Ukraine - Communauté : Géopolitique et géostratégie
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Vendredi 22 juillet 2011 5 22 /07 /Juil /2011 17:08

L'Amiral américain James Stavridis, commandant suprême des forces alliées de l'OTAN en Europe, s'est rendu à Sébastopol le 20 juiller dernier afin de rendre visite aux forces navales ukrainiennes.

 

La délégation de l'Alliance qui accompagnait l'Amiral, est arrivée en Ukraine le 18 juillet. Cette visite a eu pour principal objectif de faire le point sur la coopération entre l'Ukraine et l'OTAN en matière de défense, et également de déterminer les besoins des forces armées ukrainiennes en matières de capacités opérationnelles.

Le 19 juillet, l'Amiral Stavridis a rencontré à Kiev le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le Ministre des Affaires Etrangères ukrainien, le comité de la Rada ukrainienne (Parlement) pour la sécurité et la défense nationale, et le Conseil de la défense nationale et de la sécurité de l'Ukraine. La question de la réforme des forces armées ukrainiennes ainsi que celle de la participation de l'Ukraine à des exercices internationaux ont été notamment évoquées.

 

Lors de sa visite à Sébastopol, l'Amiral s'est rendu à bord de la frégate ukrainienne Hetman Sagaïdatchniy et à bord du grand navire de débarquement Constantin Olchanskiy. A cette occasion, l'Amiral Stavridis a exprimé sa reconnaissance à l'égard de l'équipage de ce dernier bâtiment qui a participé à des opérations au large de la Libye. Le Constantin Olchanskiy a notamment participé à l'évacuation de civils ukrainiens et de ressortissants d'autres pays en Libye.

 

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Source : Novi Sevastopol.

 

Pour aller plus loin :

La Russie demande à l'Ukraine la location du polygone NITKA.

Mer Noire : tensions autour de la présence de navires US.

Le croiseur "Ukraine" devrait être terminé avec l'assistance de la Russie.

 

Par Khan - Publié dans : Russie-Ukraine - Communauté : Défense et Géopolitique
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